Contini: «Maintenant, il n’y a plus d’excuses»

Football Sous pression, l’entraîneur du LS semble ne pas trop s’en faire. En tout cas, il ne changera ni sa personnalité ni sa méthode.

Giorgio Contini attend un déclic: «Le travail va payer, je pense que je suis dans le juste.»

Giorgio Contini attend un déclic: «Le travail va payer, je pense que je suis dans le juste.» Image: VANESSA CARDOSO

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Giorgio Contini aurait de quoi être en souci. Il nous a reçu en toute décontraction, vendredi midi, afin d’évoquer l’actualité peu reluisante de son Lausanne-Sport. Et à l’entendre, si l’on excepte les résultats, tout va bien.

Giorgio, qu’est-ce qui ne va pas?

Les résultats ne sont pas là, on souffre un peu. C’est toujours comme ça, quand tu n’arrives pas à saisir les moments, tuer les matches. Il manque le truc qui fait tourner les choses et, à force, tout devient plus compliqué. Il y a des phases dans une saison et en ce moment, on a un souci de confiance.

À vous voir, vous n’en manquez pas. Comment la transmettre?

Mais tout le monde a confiance au club, à commencer par les dirigeants, qui voient comment on bosse. On discute ensemble, je suis très sévère avec les joueurs. Quand je n’obtiens pas ce que j’attends, je le leur dis. À l’entraînement, ils apportent des réponses. Mais le moment de vérité, ce sont les 90 minutes que tout le monde voit. Et là, on n’y arrive pas. Il faut travailler. Plus qu’un boulot tactique, c’est une histoire de dialogue.

Il y en a eu cette semaine à la Pontaise. Pour se dire quoi?

Je ne suis ni du genre à faire des sauts de 2 mètres quand on gagne, ni à me cacher quand on perd. Je garde ma ligne, sinon je perds ma crédibilité. Je ne changerai pas d’attitude, j’ai toujours confiance en mon travail et mon équipe.

Comprenez-vous qu’il y ait de l’inquiétude et de la colère?

C’est normal, j’ai connu pire à Saint-Gall. Les gens ont le droit d’être fâchés, surtout après une prestation comme celle contre Vaduz. Les joueurs n’ont pas le droit de rééditer ça. Bien sûr que je comprends les sifflets. Mais il ne faut pas tout remettre en question quand cela ne va pas, sinon tu sèmes encore plus le doute. L’important, c’est qu’on sache exactement ce que nous faisons à l’interne. Je suis sûr que le travail va payer.

Vos dirigeants vous ont-ils mis sous pression?

Non. Dès le premier jour, j’ai tenu à ce qu’il y ait une liaison avec les dirigeants, le président. La séance était prévue mais, vu la situation, certains ont parlé de crise. Le président nous a répété qu’il était convaincu par ce qui se faisait.

Donc vous ne vous sentez pas en danger?

Non. Je me suis toujours mis de la pression et c’est clair qu’on doit gagner à Kriens. On doit assumer.

Vous n’êtes pas venu en conférence de presse après Vaduz. Aviez-vous peur de ce que vous pourriez y dire?

Non. J’ai pris le temps de parler à l’équipe – c’était le plus important pour moi. Puis j’ai laissé les joueurs discuter ensemble.

Avez-vous senti une révolte?

Cette semaine, ils étaient très concentrés – mais les précédentes aussi. On a fait en sorte de laisser ce match contre Vaduz derrière nous. On sait qu’il n’était pas bon, mais on veut aller de l’avant.

Votre vestiaire est-il pleinement derrière vous?

Oui. Tous les joueurs, y compris ceux qui attendent l’occasion de jouer, sont là. Je le vois dans leur implication, je n’ai aucun doute. Personne n’a été obligé de rester au LS, il y a une volonté commune.

Donc ce n’est pas ça, le souci. On cherche toujours…

Le souci, ce sont les 90 minutes. Si tu vois nos sept entraînements de la semaine, tout va bien. Il manque peut-être un esprit de compétitivité. Il faut être là quand ça compte, dès le coup d’envoi.

