Lucien Favre: «Nous avons franchi un palier, mais il y a du travail»

FootballL'entraîneur vaudois et Borussia Mönchengladbach sont 3es du classement de la Bundesliga.

Lucien Favre, un entraîneur heureux de faire son métier dans un pays passionné de football.

Lucien Favre, un entraîneur heureux de faire son métier dans un pays passionné de football. Image: EPA

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On ne se souvient pas de l'avoir entendu si joyeux, au téléphone, la voix aussi légère. Comme si Lucien Favre osait vraiment savourer sans retenue son récent succès à Munich contre le Bayern (2-0) et sa magnifique actuelle troisième place dans le championnat d’Allemagne.

Lucien, tout va bien, la vie est belle?

Oui, nous avons tous envie, dans le club, de rester à cette troisième place. Mais les matches sont tous serrés, nous ne devons pas oublier que dans certaines circonstances - contre Stuttgart, Hambourg, Fribourg notamment – la réussite avait été de notre côté. Mais je suis content, l’équipe a franchi un palier dans la maîtrise du jeu, la conservation du ballon, la mise hors de position adverse. Nous savons défendre, marquer des buts en contre, croire en notre jeu.

Quelle est la force de votre équipe?

Un bon collectif. L’équipe a appris à être solide dans plusieurs situations de jeu. Au cours de mes premiers mois à Mönchengladbach, en 2011, nous étions plutôt dans un style de contre-attaque, il fallait résister, faire des points pour se sauver. Ensuite, après le départ de quelques joueurs, nous avons construit l’équipe dans l’idée de faire du jeu. Après, le travail à l’entraînement est immense pour que nous puissions aborder toutes les situations de match avec confiance et savoir-faire collectif. Il faut aussi travailler sans cesse la technique individuelle. Chaque joueur, chaque jour, passe une vingtaine de minutes à affiner les bases techniques, la maîtrise de la balle. Tous nos entraînements, disons à 97%, se font avec le ballon.

Vous alignez les succès, vous devez être convoité par de grands clubs, non?

Je reçois des propositions, oui, ça ne date pas de maintenant. Mais je suis bien à Mönchengladbach, avec de bons dirigeants, une bonne équipe, un public magnifique - 53'000 personnes pour chaque match à domicile – et j’ai ici une qualité de vie qui me plaît. Je suis en lien direct avec la passion des Allemands pour le football. Dans les stades les prix sont très intéressants, très attractifs, notamment pour les familles. Juste un exemple pour situer l’engouement du public pour le jeu: notre deuxième équipe va jouer bientôt à Aix-la-Chapelle un match au sommet de la 4e division, il y aura 30'000 personnes. C’est comme ça. Le football est inscrit dans la vie sociale, toutes les générations viennent au match ensemble et il n’y a pas de problèmes de supporters. Vous savez, à la belle saison, il nous arrive de mettre plus d’une demi-heure à la fin de l’entraînement - souvent ouvert au public - pour rejoindre les vestiaires, parce qu’il y a des autographes à signer, des photos à faire. En été, il y a parfois plus de 2000 personnes à l’entraînement!

Cette passion oblige sans doute les équipes à faire du spectacle, à tout donner…

Oui. On ne peut pas quitter le terrain sans avoir au moins tout tenté. D’ailleurs, en deuxième partie du championnat, on a des matches qui proposent de gros scores, parce que les équipes partent à l’abordage, ne veulent pas avoir de regrets.

Un pays idéal pour être un entraîneur heureux?

Oui, même si je n’ai pas que le football dans la vie. Je m’intéresse à tout, à la politique, l’écologie, l’économie, à la vie qui m’entoure. Quand tu es entraîneur, tu ne dois pas oublier de vivre, autrement tu es enfermé dans la préparation, l’analyse des matches. Cela dit, je suis fou de football, de ce jeu, le ballon me guide, il est pour moi comme une drogue. Je ne peux pas en voir un sans le toucher, jongler, faire des passes. Je ne peux plus vraiment jouer, mais je peux m’amuser. Et je ne m’en lasse pas!

Un mot sur Yann Sommer et Granit Xhaka, les Suisses de l’équipe?

Sommer est un joueur magnifique. Je l’avais vu pour la première fois avec les moins de 21 ans à Aarau, la Suisse avait battu l’Espagne. Il avait été exceptionnel. Il sent le jeu, il est très rapide sur la ligne, il joue bien au pied. Il est très fort. Granit, lui, a fait beaucoup de progrès, il a beaucoup d’influence dans l’équipe, sur le jeu. Il a un gros potentiel devant lui pour améliorer son jeu de jambe, sa prise de balle. Un joueur incontournable. Il doit un peu se maîtriser mais ça va venir, il y a beaucoup d’émotions en lui.

Créé: 25.03.2015, 08h56

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