L'homme-clé du Lausanne-Sport est son préparateur physique

FootballComme tous ses collègues, Sébastien Devillaz doit innover pour que ses joueurs soient prêts au bon moment.

Sébastien Devillaz, préparateur physique du LS.

Sébastien Devillaz, préparateur physique du LS. Image: Odile Meylan

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Depuis vendredi dernier et le coup de sifflet final de son match amical contre le FC Sion à la Pontaise, le Lausanne-Sport est en pause forcée. Comme tous les clubs du pays. Mais l’interdiction de s’entraîner collectivement, jusqu’au 30 avril au mieux, n’est pas synonyme d’oisiveté pour les joueurs professionnels. Bien au contraire. Préparateur physique du LS, le Français Sébastien Devillaz nous explique, depuis chez lui, en Haute-Savoie, comment il a organisé et planifié le quotidien des 25 joueurs qui composent le cadre du leader de Challenge League.

Année unique

«Cette année 2020 a, en fait, été très particulière dès janvier, commence Sébastien Devillaz. Comme le coup d’envoi de la seconde partie de la saison avait été anticipé au 24 janvier déjà, la préparation hivernale se résumait à trois petites semaines seulement. Nous avions donc convenu de la prolonger au-delà de notre première sortie à Schaffhouse. Avec certes l’envie d’être compétitifs dès le 24 janvier mais avec surtout comme objectif principal d’atteindre notre pic de forme en mars-avril, une période souvent décisive.» Une planification - qui aurait dû permettre au LS d’aborder son redoutable triptyque Bâle-Vaduz-GC au sommet de sa forme - rendue vaine par cette pause imprévue dont on ignore encore la durée.

Programmes individuels

«Le fait de ne pas connaître la date de la reprise est la principale difficulté actuelle, continue le préparateur physique lausannois. En ce qui nous concerne, tous les joueurs ont reçu un programme individuel dès le 16 mars dernier qui prévoit des séances de travail quotidiennes. Comme chacun dispose d’une application GPS, ils sont tenus de me communiquer, avant 20 h, les différentes données accumulées au cours de la journée. Nous laissons ainsi le choix à chacun d’organiser ses séances quand il en a envie. Ensuite, je vérifie non seulement que le travail demandé a bel et bien été effectué mais je prends aussi le temps de l’analyser avant la séance du lendemain. Ce travail spécifique individuel ne remplace évidemment pas la présence des joueurs à la Pontaise où les protocoles d’entraînements collectifs avec le ballon, technique, tactique et physique, ainsi que le travail de prévention et les soins post-entraînements, sont par définition fondamentaux.»

Deux axes de travail

«Le premier repose sur une alternance de courses de 15’’, 30’’ et une minute. Durant lesquelles la distance, l’intensité de l’effort et la fréquence cardiaque sont mesurées. Le second axe concerne la force. Pour cela, les joueurs font les exercices demandés en regardant une application vidéo que je leur fais parvenir. Dans la mesure de ce qui est autorisé par les autorités, ils peuvent bien sûr se réunir à deux ou à trois pour effectuer ces séances. Le seul impératif est que le travail soit bien fait.»

Le danger

«Le poids est un élément capital durant cette trêve, souligne Sébastien Devillaz. Quelques jours avant de se séparer, chacun a été pesé et l’objectif est que la balance présente le même chiffre lorsque nous recommencerons le travail collectif. Pour chaque kilo supplémentaire, des amendes sont d’ailleurs prévues. Pour les aider, un programme de nutrition a été minutieusement préparé car l’apport en hydrates dont les joueurs auront besoin ces prochaines semaines est bien entendu inférieur à celui qui est nécessaire en mode compétition.»

Motivation

«Jusqu’à la semaine dernière, poursuit-il, la perspective de bientôt rejouer servait d’aiguillon pour accomplir les efforts nécessaires. Et puis, les matches amicaux étaient une précieuse source de motivation qui a malheureusement disparu. À ce sujet, j’ai pu constater avec satisfaction que les données récoltées durant les matches amicaux face à Servette et Sion étaient au niveau de celles d’une rencontre de championnat. Ce qui démontre à mes yeux l’excellent état d’esprit de cette équipe. Une motivation qui a logiquement dû en prendre un coup lorsque les joueurs ont su que la compétition ne reprendrait pas avant le mois de mai au plus tôt. Mais je suis convaincu qu’après quelques jours d’abattement, chacun réagira de la meilleure des façons. Car je leur ai bien fait comprendre que même si le championnat ne devait pas reprendre ce printemps, une nette diminution de leur activité durant deux mois leur serait préjudiciable pour la suite de leur carrière.»

Nouvelle préparation

«Avant de terminer cette saison, prévient Sébastien Devillaz, ce que nous espérons tous, il faudra que les joueurs puissent s’entraîner au minimum trois semaines collectivement. Soit la même durée réduite qu’en janvier. Sans cela le risque de blessure augmenterait d’autant plus que le calendrier proposera probablement plusieurs semaines anglaises consécutives. La possibilité, pour le LS, de devoir jouer 14 matches (ndlr: voire même un peu plus en cas de victoire en Coupe contre Bâle) en six ou sept semaines est donc plus qu’envisageable. Même si un léger coup de moins bien physique pourrait intervenir après cinq semaines environ, j’estime mes joueurs capables de supporter une telle répétition d’efforts sur cette durée. Et puis, conclut le Français, le fait d’avoir ces 15 points d’avance en championnat représente aussi un avantage qu’il ne faut pas négliger dans la gestion des hommes et des énergies.»

Créé: 20.03.2020, 14h23

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