Giorgio Contini: «Au final, ce qui importe, c’est le résultat»

FootballLe nouvel entraîneur du Lausanne-Sport détaille sa méthode pour viser une remontée immédiate.

Giorgio Contini affirme avoir senti très vite qu’il y a «à nouveau du feu» au LS.

Giorgio Contini affirme avoir senti très vite qu’il y a «à nouveau du feu» au LS. Image: MAXIME SCHMID

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Giorgio Contini n’a pas le choix: le Lausanne-Sport aspire à retrouver la Super League le plus vite possible et s’en est donné les moyens avec un budget largement supérieur à la moyenne de Challenge League. À l’heure de recevoir le SC Kriens, promu de Promotion League, le nouveau coach explique comment il a commencé sa mission et les clés pour la réussir.

– Reprendre une équipe de «losers», c’est un cadeau empoisonné ou la chance de repartir de zéro?
– Vivre une relégation n’est évident pour personne. Au-delà des responsabilités des uns et des autres, il y a une frustration qu’il faut évacuer avant de vouloir reconstruire, ce à quoi je me suis d’abord attelé. Très vite, j’ai senti qu’il y avait à nouveau du feu. Ce qui nous attend représente une chance pour chacun.

– Ce que vous devez réussir avec Lausanne, vous l’avez déjà réalisé avec Vaduz.
– C’est vrai, même si la réalité est différente. À Vaduz, la véritable ambition était d’inscrire l’équipe dans une certaine stabilité. La promotion n’est venue se greffer qu’ensuite. Ici, il n’y a pas deux objectifs, il n’y en a qu’un seul: la remontée immédiate. Au moins, c’est clair. On nous met la pression et l’on veut travailler avec cette pression-là.

– On ne vous demande quand même pas de gravir l’Everest… À quelle altitude situez-vous la Super League?
– Sans doute est-il plus difficile de monter que de ne pas descendre. Dans une saison, tout va toujours très vite. C’est 36 matches durant lesquels il faut rapidement acquérir de la régularité. La Challenge League, c’est aussi un nouveau décor, des stades parfois de campagne. Lausanne va se retrouver dans la peau du grand que chacun voudra se payer. La clé, c’est le mental. Il faudra être forts dans nos têtes pour résister à ceux qui nous chasseront.

– Comment assumer ce nouveau rôle?
– Il importera de ne pas se tromper de priorité, quitte à ne pas penser au spectacle. Au final, ce qui compte, c’est le résultat. On gagne un championnat avec des points, pas avec du beau jeu. On ne doit pas entrer sur un terrain pour jouer mais pour gagner. Si les circonstances l’exigent, on a aussi le droit d’abandonner le ballon à l’adversaire pour mieux contrer.

– Concrètement, vous voulez voir quoi?
– Je veux que mes principes de jeu transpirent à travers les qualités des joueurs. J’aimerais que chacun puisse comprendre ce qui se passe quand on voit jouer Lausanne. Tout passe d’abord par la discipline, la rigueur. Je ne suis pas un flic, mais je veux qu’à l’intérieur du cadre fixé, on ne déroge pas à certaines règles. Cela offre plus de liberté en dehors. Pour arriver à cet équilibre, il faut que chacun adhère à la même idée. Entre les joueurs et moi, c’est une rencontre.

– Cela débouche-t-il aussi sur un échange?
– Oui, je suis avec mes joueurs, à côté d’eux, et non au-dessus. Les relations entre un groupe et son entraîneur ont totalement changé. Avec l’explosion des réseaux sociaux, les joueurs savent ou croient tout savoir. Ils sont parfois mieux informés que les techniciens. Trouver la bonne distance est une forme de richesse. Rigoler n’empêche pas le sérieux et le respect, qui doit s’exercer dans les deux sens. À mon époque, ça ne discutait pas. Seul le coach était détenteur de la vérité.

