Racheté, le LS passe la vitesse supérieure

FootballBasée à Rolle, la société Ineos devient le nouveau propriétaire du club de Super League. Avec des moyens importants et donc de belles perspectives.

Fort de ses moyens financiers, le nouveau propriétaire du LS espère permettre aux joueurs de la Pontaise de retrouver le niveau européen.

Fort de ses moyens financiers, le nouveau propriétaire du LS espère permettre aux joueurs de la Pontaise de retrouver le niveau européen. Image: Keystone

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Une certaine effervescence régnait ce lundi à Rolle, au siège mondial de la multinationale Ineos, désormais propriétaire du Lausanne-Sport. Et à juger des sourires sur les visages des protagonistes, chacun avait le sentiment de vivre un moment important dans la vie du premier club vaudois. Désireux de passer la main depuis plusieurs mois déjà, après dix ans d’un engagement sans faille, Alain Joseph expliquait: «Avoir trouvé un tel repreneur représente un vrai soulagement». Pourtant, d’autres possibilités s’étaient présentées. «Mais je n’avais pas senti la vraie opportunité. Dans les discussions avec Ineos, au contraire, cela a rapidement été le cas». Le contrat d’acquisition du LS a été signée en matinée, alors qu’une présentation officielle a eu lieu l’après-midi. Quant au montant de la transaction, aucun chiffre n’a été lâché. Selon nos informations, il avoisine toutefois les 8 millions de francs, soit une jolie plus-value pour le président sortant.

CEO de ce géant actif dans la pétrochimie, David Thompson devient ainsi la nouvelle figure de proue du LS. Un département football sera d’ailleurs créé au sein de l’entreprise, avec un organigramme à préciser dans les mois à venir. Mais la venue d’un directeur sportif figure au nombre des mesures prioritaires, de même que l’engagement de trois ou quatre joueurs d’expérience, si possible dès la pause d’hiver. Si le nouveau propriétaire ne l’indique pas explicitement, il est sans doute important dans son esprit d’assurer le maintien de la première équipe en Super League. De manière à prendre possession du nouveau stade de la Tuilière dans les meilleures conditions. David Thompson avoue d’ailleurs volontiers une certaine ambition: «Nous espérons retrouver le football européen à Lausanne dans les trois à quatre ans»

«Nous espérons retrouver le football européen à Lausanne dans les trois à quatre ans»

Une précision tout de même: si tout est réglé entre les deux parties, la transaction ne prendra définitivement effet qu’une fois le dossier approuvé par la Swiss Football League. Refroidie par quelques douloureux précédents – du côté de Neuchâtel ou Genève par exemple –, la SFL exige désormais des garanties économiques lorsqu’un changement de propriétaire intervient. En l’occurence, vu la puissance financière d’Ineos, la vérification – une affaire d’un mois, tout au plus – ne devrait être qu’une formalité. Installée dans le canton depuis 2010, Ineos a déjà apporté son soutien à plusieurs sociétés de la région, qu’il s’agisse du rugby, des patineurs, de la gymnastique, mais aussi du Team Vaud ou encore du LHC, comme sponsor principal. Avec le LS, l’entreprise passe clairement à la vitesse supérieure.

Un constat qui réjouit évidemment Fabio Celestini (sous contrat jusqu’en 2019). «Le projet du LS a connu une grosse accélération. J’ai la particularité d’être à la fois supporter et entraîneur, explique-t-il. Le premier a les yeux qui brillent en considérant ces nouvelles perspectives. Le second attend les discussions qui suivront. Il faudra définir les ambitions et les moyens à disposition. Il va s’agir ainsi de créer une véritable marque LS, de mettre en place une culture de club. Et si je peux vivre à Lausanne ce que j’imaginais vivre un jour ailleurs, l’idée me paraît bien sûr excitante». Chef du service des sports de la ville de Lausanne, Patrice Iseli suit l’affaire avec attention. «Ineos a déjà montré son implication dans le sport lausannois, notamment pour les jeunes», souligne-t-il. La finalisation des contrats de gestion du nouveau stade – à la charge du LS – représente une prochaine étape importante. (24 heures)

