«Ce derby SLO - LS était encore inimaginable il y a peu»

FootballTrois témoins, dont Gabet Chapuisat, évoquent un duel lausannois qui se distingue surtout par sa rareté.

Gabet Chapuisat et Gérard Castella étaient à la tête du LS lors des deux premiers derbies lausannois, en 2004-2005.

Gabet Chapuisat et Gérard Castella étaient à la tête du LS lors des deux premiers derbies lausannois, en 2004-2005. Image: ARC

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Vendredi, le stade de Colovray, à Nyon, sera le théâtre du premier des quatre derbys lausannois de la saison. Il y a six ans seulement, quatre divisions séparaient pourtant encore Stade-Lausanne-Ouchy du Lausanne-Sport. Un fossé d’autant plus profond que, tout au long de leurs histoires respectives, jamais les deux clubs ne s’étaient affrontés en championnat dans des circonstances dites «normales».

Les deux seules exceptions jusque-là étaient la conséquence d’une mémorable faillite du LS et de sa relégation administrative en 2e ligue inter, en 2003. Une saison plus tard, en 1re ligue, ce LS en reconstruction que dirigeait alors le duo Gérard Castella-Gabet Chapuisat avait livré deux batailles – remportées 1-0 et 2-0 – contre un SLO en pleine déliquescence. Sinon, mis à part un affrontement en Coupe de Suisse au milieu des années 80, les deux voisins n’ont foulé simultanément la même pelouse que pour quelques matches amicaux. «De mon temps, se souvient Gabet, il existait une saine rivalité, mais seulement au niveau des juniors. Imaginer voir ces deux clubs se retrouver l’un face à l’autre en championnat était impensable.»

Pour que le «grand» LS et le «petit» SLO en décousent en compétition officielle, il y a quinze ans, il aura donc fallu un événement extrasportif. «En 2004-2005, explique celui qui était l’assistant de Gérard Castella au LS, la différence entre les deux équipes était énorme puisque nous étions montés en fin de saison alors que SLO avait été relégué. Cette année, les deux équipes sont plus proches, même si le potentiel du LS est largement supérieur.»

Ils ont joué pour les deux

Un derby que Patrick Maillard va vivre avec une pointe d’émotion particulière. Avec Blaise Nkufo, le Lausannois est en effet le seul joueur formé à Vidy qui a réussi à rejoindre ensuite la Pontaise. «C’était en 1989, rappelle le gardien. Bertine Barberis était le coach du LS. Me retrouver en face d’un homme qui était encore l’un des meilleurs joueurs du pays quelques années plus tôt m’avait beaucoup impressionné. Très naïf, je découvrais le monde du professionnalisme et je me souviens n’avoir rien négocié avec le LS et accepté sans broncher le contrat qui m’était proposé.»

Pour celui qui n’a finalement disputé qu’une trentaine de matches en quatre saisons passées à la Pontaise, cette affiche a presque quelque chose d’incongru. «Ce derby est possible parce que ni le LS ni SLO ne sont à leur place en Challenge, sourit-il. Cela dit, Stade a amplement mérité d’y jouer sur le plan sportif. Ce que réalise cette équipe depuis quelques années est digne d’éloges.»

Si les joueurs qui sont passés de Vidy à la Pontaise sont rares, ceux qui ont fait le chemin inverse sont bien plus nombreux. Parmi eux, on retrouve Jacques Bourloud. Formé au LS, le puissant attaquant avait fait quelques apparitions avec le LS de Miroslav Blazevic, en 1977, avant de débarquer au bord du lac, après avoir brièvement transité par Malley et Renens. «En bas de la ville, se réjouit celui qui est responsable des seniors de SLO depuis des décennies, on a toujours eu beaucoup de respect pour le LS. Et aujourd’hui, plus que de la rivalité sportive, j’éprouve une grande fierté de voir mon club se mesurer au LS. Le seul bémol, c’est que cette fête soit gâchée par le fait que ce derby lausannois se dispute à Nyon.»

Un regret que partagent Gabet Chapuisat et Patrick Maillard. «Cette délocalisation fait vraiment tache, maugréent les deux hommes. Mais sur le terrain, le spectacle sera présent entre deux équipes qui privilégient le jeu offensif.»

LS favori mais pas trop

Quant à l’issue de ce derby, nos pronostiqueurs sont unanimes pour dire que la partie sera beaucoup plus serrée que la différence de budgets entre les deux adversaires ne le laisse penser. «Le LS finira par l’emporter mais par un écart minime», prévoit Gabet dont le cœur restera à jamais bleu et blanc. Quant à Patrick Maillard et Jacques Bourloud, ils espèrent «un bon nul avec des buts. Mais le plus important, concluent-ils, c’est que le LS monte en fin de saison et que SLO se maintienne en Challenge League. Et tous deux ont largement les moyens d’atteindre leur objectif.»

Créé: 28.08.2019, 22h49

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