«Nous mettrons les moyens pour remonter tout de suite»

FootballLa relégation actée, le directeur sportif du LS Pablo Iglesias pose les bases d’un retour immédiat dans l’élite.

Au moment de sa nomination (photo), Pablo Iglesias ne se doutait pas de l’étendue des problèmes structurels qu’il aurait à régler urgemment.

Au moment de sa nomination (photo), Pablo Iglesias ne se doutait pas de l’étendue des problèmes structurels qu’il aurait à régler urgemment. Image: KEYSTONE/30 JANVIER 2018

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Malgré les sourires de façade et l’apparente sérénité avec laquelle ils ont accepté ce triste épilogue, les nouveaux propriétaires du Lausanne-Sport ont très peu apprécié la relégation en Challenge League. Et, surtout, la façon dont ces derniers mois se sont écoulés.

Même si sa responsabilité n’est pas pleinement engagée – il n’a débarqué à la Pontaise qu’en février –, Pablo Iglesias est désormais un homme sous pression. Le directeur sportif lausannois sait mieux que personne qu’Ineos n’a pas pour habitude d’être associé au mot échec. Il a donc maintenant une année pour remettre les choses en ordre. D’abord en construisant une équipe susceptible de rejoindre la Super League en juin prochain, puis en donnant à ce club des structures et une assise dignes des hautes ambitions des propriétaires. S’il a pris du retard, ce double défi n’altère cependant pas l’enthousiasme d’Iglesias.

«Derrière Joseph et Celestini, il y avait un grand vide»

«Nous avons vécu une catastrophe sportive qu’il est difficile d’analyser correctement. De nombreux paramètres interfèrent. L’un me semble toutefois primordial: sans vouloir pointer du doigt qui que ce soit, il faut commencer par se demander pourquoi le Lausanne-Sport oscille depuis huit ans entre deux ligues. Depuis l’extérieur, j’avais l’impression que ce club, malgré des moyens modestes, était structuré de façon professionnelle. L’énorme travail effectué par Celestini dans son domaine cachait en fait un grand vide structurel. Peu à peu, je me suis rendu compte que longtemps le LS a essentiellement reposé sur deux piliers, Fabio et Alain Joseph. Aucun club de Super League ne peut fonctionner ainsi. Au lieu de passer, comme prévu, ces trois premiers mois à préparer l’avenir tout en continuant à améliorer les structures, j’ai dû jouer les pompiers de service. Malgré cela et en dépit des déboires sportifs, je n’ai aucun regret d’avoir relevé ce défi. Mon enthousiasme reste intact.»

«Nous aurons le même budget qu’en Super League»

«L’entrevue que j’ai eue lundi avec les propriétaires m’a pleinement rassuré. Croyez-moi, ils sont toujours aussi impliqués et déterminés à mener à bien leur projet ambitieux. Celui-ci passe, bien sûr, par un retour immédiat en Super League. En quelques mois, leurs investissements ont allègrement dépassé la vingtaine de millions de francs. Sans compter que, dans les deux ou trois ans, un nouveau centre d’entraînement verra le jour. Les propriétaires m’ont également assuré que le budget initialement prévu pour la Super League serait, à peu de chose près, conservé en Challenge League. Même si, depuis l’arrivée de Bob Ratcliffe (CEO) en février, les dépenses sont appelées à être mieux canalisées…»

«Notre entraîneur doit avoir une expérience de ce niveau»

«Pour que cet objectif ait une bonne chance d’être atteint, le choix du coach sera déterminant. Nous avons quatre candidats suisses très sérieux et deux pistes étrangères. En ce qui me concerne, je privilégie un Suisse, car il est à mes yeux primordial que notre futur coach ait une très bonne connaissance de la Super League comme de la Challenge League. Donc une expérience de ce niveau. L’équipe va passer par des moments clés que l’entraîneur devra savoir gérer. Son nom sera connu la semaine prochaine.»

