A Lugano, la Suisse veut retrouver le feu sacré

FootballLe stage de préparation à l’Euro a commencé. Tour d’horizon des nombreux chantiers, notamment avec Johan Djourou.

Gelson Fernandes et Johan Djourou sont à pied d’œuvre au Tessin.

Gelson Fernandes et Johan Djourou sont à pied d’œuvre au Tessin. Image: KEYSTONE/SAMUEL GOLAY

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Tout se noue déjà ici, peut-être. Lugano-la-charmeuse est sans doute une villégiature qui invite à la dolce vita, mais pour qui doit y préparer l’Euro, elle est aussi le lieu de toutes les pénitences. Pour cette équipe de Suisse qui a pris ses quartiers dans la belle Villa Sassa, tout s’accélère. Elle est entrée dans la réalité de la compétition et n’aura que quelques jours pour régler une multitude de détails.

Le stage existe pour cela; deux matches amicaux sont au programme pour des tests grandeur nature, dont celui de samedi au Stade de Genève contre la Belgique. Mais les chantiers sont nombreux, les questions diverses et les inquiétudes enflent sur le lit de ces deux défaites mortifiantes du mois de mars face à l’Irlande et la Bosnie-Herzégovine.

Au Tessin, il sera donc question du groupe et de cette force à retrouver, ce que Vladimir Petkovic appelle volontiers l’union sacrée. Petit tour de l’horizon helvétique.

Le gardien: pas de souci

Le seul secteur de jeu qui s’inscrit dans la lumière, sans la moindre zone d’ombre, c’est le poste de gardien de but. Yann Sommer est le No 1; le portier de Mönchengladbach est de plus suivi par Bürki, Hitz et Mvogo. Autant de valeurs sûres en cas de pépin. Pas d’inquiétude, la Suisse est fidèle à ses habitudes, elle a toujours un bon gardien.

La défense: aïe!

A la lumière des errements aperçus en mars en Irlande et contre la Bosnie-Herzégovine, ce secteur de jeu – surtout l’axe – a toutes les raisons d’inquiéter. Privés de Djourou à l’époque, Klose et Schär ont pris l’eau de toutes parts. Depuis, Klose n’est plus là, Senderos souffre d’une petite élongation et Elvedi n’a toujours pas été testé. Heureusement, Johan Djourou est de retour. Le vrai patron, pour autant qu’il soit en forme. Car le défenseur genevois se remet d’une vilaine mononucléose.

«Les premiers signes sont apparus en septembre, explique Djourou. Après la pause hivernale, je n’y arrivais plus, j’étais très fatigué. Ce sont les examens poussés, à Hambourg, qui ont décelé la mononucléose. J’étais tombé très bas; depuis je me suis soigné et je suis de retour à 90%, je dirais.»

Le Genevois aura le stage pour grappiller les 10% qui restent. Ce qu’il a vu en mars? «Peut-être manquait-il de l’émotion, de la «grinta». L’Irlande était loin d’être flamboyante, mais elle faisait preuve de cette «grinta», de cette envie.» Inquiet par conséquent? «Non, tranche-t-il. Parce que le potentiel de cette équipe est énorme. Parce que nous allons nous réunir. Il y a des leaders dans cette sélection, de Lichtsteiner à Behrami en passant par Xhaka, Shaqiri, moi ou d’autres encore. Certains ont parlé de clans? On n’écoute même pas. Des groupes, il y en a toujours dans une sélection, cela s’appelle des affinités. Après, c’est sur le terrain qu’il faut jouer ensemble. Et nous allons faire le nécessaire pour que cela soit le cas.»

Milieu et attaque: l’énigme

Au milieu, l’énigme concerne le système choisi par Petkovic: le plus souvent un 4-3-3, qui se mue en 4-1-4-1 sans le ballon. Il a traversé les qualifications avec trois demis défensifs, dont Inler ne fait plus partie. Il faudra un Xhaka étincelant pour le premier relais et des soutiens proches, ainsi que sur les couloirs pour les plus offensifs. Mais il faudra surtout trouver un buteur dans l’axe. Avec Drmic blessé, la Suisse doit compter sur le jeune Embolo, ou alors se reporter sur Seferovic, pourtant peu en forme, voire sur un Derdiyok jamais efficace en sélection (sauf une fois en amical contre l’Allemagne). C’est maigre pour l’instant. A se demander si Petkovic n’a pas rappelé Fabian Frei (alors libero de la défense comme il l’a déjà fait pour Bâle à l’époque dans ce schéma) pour tenter un 3-5-2 qui pourrait solutionner bien des problèmes, pour une sélection qui peine tant à marquer.

La Suisse en est là aujourd’hui. Elle doit retrouver confiance, surtout. «C’est pour cela qu’il faut se comporter en groupe solidaire, tout de suite, dès les premiers moments de ce stage, assure Djourou. OK, il y a eu des soucis sur le terrain en mars. Mais il y avait des absents et au fond, je préfère que cela arrive en mars qu’à l’Euro. Parce que maintenant nous allons pouvoir analyser les choses, bosser et être prêts pour ce premier match du 11 juin contre l’Albanie.»

Un match bien spécial. qui pourrait déterminer bien des choses pour cette sélection helvétique.

Créé: 23.05.2016, 09h36

Articles en relation

Cristiano Ronaldo peut-il porter le Portugal à lui seul?

Euro J-18 L’analyse de Joao Alves. Plus...

Qui va gagner l'Euro?

Euro 2016 Un grand concours de pronostics vous fera gagner une TV Samsung, des iPads et d’autres cadeaux, dès aujourd’hui gratuitement sur notre site Plus...

«Petko» fait le ménage et teste le Genevois Zakaria

Football La préliste de l’Euro est claire: le coach n’entend pas se frotter à des cas complexes. Mais iI tient à donner sa chance à l’ex-Grenat. Plus...

Le poste de latéral est-il celui qui a le plus évolué depuis 20 ans?

Euro J -29 Marco Schällibaum livre son analyse. Plus...

Petkovic réclame l’union sacrée à un mois de l’Euro

Football Le sélectionneur de l’équipe de Suisse a lancé une opération de charme. Peut-être pour mieux dissimuler les inquiétudes que sa formation lui inspire depuis le début de l’année. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.