«Le vécu d’un entraîneur est un atout important mais sous-estimé»

FootballDe retour d’Égypte, Pierre-André Schürmann évoque son aventure au SC Zamalek et sa passion intacte pour son métier.

À 59 ans, Pierre-André Schürmann a accumulé une grosse expérience qui devrait lui permettre d’obtenir un nouveau job en Suisse. Ou ailleurs.

À 59 ans, Pierre-André Schürmann a accumulé une grosse expérience qui devrait lui permettre d’obtenir un nouveau job en Suisse. Ou ailleurs. Image: Patrick Martin

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Il y a tout juste un an, Pierre-André Schürmann quittait à nouveau la Suisse. Après avoir passé quelques mois en Ukraine en 2012, puis vécu une fantastique aventure humaine et sportive à la tête d’une sélection algérienne M23 qu’il a emmenée jusqu’aux JO de Rio, le Valaisan repartait pour une troisième expérience à l’étranger. Encore une fois en Afrique et un peu par la force des choses, il est vrai, mais avec un enthousiasme intact. «Je figurais parmi les tout derniers candidats au poste d’entraîneur du Lausanne-Sport, rappelle Pierre-André Schürmann. Un poste qui me tenait d’autant plus à cœur que ce club occupe depuis longtemps une place spéciale chez moi. Mais bon, le choix s’est finalement porté sur Giorgio Contini et j’ai donc ensuite accepté avec plaisir la proposition de Christian Gross de travailler avec lui à Zamalek, en Égypte.»

Un petit goût d’inachevé

Si l’ex-coach à succès, de Grasshopper et du FC Bâle entre autres, a fait appel au natif de Monthey pour sa première expérience africaine, cela ne doit rien au hasard. À la tête de la sélection algérienne M23 entre 2014 et 2016, Pierre-André Schürmann avait travaillé dans un pays où la mentalité des joueurs est assez similaire à celle des Égyptiens. Avec un bonheur certain puisqu’il avait emmené une sélection, alors presque laissée à l’abandon, jusqu’en finale de la CAN M23 puis en phase finale des Jeux de Rio. Une première historique pour le pays. «Ces JO resteront à jamais un souvenir merveilleux, sourit-il. Assurément l’un des plus beaux de ma carrière, même si le fait d’y avoir manqué de peu une qualification pour les quarts, qui aurait été à notre portée sans la blessure de notre gardien juste avant la compétition, reste toujours une petite frustration.»

Un léger goût d’inachevé que Pierre-André Schürmann a aussi vécu en Égypte. «Avec Christian Gross, nous avons monté un staff technique très performant et exigeant au SC Zamalek, un club du Caire, explique-t-il. Malgré un contexte compliqué, les résultats ont été très bons. À la fin de mai, nous avons même remporté, devant plus de 70 000 spectateurs, la finale de Confederation CUP de la CAF (Confédération africaine de football) contre les Marocains du RSB Berkane. Et dans un championnat un peu bancal, de surcroît interrompu en raison de la CAN, nous étions toujours à la lutte avec Al-Ahli pour décrocher le titre. Mais tout cela fait désormais partie du passé car notre contrat, qui arrivait à échéance à la fin de mai, n’a pas été prolongé. Pour dire la vérité, notre staff a choisi de ne même pas entamer des discussions en vue de poursuivre notre collaboration. La situation était trop chaotique pour pouvoir continuer notre travail dans de bonnes conditions.»

À bientôt 59 ans, et après avoir pas mal bourlingué ces dernières années, Pierre-André Schürmann ne verrait pas d’un mauvais œil de s’engager pour un club suisse. «Cette hypothèse me plairait bien car elle me permettrait d’être auprès de ma famille. Mais il est évident que si une proposition intéressante devait venir de l’étranger, je pourrais très bien repartir.»

Dépassés?

Mais, comme le Valaisan le sait très bien, les bonnes places sont rares en Suisse. Et, depuis quelques années, plus encore pour ces «vieux» entraîneurs que l’on considère comme un peu dépassés. À tort parfois, comme l’ont récemment démontré Michel Decastel avec Xamax puis Alain Geiger avec Servette. «C’est dommage, conclut Pierre-André Schürmann, car je suis persuadé que le vécu et l’expérience accumulés par un entraîneur tout au long de son parcours sont des atouts très importants. Mais qui sont malheureusement trop souvent négligés ou sous-estimés par les dirigeants.»

Créé: 28.06.2019, 21h02

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