«Nous recruterons au moins deux joueurs par ligne»

«Tout est ouvert au niveau de l’effectif. La première mission du nouveau coach sera de nous indiquer avec quels joueurs du groupe actuel il souhaite travailler. À nous ensuite de les convaincre que le défi proposé mérite d’être relevé. Notre vœu est de recruter deux éléments par ligne: un joueur d’expérience et un autre, plus jeune mais talentueux. Trois de ces hommes, probablement les piliers, seront choisis par le coach lui-même. Nous ne voulons pas engager des joueurs pour une seule saison de Challenge League; ces gars doivent être capables d’apporter une bonne contribution au niveau supérieur. Pour consentir ce sacrifice d’une saison en CL, ils devront forcément être convaincus de notre projet.» (nxp)

Créé: 16.05.2018, 20h34

Structures

Cinq départements

Depuis son arrivée à Lausanne, Pablo Iglesias a bien en tête la structure professionnelle qu’il entend mettre en place au LS. «Des cinq départements qui doivent constituer la base solide du club, trois sont déjà entre de bonnes mains. Le secteur Formation sera dirigé par Thierry Cotting, qui entrera officiellement très bientôt en fonction, même s’il apporte déjà sa contribution. Le département Social et Sport-Études reste sous l’égide de Marco Orlando et de Jean-Marc Gerber. Quant à celui intitulé Médias, communication et institutions, il sera placé sous la responsabilité de Stefan Nellen, l’actuel vice-président.»

Les deux autres départements n’ont pas encore de responsable attitré. «La première équipe aura un nouveau coach la semaine prochaine, précise le directeur sportif. Quant au département Scouting, il est celui qui compte aujourd’hui le plus de retard.

La nomination de son nouveau responsable, qui se chargera
de sa mise en place et de son organisation, ne saurait toutefois tarder.» On peut donc nourrir le légitime espoir que le troisième retour du LS en Super League – si possible en juin prochain – ne soit pas aussi éphémère et chaotique que les deux premiers.

Alexandre Pasche: «C’est très difficile à vivre»



Comment peut-on se sentir après pareille débâcle, lorsqu’on est joueur du LS? «Pfff… dégoûté. Triste surtout.» Trois jours après un dénouement plus glauque encore qu’imaginé, Alex Pasche a de la peine à admettre la situation. «On a tous pris une grosse claque.

Tout le monde est encore sonné. C’est très difficile à vivre», assure le milieu de terrain. Bien sûr, des éléments d’explication sont venus, ces dernières semaines, cerner le problème de ce LS 2018. Mais comment le joueur a-t-il perçu, de l’intérieur, l’inexorable déclin? «Je pense que personne n’a triché. Mais l’équipe a clairement manqué de cohésion depuis Noël. Les changements opérés durant la pause hivernale ont rompu un équilibre qui était déjà fragile.»

Au sujet du rôle évidemment central joué par Fabio Celestini, d’une trop grande pression exercée, Pasche apparaît nuancé: «Le problème n’était pas qu’on vivait mal avec l’entraîneur. Mais il avait beau changer de méthode, il ne trouvait plus de solutions.

Ainsi, on allait dans le mur. Les dirigeants ont donc pris leurs responsabilités. C’était le dernier levier qu’ils pouvaient actionner. On a vu toutefois que le mal était plus profond.» En 2016, Alexandre Pasche – 27 ans dans quelques jours – avait vécu la promotion en Super League (comme en 2011 d’ailleurs). Deux ans plus tard, c’est retour à la case départ, avec le constat que le club
est incapable de trouver une stabilité parmi les dix meilleurs du pays. «Tout concordait pourtant pour que cet objectif soit atteint. Mais j’ai le sentiment qu’on est allé trop vite. En même temps, qui peut nous reprocher d’avoir voulu, pour une fois, être plus ambitieux?»
Reste à savoir à quoi va ressembler la suite. Sous contrat pour les deux prochaines saisons, le Vaudois s’interroge. «Le club va se professionnaliser et les objectifs sont clairs. Mais je sais, pour l’avoir déjà vécu, que la remontée n’est pas évidente. La Challenge League est une compétition âpre, exigeante sur le plan physique, et qu’on a tendance à sous-estimer.»

Pas de quoi retrouver le sourire. En tout cas pas tout de suite.

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