Le LS gagne plus souvent devant un écran que sur les terrains

E-sportCréé il y a deux ans, le eLS fait partie des meilleures équipes de jeux vidéo du pays. Il vient de remporter le titre de champion à Zurich.

Yoann «Hypno» Pfersich, Ethan «Karpetman» Berger et Romain «Bozo» Gaspoz brillent avec le eLS. Image: VQH

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Il y a un Lausanne-Sport qui aligne les matches nuls et un autre qui fête des victoires. Sur les pelouses de plus en plus vertes du pays, l’équipe de Giorgio Contini se déplacera ce samedi à Schaffhouse pour tenter de briser une série de trois parités consécutives.

Celle qui gagne est en revanche beaucoup moins connue du grand public. Né il y a un peu moins de deux ans de la fusion entre le club de la Pontaise et celui de Qualitas Helvetica, le eLS s’est récemment une nouvelle fois distingué en remportant la SESL (Swiss eSport League) Winter, le tournoi national le plus prestigieux de cette première partie d’année, dans la catégorie League of Legends.

Mais de quoi parle-t-on? De jeux vidéo bien sûr, un domaine dans lequel le Lausanne-Sport investit quelques milliers de francs par an depuis avril 2017 pour soutenir une équipe qui défend ses couleurs à travers le pays, et même à l’étranger parfois. Président du club, Frédéric Boy (26 ans) apporte quelques indispensables précisions sur son club. «Notre association compte aujourd’hui 50 membres, soit 25 joueurs soutenus par un staff de 25 personnes. Ces dernières ont pour mission d’entourer au mieux les joueurs lors des différentes compétitions auxquelles nous prenons part. Un encadrement indispensable pour que les joueurs puissent se concentrer uniquement sur le jeu. Pour vous résumer son importance, je ne pense pas que nous aurions remporté le titre sans l’apport de ce staff.»

La Poste investit

Le budget annuel du eLS se situe entre 40'000 et 50'000 francs. Un montant dont la plus grosse partie provient de ses deux sponsors principaux, le reste grâce à l’aide du Lausanne-Sport. «Mais n’imaginez pas que les joueurs s’en mettent plein les poches, sourit Frédéric Boy. Les membres du eLS ne reçoivent qu’un défraiement mensuel moyen d’une centaine de francs environ. En revanche, nous assumons une large partie de leurs frais annexes, tels que la nourriture et le logement lors des déplacements. Cet effectif nous permet d’être présents dans six catégories différentes (voir encadré), mais nous ne sommes vraiment très compétitifs que dans trois jeux différents. À savoir League of Legends, où nous venons de remporter le titre national à Zurich le 9 mars en battant notre adversaire genevois Élan DEspoir en finale, Hearthstone et Rocket League.»

League of Legends est, selon Frédéric Boy, la compétition la plus difficile. «Les matches se jouent à cinq, dont trois Suisses au minimum. Raison pour laquelle les joueurs coûtent cher, soupire-t-il. Avant chaque championnat, on essaie de recruter les meilleurs mais ce n’est pas simple car la concurrence est de plus en plus féroce et relevée. Par exemple, à partir du prochain championnat, La Poste a enrôlé la première équipe 100% pro du pays. Elle donne un an à un coach et à cinq joueurs pour obtenir d’excellents résultats et continuer ainsi son aventure sur League of Legends. Ces prochains mois, ils seront nos principaux rivaux pour le titre.»

«Play less, play better»

Au eLS, un passage au professionnalisme n’est pour l’instant pas d’actualité. «C’est un objectif à long terme, précise Frédéric Boy, informaticien la journée, ancien joueur et supporter de longue date du «vrai» LS. Le niveau général progresse vite et si l’on veut continuer à rivaliser avec les meilleurs en Europe, il faudra passer par cette étape. Mais pour le moment, il s’agit surtout de bien expliquer aux gens et aux investisseurs potentiels ce que nous faisons. À plusieurs reprises des entreprises intéressées à nous soutenir ont fini par renoncer parce qu’elles ne comprenaient pas bien de quoi il s’agissait.»

Les clichés sont un autre domaine contre lequel le président du eLS ne cesse de lutter. «Lorsqu’on leur parle de jeux vidéo et de nos compétitions, la plupart des gens imaginent de jeunes geeks terrés au fond de leur cave qui passent leurs journées et leurs nuits devant un écran. C’est tout ce que nous ne voulons pas! Notre slogan «Play less, play better» est suivi à la lettre chez nous. En gros, les compétitions ont lieu sur un jour un week-end sur deux. La semaine, nous nous entraînons quatre soirs durant quatre heures, dont une est consacrée exclusivement à l’analyse des matches. Quant aux plus jeunes qui désirent nous rejoindre, nous faisons bien attention à ce que leur scolarité ne soit pas perturbée.»

Pour mieux faire connaître son sport, le eLS organise l’International Gaming Show, dont la 2e édition, en novembre dernier, avait rassemblé quelque 7000 spectateurs au SwissTech Center. «Il y en aura une troisième, conclut Frédéric Boy, mais la date reste encore à définir.» (nxp)

Créé: 15.03.2019, 21h21

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