«Je suis un attaquant dans l’âme, je peux le montrer avec Servette»

FootballOn le croyait vieux jeu? Alain Geiger est tout le contraire, il le démontre avec les Grenat cette saison. Rencontre avec un entraîneur comblé.

Alain Geiger a tracé un chemin offensif. Servette le suit avec bonheur jusque-là.

Alain Geiger a tracé un chemin offensif. Servette le suit avec bonheur jusque-là. Image: Eric Lafargue

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Personne n’avait pensé à lui. Au printemps dernier, Alain Geiger a dû lui-même trouver le numéro de téléphone de Didier Fischer pour s’annoncer auprès du président du Servette FC. Six mois plus tard, les Grenat caracolent en tête du classement à la veille du derby contre Lausanne et la présence de Geiger sonne comme une évidence: une philosophie offensive, du beau jeu, des buts à la pelle, une confiance et une ambiance, le bonheur servettien est presque insolent.

L’homme a surpris tous les sceptiques: non, à 58 ans, il n’est pas vieux jeu, il n’est pas défensif sous prétexte qu’il a été l’un des plus grands défenseurs centraux de la Suisse.

Alain, étiez-vous conscient qu’il existait au départ une part de scepticisme chez certains lorsque vous avez été nommé à la tête du Servette FC?
Oui, effectivement. Je n’ai pas toujours été un grand communicateur avec les médias. Il y en a qui font beaucoup de plateaux de TV. Pas moi, ce n’est pas mon genre de me mettre en avant. Je ne sais pas trop me mettre en valeur, me vendre. On a toujours été assez dur avec moi, je crois, ici surtout, en Suisse. Peut-être parce qu’avant, j’étais assez renfermé. Ce n’était pas de l’arrogance, seulement mon caractère. J’avais cette image de mec fermé. Mais j’ai changé.

Est-ce pour cela que vous avez quitté la Suisse pour l’Afrique du Nord après vos expériences d’entraîneur à Xamax, Aarau, Grasshopper ou Lausanne?
Oui, j’avais besoin de couper. Parce qu’à un moment, je n’avais plus de crédit. Personne ne reconnaissait la qualité de mon travail. J’avais aussi cette étiquette de type qui fait du football défensif. C’est tellement faux. À la tête des M21 de GC, j’ai été champion en marquant plus de 120 buts. J’ai lancé des jeunes à Aarau, à GC, partout. Il y avait une fausse image. Mon côté bourru. Trop direct parfois. Mais je suis content de montrer une autre image à la nouvelle génération.

Ce retour en Suisse, c’est aussi pour ça: montrer le vrai visage d’Alain Geiger?
Certainement qu’inconsciemment, il doit y avoir quelque chose de cet ordre. Oui, je suis fier de montrer ce qu’on peut faire avec Servette. Parce que j’ai toujours voulu un football offensif. En juniors à Sion, j’étais milieu offensif. Je me suis retrouvé défenseur central parce que la première avait besoin d’un libero. Mais je suis un attaquant dans l’âme. Et je peux maintenant le montrer avec Servette. Je suis fier de ce qui se passe. J’ai la fibre servettienne, vraiment, ce n’est pas des paroles en l’air. Et Servette, c’est le beau jeu. C’est ça que je veux transmettre aux plus jeunes, grâce à mon vécu. Ce projet de jeu, cela a été une évidence dès mon arrivée ici.

Avec une volonté d’attaquer, spécialement en Challenge League?
Oui, parce que c’est une ligue qui se gagne devant. Je suis venu ici en ayant une idée claire en tête. Le 4-4-2 en losange? C’est un système comme un autre, il faut en maîtriser plusieurs dans le foot d’aujourd’hui et être capable de varier en cours de match. Mais on en revient toujours à ce constat: si tu veux marquer, il faut plus qu’un seul attaquant dans les seize mètres. Ou alors tu as des génies qui te font une banane de 30 mètres, mais je ne les connais pas, ceux-là. Alors il faut deux attaquants et un projet de jeu derrière eux. Et puis ça tombe bien: cette idée du jeu, c’est lié à l’histoire de Servette. J’entends aujourd’hui des gens qui me disent combien ils s’emmerdaient les deux dernières saisons en venant voir jouer l’équipe. Je suis heureux de leur faire à nouveau plaisir.

Cette priorité du jeu offensif a pris un peu de temps pour se mettre en place, non?
Oui, parce qu’au début, nous n’avions pas les armes pour l’appliquer vraiment. Nous avions moins de certitudes qu’aujourd’hui, précisément sur le plan offensif. Pendant la préparation, Alphonse, Wüthrich ou Stevanovic avaient un protocole médical à suivre. Schalk s’est ensuite blessé, comme Wüthrich, on a perdu Lang, Kone ne pouvait pas jouer. Et puis il fallait apprendre à vivre ensemble. Parce qu’il faut convaincre tout le monde quand on veut appliquer un schéma particulier.

Il faut être un bon vendeur?
Oui et j’ai dû m’améliorer sur ce sujet! Mais c’est toujours plus simple quand les résultats suivent.

Samedi, c’est le derby contre Lausanne. Si Servette l’emporte, il aura dix points d’avance sur les Vaudois…
Nous, on ne vient pas de Super League. Le favori, cela reste Lausanne. Nous prendrons ce match pour ce qu’il est: une occasion de jouer pour prendre trois points. En restant humbles. En étant concentrés sur la rigueur et la discipline, pour que les choses fonctionnent comme prévu. Le reste… Je ne me projette pas loin, je ne pense pas à la promotion aujourd’hui. Jamais personne n’a été promu en décembre, ce derby n’est pas capital, quoi qu’il se passe. C’est au printemps, après 36 matches, qu’il faudra être en tête. (24 heures)

Créé: 06.12.2018, 17h12

Marée grenat?

Ce Servette qui séduit a toujours son cortège d’indéfectibles suiveurs – la Section Grenat notamment, qui encourage l’équipe partout. Derby oblige, les rangs genevois seront sérieusement gonflés samedi. Près de 1'500 supporters grenat sont attendus à la Pontaise.

Lausanne, de son côté, a mis les petits plats dans les grands pour accueillir un maximum de spectateurs. Les Vaudois attendent près de 8'000 personnes. De quoi donner un peu l’idée des derbys d’antan.

Articles en relation

«Le derby suscite plus d’émotions à Lausanne»

Football Robert Kok et Erich Burgener racontent les façons différentes de vivre ce rendez-vous selon que l’on défend les couleurs du LS ou de Servette. Plus...

Depuis leur premier choc, Servette rigole et Lausanne fait la grimace

Football Deux clubs, deux dynamiques depuis le 31 août et la victoire du LS à Genève. Chronique d’une inversion avant le derby. Plus...

Cette fois, le LS n’a pas grand-chose à se reprocher

Football Malgré le nul (2-2) concédé dimanche, les Vaudois ont confirmé leur redressement à Aarau. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 6

Paru le 11 décembre.
(Image: Bénédicte) Plus...