Guillermo Fayed, l'éclosion tardive d'un bon vivant

Ski alpinLa victoire semble tendre les bras au Français de 30 ans. 2e à Val Gardena, il a des vues sur le Lauberhorn.

Guillermo Fayed n’est plus vraiment très loin du septième ciel.

Guillermo Fayed n’est plus vraiment très loin du septième ciel. Image: AP

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L’échelle est haute mais il grimpe! Quatrième à Lake Louise, troisième à Beaver Creek puis surtout deuxième à Val Gardena, Guillermo Fayed n’est plus vraiment très loin du septième ciel, de cette victoire qui lui tend les bras. Le Français (30 ans), qui était déjà monté à deux reprises sur des podiums la saison dernière (2e à Lake Louise et 3e à Kitzbühel), tourne autour depuis douze mois, après avoir acquis cette constance qui fait de lui un super-descendeur. Il a failli toutefois ne jamais se retrouver dans la peau d’un favori, de jouer la gagne samedi à Wengen.

«Il y a trois ans, il voulait arrêter le ski, rappelle son ancien entraîneur Patrice Morisod. Mais il s’est rendu compte que la vie à côté était plus difficile, alors il a commencé à s’entraîner comme les cadors. Cela a toujours été un talent mais il n’avait pas vraiment conscience de ses capacités. Aujourd’hui il a compris. Mais quand il m’a appelé la première fois pour me demander de revenir, je lui ai dit que cela ne valait pas la peine s’il ne perdait pas au moins dix kilos. Cela a été le déclic…» Ce bon vivant, qui habite à Lloret de Mar, en Catalogne, a pris conscience qu’il devait bosser pour atteindre ce haut niveau qui est le sien aujourd’hui.

«Je suis quelqu’un qui est sorti tard, qui n’a pas eu beaucoup de réussite dans sa carrière jusqu’à l’année dernière et qui a envie de skier encore un peu…» Septième hier du premier entraînement, à 1’’09 du divin et impressionnant Aksel Lund Svindal, le Chamoniard (6e ici l’an passé) est prêt à aller chasser le Norvégien sur cette piste de l’Oberland qu’il affectionne. «Ce sera beau le jour où je serai devant, mais pour l’instant mon but est surtout de monter le plus régulièrement possible sur la boîte, sourit-il. A Wengen, c’est l’une des plus belles descentes du circuit, avec des passages mythiques. Sur cette piste aussi longue, il est agréable de skier, mais ce n’est pas évident de prévoir un gros résultat, dans la mesure où on peut perdre du temps à de nombreux endroits…»

Guillermo Fayed, qu’est-ce que Aksel Lund Svindal vous inspire?

Ce n’est pas n’importe qui, il suffit de regarder son palmarès. Mais tout lui a réussi jusqu’à maintenant. Or là, il y a un gros mois de janvier où il va falloir essayer de lui mettre des bâtons dans les roues. Essayer du moins. Comme il a déjà plus de 100 points d’avance sur moi au général de la descente, le but est de tenter de ne pas le laisser partir trop facilement. De le faire trembler, ce serait déjà une belle victoire cette année…

Il s’agit de votre deuxième saison parmi les meilleurs. Vous ne regrettez donc pas d’avoir continué ou on se trompe?

Il y a eu un ras-le-bol du ski. J’étais un peu à la recherche du résultat qui n’est jamais arrivé. C’était vraiment dur à gérer. Une fois que j’ai accepté de ne pas me focaliser sur le podium, cela a marché. Cela aurait été stupide d’arrêter sur un coup de tête. J’aime trop la descente. Je ne le regrette pas aujourd’hui. Il me reste de belles années…

Luc Alphand, votre idole de jeunesse, avait aussi 29 ans quand il a explosé…

Mais lui, il a vraiment explosé!

Avez-vous l’impression de vivre une seconde vie?

Je dirais plutôt une seconde carrière car il n’y a pas que le ski dans la vie, que j’espère encore longue. J’ai mis un peu de côté des erreurs de jeunesse et je redécouvre le plaisir de skier. J’ai une autre mentalité et une autre approche. Pour l’instant, cela me convient bien.

Quel est votre rapport avec la Suisse?

