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L’unique erreur de Fabio Celestini

L'entraîneur lausannois a-t-il commis une erreur? Si oui, laquelle et à quel moment? Le commentaire de François Ruffieux.

Fabio Celestini est-il coupable si le groupe lausannois ne compte pas de véritable leader?
Fabio Celestini est-il coupable si le groupe lausannois ne compte pas de véritable leader?
Keystone

Lorsqu’une équipe s’étiole et que personne n’émerge pour sonner la révolte, l’inquiétude prend alors toute la place. Aujourd’hui, le LS en est là. Et même si rien n’est perdu s’agissant du maintien en Super League, puisque 13 matches restent à jouer, une question s’inscrit tout de même en filigrane de ce parcours absolument contrasté: Fabio Celestini a-t-il commis une erreur? Si oui, laquelle et à quel moment? A vrai dire, si elle s’est progressivement dessinée depuis la mi-octobre, la réponse prend désormais tout son sens et renvoie au mois de mai 2016 lorsque, promotion assurée, l’entraîneur a fini par signer la prolongation de contrat (trois ans) que lui proposaient les dirigeants du club.

Manque de tauliers

L’aventure était savoureuse, jubilatoire même. Elle suscitait déjà la curiosité à travers tout le pays. Le technicien, lui, savait pourtant que la suite risquait d’être compliquée. Et il le disait. Lucide, il avait alors indiqué qu’il aurait besoin, en priorité, de trois joueurs d’expérience – un par ligne – afin que ce groupe puisse continuer à se développer dans de bonnes conditions. Des gars sur qui les plus jeunes pourraient s’appuyer dans les moments difficiles, des gars qui auraient de la bouteille et serviraient d’exemple dans le travail au quotidien, par des gestes, des attitudes, une idée de ce métier sans doute plus complexe qu’il n’y paraît. Ce qu’on appelle communément des tauliers.

Trois joueurs donc. C’était peu et beaucoup à la fois. Peu si l’on songe que, l’été dernier, le club a laissé partir une bonne douzaine d’éléments qui ne répondaient pas aux exigences de la Super League à venir. Ce qui laissait pas mal de place pour un recrutement ciblé. Beaucoup si l’on sait la difficulté d’attirer de tels profils du côté de cette Pontaise vieillotte et peu encline à l’enthousiasme. Le LS a donc engagé une douzaine de joueurs depuis juillet. Mais sur le nombre, combien répondaient au vœu du coach? Aucun, zéro, nada. La raison tient en partie, évidemment, à l’aspect financier. Chaque sport a ses tarifs. Et s’il ne faut jamais exclure une trouvaille pas trop onéreuse – comme Margiotta par exemple –, il est tout simplement impossible, à un certain moment, de ne pas consentir un effort particulier.

Cap psychologique

Pour faire simple, on dira qu’un joueur confirmé, dans le championnat de Suisse de football, coûte environ 30 000 francs par mois, minimum. Et que le LS a préféré l’option de trois joueurs à 10 000. Le joueur à 30 000 est peut-être un cap psychologique que les dirigeants lausannois ne sont pas près à franchir. Ce qui n’empêche pas que, au final, le contingent soit tout de même large, pléthorique même (28 joueurs dont 3 gardiens). Mais on cherche en vain les leaders. Au lieu d’en faire une exigence absolue, Fabio Celestini a donc lâché du lest au plus mauvais moment. Et c’est bien là qu’il a commis son unique erreur. Il le sait et il s’en veut. Mais il est trop tard. Espérons simplement qu’elle ne soit pas fatale pour ce beau projet!

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