«Démissionner? Je ne vois pas pourquoi»

FootballMalgré une première saison très décevante à la tête du LS, Giorgio Contini n’envisage pas de quitter la Pontaise, cet été.

Giorgio Contini est plus déterminé que jamais à poursuivre son aventure à la tête du Lausanne-Sport. Quelle que soit l’issue de cette saison.

Giorgio Contini est plus déterminé que jamais à poursuivre son aventure à la tête du Lausanne-Sport. Quelle que soit l’issue de cette saison. Image: Florian Cella

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Le Lausanne-Sport sera peut-être d’ores et déjà fixé sur son sort, ce jeudi soir à Kriens. Le cas échéant, le verdict serait impitoyable pour Giorgio Contini et ses joueurs puisque cela signifierait qu’ils n’ont même pas su s’offrir une place de barragiste. Un échec que l’entraîneur du LS n’envisage pas encore même s’il accepte de revenir sur une saison plus que décevante.

Avec un peu de recul, comment expliquez-vous la performance désastreuse du LS contre Schaffhouse (0-0), mercredi dernier?
J’ai moi aussi de la peine à comprendre ce qui s’est passé. Peut-être que mes joueurs n’avaient pas digéré les deux défaites contre Aarau et Servette. Quoi qu’il en soit, cette équipe a montré à plusieurs reprises cette saison qu’elle ne parvient pas à s’exprimer quand elle est sous pression. L’envie est bien là, j’en suis convaincu, mais elle reste au niveau des intentions. J’estime pourtant tout faire pour donner à mes joueurs la confiance nécessaire et les mettre dans les meilleures dispositions.

Est-ce un manque de personnalité?
Peut-être, je ne sais pas. Cela dit, je suis sidéré par la différence de niveau entre ce que mes joueurs me montrent la semaine à l’entraînement et ce qu’ils reproduisent en match. Sincèrement, même à Saint-Gall la saison passée, il n’y avait pas autant de qualité qu’ici. Cette fragilité mentale et morale est incompréhensible.

Comment alors espérer que le LS s’impose à Kriens?
Je réfléchis toujours de façon positive. Plus on nous enterre, plus ça me donne de l’énergie pour trouver le moyen d’inverser le cours des choses. À Kriens, je ferai des choix forts en alignant non pas les meilleurs footballeurs mais ceux qui ont le plus d’envie et d’énergie. Il faut que l’on soit au moins capables de profiter, cette fois, d’un éventuel nouveau faux pas d’Aarau.

Avez-vous l’impression que le groupe vous suit encore?
Oui, sans le moindre doute.

Imaginiez-vous vivre une saison aussi compliquée?
Il n’est jamais simple de reprendre une équipe qui sort d’une relégation, mais cette difficulté ne m’effrayait pas. J’aime les défis. Sur le papier, le contingent avait d’ailleurs belle allure. Ce que j’ignorais, c’est que j’allais devoir régler autant de problèmes personnels avec certains joueurs qui ne voulaient pas rester ou étaient mécontents d’être là. Cette situation était non seulement à la fois compliquée à vivre et très décevante mais elle m’a aussi coûté six mois de travail.

Rien ne s’est pourtant amélioré depuis Noël et quelques décisions radicales.
Peut-être pas au niveau des points, mais l’atmosphère de travail est devenue bien meilleure. Chacun est plus impliqué qu’avant. (Il marque une pause.) Le plus décevant, c’est qu’aujourd’hui les quelques éléments «intouchables» à mes yeux sont des jeunes et pas les plus expérimentés, soit ceux qui auraient dû nous permettre de franchir un palier. Des joueurs que j’ai le sentiment d’avoir pourtant mis dans les meilleures conditions pour qu’ils puissent exprimer leurs qualités.

Vous sentez-vous trahi par certains leaders supposés?
Le terme est exagéré, mais il est clair que nos attentes n’ont pas été satisfaites. Certains ont, inconsciemment peut-être, aussi manqué d’humilité au moment d’aborder cette Challenge League qui est une compétition difficile. Le confort qu’ils ont, ici, peut également parfois les inciter à ne pas se faire violence. Mais ce dont je suis sûr, c’est que personne n’a ramé contre l’équipe, ou a sciemment fauté.