Créé: 13.11.2017, 20h43

Portrait du groupe Ineos

L'empire pétrochimique va droit au but

Fondateur et président du groupe Ineos, Jim Ratcliffe est arrivé il y a sept ans à Saint-Sulpice. Classé parmi les plus riches résidents en Suisse, on lui prête une fortune de 5 à 6 milliards de francs. Mais il n’est sans doute pas du genre à s’asseoir sur son acquis et à compter son pactole.

Tout récemment, il a annoncé son intention de construire un modèle de véhicule tout terrain proche de la Land Rover Defender, arrivée en fin de vie. Prêt à investir plus de 850 millions de francs, il aurait, selon «Le Temps», déclaré en présentant le projet: «J’aurais pu acheter une équipe de football.» Voilà donc qui est fait.

Il n’empêche, la stratégie du capitaine, même au prix d’un fort endettement, a été efficace jusqu’à présent. Il a réussi à hisser l’entreprise britannique, qu’il a créée en 1998, parmi les géants mondiaux de la pétrochimie, des spécialités chimiques et des produits dérivés du pétrole et du gaz. Jim Ratcliffe est allé droit au but: dans les dix premières années, Ineos a racheté 22 sociétés et fait main basse sur les installations de raffinage de grands groupes pétroliers et chimiques, tels BP, BASF, Bayer, Norsk Hydro, Solvay ou Dow Chemical, en profitant le plus souvent de leur restructuration.

Le chiffre d’affaires d’Ineos a rapidement pris son envol. Entre 2005 et 2008, il est passé de moins de 10 milliards de dollars à plus de 40 milliards. La crise financière mondiale a ensuite plombé le secteur, mais la société a depuis lors retrouvé la croissance en nouant des partenariats, notamment en Chine. En 2016, elle a atteint un chiffre d’affaires de 40 milliards de dollars (soit à peu près le même montant en francs suisses). Elle compte aujourd’hui 17'000 employés sur 80 sites de production dans 16 pays.

C’est en 2010 que le groupe de pétrochimie britannique a établi son siège mondial à Rolle, où travaillent aujourd’hui une soixantaine d’employés. Considérée comme la plus grande société privée non cotée du Royaume-Uni, Ineos ne cachait pas alors sa volonté de changer de domicile pour des raisons fiscales. Elle laissait entendre qu’elle réduirait ses impôts à l’État d’un montant de près de 120 millions de francs par an.

L’entrepreneur n’en a pas moins continué à investir dans ses sites britanniques. Mais il n’est pas allé par quatre chemins pour restructurer leurs activités et limiter les effets du krach pétrolier. Face aux employés récalcitrants ou en grève en raison de baisses de salaires, il a menacé de fermer leurs installations. Ineos s’est également fait remarquer en misant beaucoup sur le gaz de schiste américain, dont la production par fracturation hydraulique est très controversée en Europe à cause des risques de pollution des nappes phréatiques. Motivant cette stratégie par l’épuisement des gisements d’hydrocarbures en mer du Nord et la chute des profits, le groupe a été le premier l’an dernier à livrer en Europe – dans son site norvégien puis celui situé en Écosse – de l’éthane liquéfié que l’on trouve dans le gaz de pétrole de schiste.

Au début de cette année, l’empire pétrochimique de Jim Ratcliffe a provoqué une autre levée de boucliers. Celle des écolos et des amis de la mythique forêt de Sherwood, où s’est forgée la légende de Robin des Bois: ils ont découvert que la compagnie voulait faire des études sismiques afin de prospecter le sous-sol en vue d’exploiter du gaz de schiste.

Jean-Marc Corset

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