David Thompson: «Se contenter des barrages est beaucoup trop dangereux»

FootballLe président du LS a peu apprécié le parcours de l’équipe jusqu’à présent. Pour la reprise, le patron hausse le ton.

Image: Vanessa Cardoso

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Depuis novembre 2017, Lausanne-Sport est l’une des 23 branches d’Ineos (17'000 employés), un empire tentaculaire présent dans 17 pays dont le siège mondial est installé à Rolle. C’est aussi au sein de la maison mère du groupe pétrochimique que le club de la Pontaise a installé ses nouveaux bureaux. Et c’est à l’intérieur de ceux-ci que l’on a rencontré David Thompson (60 ans), un boss du LS qui, en dépit d’une première partie de saison ratée, fait plus que jamais de la promotion en Super League l’objectif du printemps.

Lausanne relégué à sept points du Servette à la pause, ce n’est pas ce que son président avait imaginé ou l’on se trompe?
Pas du tout. Effectivement, on est loin du compte. L’équipe n’était clairement pas à son niveau. Notre ambition n’était pas d’être troisième. Cela ne change rien à notre objectif de terminer premier. Sept points de retard, c’est déjà beaucoup mais en battant deux fois Servette, il ne resterait déjà théoriquement plus qu’un point à rattraper.

Entre des résultats décevants et l’absence de spectacle en général, qu’est-ce qui vous a le plus agacé jusqu’à présent?
Il y a trop eu de mauvais jours, trop de choses qui n’auraient pas dû se produire. Ce n’est pas parce que l’on joue mal que l’on doit forcément perdre. Lausanne doit aussi apprendre à s’imposer sans être éblouissant. Bien sûr, tout le monde rêve d’assister à un jeu éblouissant mais la priorité reste d’abord le résultat, car c’est ce que l’on retient. Il n’existe aucun classement pour la manière.

Quel est votre plus grand regret?
On a tardé à trouver la solution pour devenir meilleur. Il a fallu plus de temps que prévu pour intégrer les nouveaux joueurs, comprendre la philosophie du coach. L’équilibre d’un groupe est complexe, dépendant du caractère de ceux qui le composent. C’est en même temps un exercice fascinant. Mais bon, tout le monde a été très patient… L’équipe a eu six mois pour se trouver. Maintenant, on veut voir quelque chose d’autre. Aujourd’hui, ce qu’il faut, ce sont des résultats.

Et Jim Ratcliffe, le big boss, comment vit-il tout cela?
Notre première partie de saison ne lui plaît pas, pas davantage qu’à moi. Mais il a senti lors de son passage au camp d’entraînement en Andalousie une nouvelle dynamique, comme si une prise de conscience s’était opérée. Le groupe vit mieux, cela se voit. Les joueurs eux-mêmes ont admis leurs torts. Il y a un vent de révolte. En termes d’état d’esprit, cela a déjà changé. Au niveau de l’attitude, on sent une solidarité partagée qui n’existait pas, ou pas suffisamment, avant.

D’autant que tout demeure possible…
À condition de gagner, gagner, gagner et ne faire que cela pendant 18 matches. On se retrouve devant un marathon que l’on doit courir à la vitesse d’un sprint. Se contenter des barrages est beaucoup trop dangereux. Mais contrairement au business classique, on ne peut rien planifier. Il y aura toujours ce que l’on ne peut pas maîtriser, l’aléatoire. Cela fait à la fois la beauté du football mais aussi son danger.

Après la relégation du printemps dernier, ne pas monter serait un nouvel échec.
Ce n’est bien sûr pas ce que l’on planifie au niveau du scénario. Si cela devait se produire, ce ne serait nullement la fin de l’investissement d’Ineos, mais cela compliquerait notre développement. Personne n’espère devoir vivre une deuxième saison en Challenge League.