Ne portez-vous pas vous aussi une part de responsabilité?
Bien sûr! En cas d’échec, je serai même le principal responsable. Mais pas le seul.

Un échec vous inciterait-il à démissionner?
Non, et je ne vois d’ailleurs pas pourquoi je devrais partir. J’ai pour habitude de signer des contrats d’un an ou deux seulement et de les respecter. Maintenant si mes dirigeants décident de changer de coach, ce sera leur choix. Mais nos relations sont bonnes et il existe une confiance réciproque, selon moi. Nous avons d’ailleurs déjà commencé à planifier la prochaine saison.

On ne renonce pas non plus facilement à un an de salaire…
(Agacé). L’argent n’a rien à voir là-dedans. Pensez-vous que j’ai pris la décision de quitter ma famille pour entraîner le LS en Challenge League pour l’argent? C’est mal me connaître. J’aurais d’ailleurs très bien pu rester un an à la maison et percevoir mon salaire du FC Saint-Gall si ma motivation n’était pas d’être au quotidien sur le terrain pour relever un nouveau défi.

Vous n’avez pas été irréprochable non plus.
Bien sûr que j’ai commis des erreurs. Dont la principale est d’avoir accepté trop de compromis avec certains joueurs. Mais quand on débarque dans un nouvel environnement, il me semble normal d’apprendre à le connaître pour en maîtriser tous les paramètres. Mais, croyez-moi, la saison prochaine je serai beaucoup moins patient et compréhensif.

Vous avez aussi attendu neuf mois et 29 matches pour enfin jouer franchement la carte offensive.
Je ne suis pas tout à fait d’accord. Comme Alain Geiger avec Servette, dans un premier temps j’ai voulu donner une bonne assise défensive à mon équipe. Puis, dès le mois de septembre, je me suis préoccupé de notre rendement offensif qui, dès le début, n’était pas satisfaisant. Et là aussi, j’estime avoir placé mes attaquants dans les meilleures conditions pour qu’ils puissent exprimer leur excellent potentiel. Résultat: Servette compte cinq attaquants avec plus de dix buts au compteur alors qu’au LS Rapp, Margiotta, Oliveira, Zeqiri et Cie n’en ont guère marqué qu’une douzaine ensemble. La différence entre Servette et le LS se situe essentiellement dans le rendement des attaquants.

Ce groupe ne subira pas de gros changements cet été. Êtes-vous prêt à repartir avec les mêmes joueurs?
Cette situation ne serait pas idéale et je ne cache pas que cela compliquerait un peu ma vie. Mais bon, je saurai m’adapter et recommencer avec enthousiasme, même s’il est clair qu’il y a certains joueurs avec lesquels je n’ai plus envie du tout de bosser. Ce qui est en revanche certain, c’est que je ne ferai plus autant de compromis que l’an passé. Ceux qui ne se sentiront pas impliqués à 100% dans notre projet seront, cette fois, écartés dès les premières semaines de préparation.

Créé: 22.05.2019, 19h37

L'avant-match

Les dernières infos sur le LS avant son déplacement à Kriens

Les absents

Pour ce dernier match de Challenge League à l’extérieur, le LS ne sera privé que de Joao Oliveira (blessé) et de Cameron Puertas (suspendu).


Kriens
Avec seulement deux petits points d’avance sur Chiasso, les Lucernois ne sont pas à l’abri d’une mauvaise surprise en forme de retour dans cette Promotion League qu’ils avaient quittée il y a deux ans. Mais Kriens a le gros avantage d’avoir, contrairement aux Tessinois, son destin entre ses mains. C’est dire si la tâche qui attend les Lausannois, jeudi, s’annonce ardue. Probablement plus encore que le défi que relèvera Aarau à Chiasso.

Bilan presque équilibré

Le LS et Kriens se sont affrontés trois fois cette saison. Et par trois fois cette confrontation a été très serrée avec deux nuls et une courte victoire lausannoise, arrachée dans les arrêts de jeu, en février à la Pontaise.

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