Le Lausanne-Sport face à plusieurs options pour la «mission remontée»

FootballQui sera le nouvel entraîneur du relégué en Challenge League? Des noms circulent dans l’entourage du club. La décision tombera la semaine prochaine.

A l'image ici d'Enzo Zidane, le Lausanne-Sport est à terre. Il s'agit maintenant de faire les bons choix pour rebondir au plus vite.

A l'image ici d'Enzo Zidane, le Lausanne-Sport est à terre. Il s'agit maintenant de faire les bons choix pour rebondir au plus vite. Image: Keystone

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«Le prochain entraîneur du Lausanne-Sport sera nommé d’ici à la fin de la semaine prochaine, c’est sûr.» Voilà un premier engagement pris par Pablo Iglesias. Le directeur sportif du Lausanne-Sport a déjà rencontré deux candidats, tandis que deux autres vont suivre. Leur nom n’est pas encore connu, mais il n’est pas interdit d’effectuer des spéculations, sur la base de ce que l’on entend dans l’entourage du club. «Ce que je peux dire, c’est que quatre candidats suisses de grande qualité sont dans notre viseur. Et deux étrangers.»

Plusieurs tendances s’affrontent ainsi déjà au sein du LS. Car non, Pablo Iglesias ne sera pas le seul à décider. Ses supérieurs hiérarchiques, le CEO Bob Ratcliffe et le président David Thompson, vont avoir leur mot à dire. Et peut-être même plusieurs phrases. Eux seraient assez enclins à offrir le banc du LS à un étranger, alors que Pablo Iglesias militerait pour une solution suisse. Pour le directeur sportif, mieux vaut aller batailler à Wil et à Aarau avec un technicien au courant de ce que ces déplacements signifient vraiment. En clair, plutôt imiter Xamax et Michel Decastel que Servette et Meho Kodro. Alors, qui va décider? Pablo Iglesias est-il vraiment en charge de toutes les affaires sportives?

«Le processus de décision est assez simple et votre question ne me dérange pas, contre le directeur sportif du LS. Bob Ratcliffe et David Thompson ont des candidats à proposer, c’est vrai, mais la décision finale sera prise de manière collégiale. Nous allons rencontrer tous les entraîneurs potentiels, l’un après l’autre, et nous déciderons ensemble de ce qui sera le mieux pour l’avenir du LS. C’est tout à fait normal.»

Vraie culture d’entreprise

En un rien de temps, le Lausanne-Sport est donc passé d’une gestion simple (le duo Alain Joseph-Fabio Celestini décidait de tout, avec des frictions mais un contact direct) à une autre un peu plus compliquée, où il faut convaincre, argumenter, s’engager et se mettre en danger. Comme dans une multinationale, avec ses divers échelons de direction. Ineos, en achetant le LS, y a également importé sa culture d’entreprise anglo-saxonne. Laquelle implique la nécessité d’assumer lorsqu’on fait des erreurs. Et de défendre son bilan.

C’est vrai, le Lausanne-Sport n’est pas le Paris Saint-Germain et Ineos n’a que peu à voir avec les Qataris, mais le fait est que dans les deux cas le pouvoir sportif est dans les mains du directeur sportif… à la condition que celui qui paie – tout en haut – soit convaincu du bien-fondé des choix, même s’il a moins de compétences techniques pour juger. Au PSG, l’émir du Qatar lui-même a décidé du choix du nouvel entraîneur, Thomas Tuchel, en court-circuitant complètement son directeur sportif et président…

Des gens du club

La culture d’entreprise anglo-saxonne d’Ineos, on y revient, est plus feutrée que celle des Qataris, mais elle exige aussi des résultats. Et la relégation en Challenge League n’en est pas un satisfaisant. Il serait cependant faux de croire que Pablo Iglesias est déjà sous pression. Le choix de nommer un staff élargi après le départ de Fabio Celestini se défend largement et répondait à une nécessité numérique: Celestini avait plusieurs adjoints et il fallait bien les remplacer en urgence. Un seul nom, fût-il prestigieux, n’aurait pas suffi. Et Ilija Borenovic, Alex Weaver, William Niederhauser, Xavier Margairaz et Florent Delay ont fait ce qui leur était demandé: ramener un peu de confiance, le LS partant de tellement loin dans ce domaine. Ils auront tous un emploi garanti dans le nouvel organigramme, avec un poste encore à définir selon l’identité du nouvel entraîneur. «On ne veut pas refaire ce qui a été fait avant. Le futur staff sera composé de gens du club. Le nouvel entraîneur pourra avoir un adjoint s’il le veut, mais c’est tout», glisse Pablo Iglesias.

On l’a dit, l’identité de l’homme chargé de ramener le LS en Super League sera dévoilée d’ici à une dizaine de jours. Il serait mieux pour tout le monde qu’il s’agisse du bon.


Quatre entraîneurs possibles

William Niederhauser La confiance au staff en place

Ce serait la solution de la continuité, mais elle est hautement improbable. Alex Weaver et William Niederhauser ont tous deux le diplôme UEFA-Pro et pourraient prendre place sur le banc, avec Ilija Borenovic, Xavier Margairaz et Florent Delay. Exactement comme aujourd’hui, mais dans un ordre un peu différent, Borenovic n’ayant pas obtenu la dérogation nécessaire pour entraîner au niveau professionnel. «Bobo» commencera en décembre son cursus pour obtenir son diplôme UEFA-Pro et l’ASF ne l’a pas autorisé à s’asseoir sur un banc de Super League pendant l’entier du processus (deux ans).

Pierluigi Tami La connaissance du foot suisse

Il y a plusieurs semaines, avant même le licenciement de Fabio Celestini, son nom circulait déjà. Des sources tessinoises généralement bien informées croient fermement que l’ancien coach de Lugano sera le prochain entraîneur du LS. Le principal concerné, c’est sûr, ne dirait pas non. À 56 ans, il a l’avantage de bien maîtriser les codes du football suisse. La Challenge League ne lui ferait pas peur et il sait assurément comment aller gagner à Chiasso ou à Rapperswil un lundi soir. Tami vient de se faire licencier de Grasshopper et de Lugano, mais son profil est forcément très intéressant.

Uli Forte Pour faire réagir le vestiaire

Si l’on dit, à juste titre, que le vestiaire lausannois manque de caractère, pourquoi ne pas nommer un entraîneur capable de le «secouer» un peu? Uli Forte a un management particulier. Il peut aussi bien se montrer proche des joueurs que leur dire les vérités en face. Lui aussi reste sur un licenciement, à Zurich, alors que l’équipe était troisième de Super League et qu’il lui était reproché de ne pas incorporer assez de jeunes. Il parle un français parfait, il est libre et il se verrait bien entraîner en Romandie. De plus, il a déjà réussi ce genre de «mission remontée», à Zurich et à Saint-Gall.

Pierre-André Schürmann La valeur sûre

Il est le dernier entraîneur à avoir remporté un trophée avec le Lausanne-Sport au plus haut niveau national (la Coupe de Suisse en 1999). «Schüschü» est apprécié du public. Avec lui, Ineos s’offrirait un capital sympathie non négligeable auprès de ses supporters après «l’affaire du logo». Pierre-André Schürmann (57 ans) est l’un des symboles du LS qui gagne, celui qui est désormais affiché sur les murs de la Pontaise. Il connaît le championnat de Suisse, mais souffre peut-être d’une image d’homme «du passé», justement. Des membres des clubs de soutien militent pour lui.

(24 heures)

Créé: 16.05.2018, 07h11

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