Les espoirs de barrage du LS ne tiennent plus qu’à un fil

FootballBattus le plus logiquement du monde par Servette, les Vaudois n’ont plus leur destin entre leurs mains.

On joue depuis moins de 5 minutes et Stevanovic vient déjà d’ouvrir le score. La fin de soirée sera toute aussi euphorique pour les Servettiens.

On joue depuis moins de 5 minutes et Stevanovic vient déjà d’ouvrir le score. La fin de soirée sera toute aussi euphorique pour les Servettiens. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Servette a, comme il l’espérait, pu fêter, vendredi, de la plus belle des manières son titre de champion de Challenge League, et la promotion qui l’accompagne, devant plus de 20 000 supporters genevois enthousiastes. L’aboutissement logique d’une saison qu’il a parfaitement maîtrisée depuis le mois de septembre.

Cet épilogue signifie donc que le Lausanne-Sport n’est pas parvenu à reporter de quelques jours ces festivités. Il s’est en même fallu de beaucoup pour que les Lausannois de Giorgio Contini ne contrarient les plans servettiens. Ils n’ont finalement réussi qu’à retarder, et de surcroît avec beaucoup de réussite, l’inéluctable jusqu’à cette cruciale 74e minute. Suite à une faute de Cabral sur le côté droit de l’offensive genevoise, Stevanovic brossait une merveille de coup franc qu’Alphonse propulsait, de la tête et sans opposition, au fond des buts de Castella. Abattus, car bien conscients que le sort de ce 184e derby était dès lors scellé, les Vaudois subissaient trois minutes plus tard le coup d’assommoir définitif.

Du côté du LS, les promesses de l’aube n’ont donc pas tenu jusqu’au crépuscule. Alors que les Vaudois avaient promis juré que la lourde défaite concédée il y a une semaine à Aarau n’était qu’un simple accident de parcours – uniquement dû à une pelouse enneigée – ils ne l’ont pas montré dans les faits à Genève, dans des conditions cette fois parfaites. Ils en sont même restés très loin puisque, dès les premières secondes de jeu, ils ont subi sans parvenir à réagir le très net ascendant de Servette.

Une supériorité d’emblée tellement flagrante que l’ouverture du score de Stevanovic dès la 4e minute, sur un corner de Wüthrich dévié par Rouiller, n’en était alors qu’une conséquence déjà logique et attendue.

Une issue inéluctable

Submergé par un adversaire qui avait le monopole exclusif du ballon, gagnait tous les duels et profitait avec une certaine habileté des largesses défensives lausannoises pour s’approcher de Thomas Castella, le LS a vécu un premier quart d’heure cauchemardesque. Au terme duquel il aurait très bien pu compter un ou deux buts de retard supplémentaires.

Mais c’est tout le contraire qui se produisait alors. Sans se ménager la moindre occasion, les Vaudois parvenaient à remettre les compteurs à zéro. Grâce à une immense bévue de Frick qui détournait dans ses propres filets un corner de Margiotta (15e).

Sonné, Servette repartait à l’assaut, mais sans succès. Sur deux des rarissimes offensives lausannoises, Margiotta voyait une première frappe manquer de peu sa cible (32e) et une seconde être détournée du bout de la main par Frick (38e). Le début d’une révolte? Que nenni puisque, côté occasions lausannoises, on allait en rester là jusqu’à la fin de la partie…

Laborieux exercice

Cette deuxième très nette et indiscutable défaite consécutive a surtout de lourdes conséquences pour le LS. Pour la première fois de leur laborieux et pénible exercice, les Vaudois n’ont plus leur destin entre leurs mains. Pour espérer accrocher in extremis cette 2e place qui lui offrirait un moyen désormais inespéré de sauver la face, il lui faudra non seulement gagner ses trois derniers matches mais encore espérer un faux pas d’Aarau.

Espoirs très minces

Toujours possible, bien sûr, mais vu l’euphorie qui accompagne la folle remontée des Argoviens que ce revers de leurs derniers concurrents devrait galvaniser davantage encore, ces espoirs lausannois deviennent très minces. À ce titre, on aura un premier élément de réponse capital ce samedi à l’occasion du déplacement qu’Aarau effectuera sur le synthétique d’un FC Schaffhouse en danger de relégation.