C’est déjà un pays frontalier et pour nous, au niveau du ski, une très grosse équipe. Je me souviens des années Didier Cuche. Quand on courait contre lui, on l’appelait «le Professeur». On a passé beaucoup d’heures de vidéo à décortiquer ses descentes, car techniquement et au niveau de l’engagement il était parfait.

A part le ski, c’est quoi votre passion?

Je suis un grand passionné de tennis, de toutes les activités nautiques à la mer et depuis peu de paddle-tennis. Il s’agit d’un sport qui vient d’Argentine et qui mélange le tennis et le squash. Cela se joue à deux contre deux. C’est à la mode.

C’est quoi votre produit dopant?

L’Espagne et la paella…

Durant une journée, par curiosité, vous aimeriez vous retrouver dans la peau de qui?

Dans celle de Monsieur Tout-le-monde qui a ses habitudes et son petit train-train. Nous, les skieurs, avons un rythme de vie, avec hôtels, voyages, restaurants, qui nous fatigue beaucoup. Pour nous, le luxe, c’est de manger à la maison. On s’en lasse vite de cette vie-là, le non-contrôle de l’alimentation avec des menus imposés: deux cents jours par an, c’est long.

Si vous pouviez faire marche arrière?

Je changerais mon caractère. Jeune, c’était tout ou rien, ce qui m’a porté préjudice dans ma carrière. Je m’enterrais très profond quand ça n’allait pas au lieu d’attendre un jour que ça aille mieux…

Donnez-nous trois bonnes raisons de croire en vous pour une victoire samedi à Wengen.

La régularité, l’envie et… encore l’envie.


Défago ouvrira le bal

Quand il a franchi la ligne d’arrivée, son premier réflexe n’a pas été de tourner la tête en direction du tableau d’affichage. Didier Défago n’est plus en piste pour chercher un temps, un résultat, comme en 2009, lorsqu’il avait épinglé cette classique à son palmarès. Le Valaisan, qui a tiré sa révérence au terme de la saison dernière, a bien dévalé le Lauberhorn jeudi matin. Mais plus dans la peau d’un compétiteur. Aujourd’hui, le Morginois, responsable des remontées mécaniques dans sa station de Morgins, s’est contenté d’un rôle d’ouvreur. «C’est sympa de revenir à Wengen, mais je ne suis pas ici pour prendre des risques et me mettre au tapis, sourit le champion olympique de Vancouver. Mon but est de faire la trace pour les autres. Je me suis toutefois fait plaisir sur certains passages sur une piste bien préparée. Espérons que la météo ne joue pas de mauvais tour ces prochains jours…»

Avec les tests qu’il a effectués avec son ancienne marque de skis, Didier Défago s’est présenté au départ bien affûté. «Il me manque tout de même des kilomètres sur ce genre de tracé où ça tape un peu, pour le reste si je suis un peu en retrait physiquement, mon niveau me permet de faire cette descente.»

Le Valaisan de 38 ans ne cache pas que la compétition le démange encore un peu, avant de préciser qu’il ne reviendra pas sur sa décision: «Cela fait quelques semaines déjà que je suis convaincu d’avoir fait le bon choix. J’aime bien ce que je fais maintenant et je suis très motivé…» Dans son agenda bien rempli, il y a bientôt un voyage en Corée avec Bernhard Russi pour la construction de la piste des prochains Jeux olympiques… C.MA.

Créé: 14.01.2016, 21h23

Janka favori

Vainqueur à deux reprises de cette épreuve (2009 et 2015), mais également deux fois deuxième (2010, 2011) et une fois troisième (2013), Carlo Janka sera ce vendredi l’un des grands favoris du super-combiné de Wengen.
«Mais il y a d’autres candidats, la liste est longue», lâche le coureur grison. Vainqueur en 2013 et deuxième en 2014, Alexis Pinturault sera en effet un des prétendants, tout comme Ted Ligety (victorieux en 2014), Victor Muffat (2e l’an passé), Ivica Kostelic (lauréat en 2011 et 2012, 2e en 2013 et 3e en 2015), sans oublier le spécialiste Natko Zrncic, 3e en 2014. Comme lors de l’entraînement, le départ de la descente (10h30) sera donné juste au-dessus de la Hundschopf. Le slalom suivra à 14 heures.

Programme.

Aujourd’hui
Super-combiné (10.30/14.00).

Samedi Descente (12.30).

Dimanche Slalom (10.30/13.30).

C.MA

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