Pourquoi Luis Pereira relance la bisbille avec le Stade Nyonnais

FootballL'ancien manager du club remet un gros litige financier sur le tapis. Et réactive le spectre d'une faillite.

Vartan Sirmakes (en bleu) et Luis Pereira (à droite) entourés de Michel Tachet et de Michel Lapaire. C'était le 12 août 2015, le temps des jours heureux pour le nouveau comité du Stade Nyonnais.

Vartan Sirmakes (en bleu) et Luis Pereira (à droite) entourés de Michel Tachet et de Michel Lapaire. C'était le 12 août 2015, le temps des jours heureux pour le nouveau comité du Stade Nyonnais. Image: Vanessa Cardoso

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Luis Pereira réclame 301'000 francs au deuxième de Promotion League. «Soit le montant que j’ai engagé dans le club», affirme l’ex-manager du Stade Nyonnais, qui a pris la porte le 29 septembre 2016. Il avait posé ses valises à Colovray une année plus tôt, plus exactement le 12 août 2015. Varujan Symonov, bras droit du président Vartan Sirmakes, et Stéphane Guex, figure emblématique des Stadistes et membre du comité directeur, contestent. Mezzo voce, ils parlent de mauvaise blague.

Le nom de Luis Pereira, ancien joueur du CS Chênois, de Recreativo Huelva et de Celta Vigo, patron de plusieurs sociétés à Genève, dont certaines sont liées au football, apparaît dans plusieurs dossiers. Notamment celui d’Évian-Thonon-Gaillard lorsqu’il s’était agi, en juin 2016, d’augmenter le capital via un investissement de 5 millions d’euros. Au début des années 2000, c’est à son initiative et à celle de son agence Impera que le Barça prenait ses quartiers, fin juillet, à Prangins, à la Barcarolle, pour un stage de préparation.

Dès août 2011, son nom a aussi été lié à celui de Bulat Chagaev. À l’origine de la venue de Joaquin Caparros à Xamax, Luis Pereira a servi d’intermédiaire pour les transferts de Kalu Uche et de Javier Arizmendi. On lui prête aussi des contacts, directs ou indirects, avec Servette à l’époque où les «grenat» étaient dirigés par Marc Roger.

Pourquoi la bisbille entre Luis Pereira et le Stade Nyonnais revient-elle maintenant sur le tapis? «Parce que le procureur a classé l’enquête me concernant le 8 janvier et que je veux récupérer mon argent», explique le premier nommé. En octobre 2016, le club avait déposé une plainte pénale à son encontre pour abus de confiance, escroquerie, gestion déloyale et faux dans les titres.

«Il veut nuire au club»

«Parce que l’attribution de la licence est imminente (ndlr: les clubs seront fixés sur leur sort en première instance le 23 avril) et qu’il veut nuire au club, réplique Varujan Symonov. C’est Pereira qui doit de l’argent au club, plus précisément 600'000 francs, soit le montant du transfert de Federico Varela à Porto. Pereira est venu à Nyon pour son seul profit.»

Parallèlement, le club nyonnais est contraint de composer avec le passé, comprenez avec l’héritage du passé. Des dossiers restent ainsi en suspens. Notamment le cas de Diego Sessolo. L’ancien directeur technique réclame 310'000 francs aux «jaune et noir». Le club de première ligue traîne aussi comme un boulet des arriérés d’assurance (LAA) à hauteur de quelque 200'000 francs.

Luis Pereira a, par ailleurs, assuré à Footvaud.ch qu’à l’automne 2014 Philippe Mortgé, le président d’alors, lui avait proposé de racheter le Stade Nyonnais. À en croire Pereira, il avait refusé car le club était endetté et menacé de faillite. Aujourd’hui, il tonne: «Ce n’est pas eux (ndlr: Sirmakes, Simonov, Guex) qui ont sauvé le Stade Nyonnais, c’est moi. Voilà pourquoi je contre-attaque. J’irai jusqu’au bout.»

Stéphane Guex est dubitatif. «L’enquête à son sujet peut être rouverte. S’il le faut, on ira devant le Tribunal arbitral du sport.» Symonov soutient que Pereira ne peut pas prouver ses dires. «L’affaire remonte à trois ans. S’il y avait des éléments sérieux, il y aurait déjà eu des prolongements, non?»

Luis Pereira a envoyé deux courriers, l’un à l’attention du syndic de Nyon, Daniel Rossellat, l’autre à l’ASF, dans lesquels il fustige le comportement et la gestion des dirigeants du Stade Nyonnais. Sa diatribe verse dans l’excès. Cette outrance confuse le dessert.

Et pourtant… Pourtant, son entourage assure que l’histoire est à bout touchant. Le Tribunal d’arrondissement de La Côte aurait décidé la mise en faillite du club le 25 mai. Ledit tribunal n’est pas autorisé à infirmer ou à confirmer la nouvelle. Le suspense se prolonge. Qui croire? Que comprendre? (nxp)

Créé: 15.04.2018, 19h31

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