Créé: 10.05.2019, 23h17

20'000 fans fêtent le SFC

Un peu plus enveloppés pour certains, plus grisonnants pour d’autres, ils ont certes changé mais n’ont pas vieilli dans nos souvenirs. Guyot, Bizzini, Andrey, Barberis et Cie ont foulé vendredi soir la pelouse de la Praille, eux qui enchantaient les Charmilles. La grande équipe de 1979, celle qui avait tout raflé jusqu’à soulever quatre trophées (championne de Suisse, Coupe de Suisse, de la Ligue et des Alpes), c’est plus qu’un parfum de nostalgie. Et c’est ainsi que Servette a agrémenté le décor pour donner au 10 mai la dimension historique que ce jour méritait.

Loin des Genferei dont chacun aime se repaître, Servette a assuré à la fois le jeu et l’ambiance, poussé par un public qui n’a eu de cesse de le porter jusqu’en Super League. Un bonheur enivrant, libératoire jusqu’à une première invasion de la pelouse à l’entame des arrêts de jeu. Il faudra même toute la persuasion du speaker pour calmer les assauts de la foule.

Un club, ce sont des hommes, mais aussi des dates. Il y avait déjà eu le 10 mai 1994 (champion), le 2 juin 1999 (champion), le 31 mai 2011 (promotion); voici celle d’un vendredi où les Genevois ont à nouveau écrit l’histoire. Post tenebras Servette.

Sur le coup de 22 h 04, la nuit des héros pouvait enfin commencer. Avec champagne, cigares et tee-shirts de circonstance. Pour Lausanne, c’est la nuit tout court avant une fin de saison où les millionnaires de la Pontaise, malgré l’investissement massif d’Ineos, sont en position de tout perdre après avoir déjà enterré leurs illusions à Genève. Ce printemps, le LS avait toujours avancé l’excuse de la neige et des conditions de jeu pour justifier la faiblesse de ses prestations. Or sur le billard de la Praille, les visiteurs n’ont même pas fait acte de présence. Ou alors très occasionnellement tant il existe davantage que 60 km entre Lausanne et Genève. Mais tout un monde de différence.

«Dans la tête, on n’était pas prêts»

Pendant que les joueurs servettiens criaient leur bonheur, Giorgio Contini tentait d’analyser, à chaud, le naufrage de son équipe. «La première chose que j’ai à dire, c’est de féliciter Servette qui a mérité cette victoire et la promotion, affirmait l’entraîneur du Lausanne-Sport. Quant à mon équipe, elle a tout simplement été incapable de mettre en place ce que l’on avait prévu. Parce que, dans leur tête, mes joueurs n’étaient pas prêts à affronter cette bataille. Ils ont craqué mentalement.»

Fébriles en défense, dominés au milieu et absents en attaque, les Lausannois ont profondément déçu la petite centaine de supporters qui avaient osé le déplacement à la Praille. «Lundi, nous allons réfléchir sur les raisons de cette contre-performance et tenter d’analyser ce qui s’est passé. Pour ensuite préparer du mieux possible la prochaine échéance contre Schaffhouse mercredi», soufflait l’entraîneur lausannois.

Les nouvelles concernant Oliveira, sorti sur une civière suite à un choc fortuit avec Rouiller (42e), n’étaient pas plus rassurantes. «Il a perdu connaissance, expliquait Giorgio Contini, et a été emmené à l’hôpital. Son état avait l’air plus sérieux encore qu’on l’avait craint dans un premier moment.» L’attaquant lausannois souffrirait a priori d’une sérieuse commotion. Au mieux.

Servette3 (1) Lausanne1 (1)

Stade de Genève,

20'055 spectateurs.
Arbitre:
M. San.
Buts:
4e Stevanovic 1-0, 15e Frick (autogoal) 1-1, 74e Alphonse 2-1, 76e Imeri 3-1.
Servette:
Frick; Sauthier, Routis, Rouiller, Iapichino; Maccoppi; Stevanovic, Wüthrich (69e Imeri), Cognat (90e Sarr); Kone (83e Chagas), Alphonse (76e Follonier). Entraîneur: Alain Geiger.
Lausanne:
Castella; Nganga, Loosli, Brandao, Flo; Kukuruzovic; Puertas, Dominguez (65e Cabral), Pasche (70e Ndoye); Margiotta (78e Zeqiri), Oliveira (43e Koura).
Entraîneur: Giorgio Contini.
Notes:
Servette sans Lang, Severin, Schalk (blessés), Lausanne sans Pos, Geissmann (blessés) ni Buess (pas convoqué). 10e: but de Kone annulé pour hors-jeu. 43e: sortie sur blessure d’Oliveira suite à un violent choc à la tête avec Rouiller.
Avertissements:
28e Nganga, 36e Loosli, 56e Koura, 64e Wüthrich, 73e Cabral.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.