Luc Alphand: «Carlo Janka pourrait être une très belle surprise»

Ski alpinL'ancien champion français a fait de Kjetil Jansrud son favori de la descente masculine des Mondiaux de ce samedi. Mais il se méfie de Mathias Mayer, Dominik Paris, de son compatriote Guillermo Fayed et du Grison.

Luc Alphand. Image d'archives.

Luc Alphand. Image d'archives. Image: DR

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Il a traqué récemment le grizzlie au Kamtchatka avant de s’offrir un chamois, chez lui, à Serre Chevalier, juste avant de s’envoler pour Beaver Creek. Vainqueur de la Coupe du monde ici même, ou plutôt à Vail en 1997, Luc Alphand a toujours besoin de bouger, d’adrénaline, ou sa dose de vitesse au volant d’un bolide de rallye. «Je pourrais chasser tous les jours», s’exclame-t-il, avant d’aller se mettre en cabine avec le commentateur de France Télévision.

Le Français, qui fêtera ses 50 ans le 6 août prochain, aurait bien aimé en avoir vingt de moins aujourd’hui. «Ah oui, car si on avait aseptisé les descentes, elles redeviennent dans la norme, sourit le consultant de Briançon. On ne cherche plus à contrôler la vitesse. J’adore ce profil. Mais vous avez vu mes cuisses?» Luc Alphand, pouvez-vous nous en dire plus sur ce tracé de la Birds of Prey?

La descente de ce samedi est une course qui va se jouer à l’engagement, à l’envie. Attention avec le vent à ne pas perdre trop de temps sur le plat en haut. Il faut ensuite éviter de couper dans les dévers. Enfin, il y a un saut avec une compression derrière avant le final. 1’48 de course, cela va aller assez vite. Ce n’est pas les 4200 m de Wengen. Mais le gars ne va chômer non plus. Il ne doit pas refuser la pente ni l’attaque et éviter de faire n’importe quoi.

Et quelle sera la clé pour s'imposer?

La clé sera de ne pas mettre la charrue avant les bœufs. Question de timing, il ne faut pas se mettre à l’envers. Et avoir la capacité technique pour tailler de la courbe sur de la glace. Ce sera un vrai beau champion. Ce n’est pas une course au rabais, mais une vraie descente, dure. Il n’y aura pas 20 mecs qui pourront gagner comme en 1993 à Morioka. Mais moins d’une dizaine...

Quels sont ces dix candidats à la couronne?

Kjetil Jansrud s’il n’a pas trop mal à son épaule, Mathias Mayer, Guillermo Fayed. Mais également Dominik Paris. Il m’impressionne. Il a réalisé des progrès techniques étonnant en trois à quatre ans. Aksel-Lund Svindal aussi, il me sidère. Après je me méfie. Car quand tu es blessé, tu mets toujours beaucoup de motivation, tu passes énormément d'heures dans la salle de musculation ou chez le kiné avec tes béquilles. Tu as vraiment la rage de revenir et le jour où tu reviens, tu le fais bien. Il faudra voir sur une petite semaine, s’il aura récupéré de cette débauche d’énergie parce que les autres font des kilomètres. Cela va se jouer à la niaque. Mais il a une telle expérience...

Comme Didier Défago?

"Def" et Janka, les deux ensemble, ont une courbe ascendante. Ils arrivent peut-être en forme au bon moment. Mais à vrai dire, je crois davantage en Carlo. Parce qu’il a gagné trois fois ici, il a le bagage. Quand Janka est fort, il est fort! En 2010, il se baladait, il nous a fait des trucs incroyables. Mais il a tellement été à la cave que maintenant, il revient avec des automatismes. C’est un taiseux qui ne dit pas facilement bonjour, mais un très bon skieur. Cela pourrait être une très belle surprise.

Si vous avez remporté la coupe du monde, il n’y a qu’une médaille de bronze aux Mondiaux à votre palmarès, à la Sierra Nevada en 1996. Comment l’expliquez-vous?

La seule fois où j’aurais pu devenir champion du monde, je tombe et c’est votre Bruno Kernen qui est en or en 1997! J’étais tellement heureux d’avoir passé le sommet à Sestrière. J’avais gagné les trois entraînements, que j’ai connu ensuite un relâchement et voilà, la faute de carres et terminé. C'est cette année-là que j'ai remporté le général de la Coupe du monde...

Or les Mondiaux, c'est une course d'un jour, c'est spécial? Y a-t-il une recette pour gérer cet événement?

Quand tu peux être au départ d’une course avec les moyens de t’imposer, c’est déjà tellement rare, qu'il faut en profiter. Tout le monde ne s’appelle pas Lindsey Vonn et gagne 64 courses dans une carrière. Cela dit, il ne faut pas te cramer les cartouches, c’est important. C’est passionnant d’être dans le portillon et te dire que tu peux être champion du monde. Même en voiture où tu es au départ d’un Dakar avec un prototype chez Mitsubishi, c’est bonnard de pouvoir jouer la gagne. Psychologiquement, ça rajoute à toute la partie technique et physique, une dimension mentale. La confiance c’est 40% de la performance. Regardez Guillermo Fayed. Il n’a pas réinventé le ski cette année. Il y a deux ans il a failli arrêter, on lui avait dit de rentrer à la maison. Il a changé dans sa tête et il est troisième de la coupe du monde. A quoi ça tient.

Cela ne vous démange-t-il pas aujourd'hui?

Je me verrai bien derrière un portillon, revivre ces événements-là, car quand t’arrêtes c’est un grand livre que tu refermes et c’est fini toutes ces sensations. J'adorais les départs, les grands sauts, et aller vite. Cela me manque. Cela dit, j'ai compensé avec la voiture où j'ai ma dose de vitesse...

Créé: 07.02.2015, 10h57

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