– Ce que l’on appelle une belle équipe, c’est quoi pour vous?
– C’est une équipe qui vit, qui est présente dans ce qu’elle propose. On doit y voir du feu. C’est moins la recherche du beau jeu que les principes de la solidarité exprimés par les joueurs qui m’importe au départ. Seuls les résultats positifs permettent d’acquérir la confiance nécessaire pour offrir ce que le public attend et… moi aussi.

– Entre la rigueur suisse alémanique et l’insouciance latine, où se situe le vrai Giorgio Contini?
– Je suis un mélange de plusieurs influences. Au niveau de la ponctualité et du respect des exigences, je me considère comme un Suisse allemand borné. Au niveau social, je peux vite me retrouver dans un esprit beaucoup plus décontracté.

– Au niveau de vos attentes, avez-vous personnellement évolué?
– Oui, car on n’arrête pas de se construire. À mes débuts, j’exigeais trop et trop vite. L’expérience aidant, j’ai compris que pour obtenir le meilleur des joueurs, il ne faut pas forcément toujours leur demander le maximum. Il faut parfois du temps pour assimiler les choses.

– Avec quel regard avez-vous suivi la Coupe du monde?
– Avec celui du coach, qui débusque ce qui ne se voit pas forcément. Ce Mondial a montré combien l’organisation défensive peut supplanter la notion du jeu pour le jeu.

– Quelle sélection auriez-vous aimé entraîner?
– J’avoue avoir eu un faible pour le Mexique compte tenu de ce que cette équipe a dégagé en termes de passion et de grinta. On avait chaque fois le sentiment que ses joueurs luttaient pour leur vie. C’est exactement ce qui a manqué aux Suisses, qui ont quitté la Russie sans avoir tout donné.

– Revenons au championnat. Franchement, qu’est-ce qui pourrait empêcher le LS de fêter une promotion au printemps prochain?
– Nous-mêmes! On ne doit pas déjà s’imaginer là-haut, en effectuant un pas plus grand que la jambe ne le permet. On doit avancer avec sérénité, conscients de l’objectif final. Un objectif qui peut aussi concerner d’autres équipes comme Servette, Aarau ou Vaduz. Mais les joueurs savent très bien que s’ils sont ici, c’est pour monter. Je n’ai pas besoin de le leur répéter chaque jour! (24 heures)

Créé: 19.07.2018, 18h50

Bio express

1974: Naissance le 4 janvier à Winterthour. Plus tard, premiers ballons à YF Juventus comme attaquant.

2000: Avec Saint-Gall, il fête le titre de champion de Suisse. Il jouera cinq saisons à l’Espenmoos, inscrivant 25 buts en 147 matches.

2001: En février, il honore sa seule sélection avec la Suisse contre la Pologne à Malte (défaite 4-0) avant de disputer une saison à Lausanne.

2014: Après avoir été l’adjoint de Yakin à Lucerne, il obtient la promotion en Super League avec Vaduz, qu’il maintient dans l’élite durant deux ans.

2017: Il succède le 4 mai à Joe Zinnbauer sur le banc du FC Saint-Gall avant d’en être viré onze mois plus tard.

2018: Le 28 mai, il devient le nouvel homme fort du Lausanne-Sport en signant un contrat de deux ans avec le relégué de la Pontaise.

L'avant-match

Pontaise (vendredi à 20h)

Le Lausanne-Sport entame son exercice avec la réception de Kriens, néo-promu. «L’objectif est clair, c’est la première place. On n’en a pas d’autre», assure Adelson Cabral. Son entraîneur s’attend à un SCK très solide vendredi soir. «Ils sont dans la lignée de la saison dernière, avec un effectif très stable, renforcé par des M21 du FC Lucerne», explique Giorgio Contini. Lausanne évoluera sans Francesco Margiotta (blessé), tandis que Joël Geissmann et Nicolas Gétaz sont de retour d’indisponibilité. Le latéral norvégien Per-Egil Flo, recruté cette semaine, sera quant à lui qualifié. «Il sera dans le groupe», promet son entraîneur.

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