On vous reproche d’être trop prudent, de ne pas imposer votre supériorité supposée…

Si on joue dix fois vertical et que le ballon sort huit fois, je m’en fous – parce qu’il peut se passer quelque chose les deux ou trois fois où le ballon arrivera. Moi aussi, j’aimerais des victoires et du spectacle. Mais des fois, il n’y a pas de place pour faire le jeu. Alors il vaut mieux mettre de longs ballons, provoquer les duels et les gagner. C’est aussi une façon de s’imposer, en puissance, comme à la guerre.

Vos joueurs sont-ils trop gentils?

Non. (Silence.) Des fois, oui, on pourrait dire qu’on perd trop de duels. Mais j’ai les statistiques, je peux vous dire que nous ne courons pas moins que les autres. En revanche, si Margiotta marque trois buts au lieu de tirer trois fois sur la barre, ça peut nous faire six points en plus et on discuterait autrement. Ce sont toujours ces petits détails qui changent le foot.

Qu’est-ce qui vous fait penser que le déclic arrivera à Kriens?

Je suis très positif. Maintenant, il n’y a plus d’excuses. Après Kriens, nous aurons Winterthour, Aarau, Servette et Wil. Soit on est vraiment là, soit on devra revenir sur certains choix. Mais je suis sûr que les joueurs vont réagir. Ma vision est claire, sans nuage ni brouillard.

Vous allez jouer votre poste sur ces cinq matches, non?

Si cela me pose problème, je dois changer de boulot. On n’est pas là où on aimerait être. Peut-être avions-nous besoin de vivre ça. En tout cas, je ne changerai rien à ma personnalité, à mon travail. Je pense que je suis dans le juste.

Pensez-vous avoir fait des erreurs depuis cet été?

C’était la première fois que je reprenais une équipe reléguée. C’était très dur de savoir qui partirait ou qui resterait, qui était bien ou pas au niveau mental. Je ne peux pas dire que je changerais quelque chose, puisque je n’avais jamais vécu ça. Les regrets, ça ne sert à rien. Il faut rester soi-même.

Serez-vous sur le banc du LS pour l’inauguration du nouveau stade?

Oui, absolument.

Créé: 10.11.2018, 09h54

L’avant-match

Kleinfeld, dimanche (14 h 30)

Au vert. Comme il en a pris l’habitude avant tout déplacement dominical lointain, le LS prendra la route dès samedi et passera la nuit dans la région lucernoise.

Infirmerie. Jérémy Manière, Noah Loosli et Yeltsin Tejeda manquent toujours à l’appel. Per Egil Flo et Mickaël Nanizayamo sont en revanche de retour au sein de l’effectif.

Retrouvailles. C’était le 20 juillet à la Pontaise – il y a une éternité. Lausanne débutait sa saison en épouvantail face au néo-promu Kriens. Nonante minutes et un match nul plus tard (1-1), les Vaudois avaient compris que leur tâche ne serait pas simple. Ils seraient inspirés, à l’occasion de leurs retrouvailles avec les Lucernois, de lancer enfin leur saison.

Challenge League

Vendredi

Winterthour - Servette 1-3 (1-1)

Samedi

17.30 Schaffhouse - Chiasso

Dimanche

14.30 Kriens - Lausanne-Sport
15.00 Aarau - Rapperswil
16.00 Vaduz - Wil

Classement

1. Servette 14 8 3 3 25 11 27
2. Winterthour 14 7 3 4 23 19 24
3. Wil 13 6 4 3 17 13 22
4. Lausanne-Sport 13 5 6 2 21 14 21
5. Vaduz 13 5 3 5 20 20 18
6. Rapperswil-Jona 13 5 2 6 19 19 17
7. Schaffhouse 13 4 4 5 15 19 16
8. Kriens 13 2 8 3 17 19 14
9. Chiasso 13 3 2 8 14 28 11
10. Aarau 13 3 1 9 16 25 10

Articles en relation

Pourquoi le LS inquiète plus que son classement

Football Depuis deux mois, les résultats du club de la Pontaise sont en chute libre. Seuls Rapperswil et Chiasso font pire que l’ex-favori de CL. Plus...

Sans réaction, la saison du LS virera au cauchemar

Football Samedi, face au modeste FC Vaduz, l’équipe de Giorgio Contini – apathique et sans orgueil – a sombré devant un public très irrité. Plus...

Le LS boit la tasse

Football Le Lausanne-Sport a concédé sa deuxième défaite de la saison, samedi contre Vaduz (1-2). Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.