Parlons des renforts de ce mercato: un attaquant de L2 qui n’a marqué que 3 buts en deux ans et demi (ndlr: Koura) et un latéral serbe inconnu (ndlr: Boranijasevic). Compte tenu de la puissance financière d’Ineos, comprenez-vous que les fans restent sur leur faim?
Giorgio (ndlr: Contini) cherchait deux pièces complémentaires pour terminer son puzzle, ce qui lui a été fourni. Notre rôle demeure aussi la promotion de nos talents, déjà incorporés dans les différentes sélections helvétiques juniors. Je préfère miser sur le potentiel d’un groupe que la force d’un seul individu.

Mais à quand l’arrivée d’une star à Lausanne?
Vous pensez qu’une star veut venir jouer en 2e division, de surcroît à la Pontaise? Allons-y dans l’ordre: retrouvons d’abord la Super League. Il sera ensuite temps de parler d’Europe et peut-être alors de star.

En quoi justement le report de l’inauguration de la Tuilière constitue-t-il un frein?
Au niveau marketing, il est difficile de mettre sur pied une expérience foot ou un show dans le frigo de la Pontaise. On aurait souhaité déménager cette année déjà mais les changements que l’on a souhaité apporter retardent la livraison du stade. Ce n’est certes pas l’idéal mais c’est la réalité. L’avantage, c’est que l’on disposera d’un meilleur stade que le concept original.

Qu’en est-il du choix du lieu du nouveau centre d’entraînement?
On pensait avoir trouvé un endroit mais cela n’a finalement pas pu se faire. On continue de chercher.

Giorgio Contini est toujours en poste. Au plus fort de la crise automnale, l’idée de changer d’entraîneur vous a-t-elle titillé?
Pas du tout. Son travail était bon, sa méthode fonctionnait, seuls les résultats ne suivaient pas. À nos yeux, il demeurait l’homme idéal. Si des choses prennent plus de temps pour se mettre en place, il faut l’accepter. Des problèmes existaient, il les a résolus. Et puis, on n’a pas voulu faire comme les autres. On a confiance que le meilleur va arriver, tout en sachant qu’être à 100% comme on devra l’être suppose des efforts en conséquence.

Le propriétaire du LS est très proche de la Premier League. On a même pensé que Jim Ratcliffe allait racheter Chelsea. Existera-t-il bientôt un pont entre Lausanne et le football anglais?
Je ne suis pas dans sa tête. Mais s’il devait racheter un club anglais, peu importe sa dimension, Lausanne ne pourrait qu’en profiter.

La saison 2019-2020 commencera le 20 juillet. Où jouera le LS?
J’espère à Bâle ou contre Young Boys, mais en tout cas en Super League. Je suis convaincu que l’on va voir à l’œuvre un nouveau Lausanne-Sport dès samedi. Le destin du LS appartient maintenant aux joueurs, ils ont tout en main pour atteindre un objectif qui, lui, n’a pas changé.

Créé: 29.01.2019, 15h17

Plombé par les matches nuls

Réussir un parcours quasi parfait tout en spéculant sur un effondrement de Servette, voilà la très délicate mission qui attend le LS. Délicate parce que le club vaudois devra se montrer plus fort que les statistiques, lesquelles plaident en faveur du club de la Praille. Depuis la réduction de la Challenge League à dix équipes en 2012, le leader de la pause a ainsi toujours été promu en fin d’exercice, excepté lors de la saison 2014-2015 lorsque le FC Lugano avait doublé Wohlen dans l’ultime ligne droite. Avant de miser sur un chef de fil grenat qui ne tiendrait pas la longueur, Lausanne devra assurer, ce qu’il ne pourra faire qu’en enchaînant les victoires, le bilan vaudois restant à ce jour plombé par les matches nuls (déjà 9!). Alors que l’on aurait tort d’enterrer Winterthour et Wil, et même peut-être d’oublier Aarau (très actif au mercato), Lausanne accuse aujourd’hui un passif de sept points sur le leader du bout du lac. C’est beaucoup mais ce n’est pas un record. Voici deux ans à pareille époque, le FC Zurich comptait déjà… 12 points d’avance sur son premier poursuivant.

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