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Marie et Marinette étaient faites pour s’entendre

Les deux Vaudoises font équipe sur le Tour du Mont-Blanc à VTT électrique alors qu’elles ne se connaissaient pas deux jours avant.

Marie (à g.) et sa coéquipière Marinette se sont encouragées avant le départ.
Marie (à g.) et sa coéquipière Marinette se sont encouragées avant le départ.
DR

Qu’est-ce qui fait un bon duo? L’humour de Laurel et Hardy? L’habitude de Mirka et Roger? La complicité de Chouchou et Loulou? Marie et Marinette, elles, ne pouvaient compter que sur leurs quatre premières lettres en commun pour que la magie opère, mercredi au départ de la première étape du Tour du Mont-Blanc, une course terrible de VTT à assistance électrique (lire l’encadré). Parce que les deux jeunes femmes ne s’étaient jamais vues avant mardi, veille du départ.

Elles ont longtemps cherché une coéquipière, chacune de leur côté, avant d’être mises en relation par un membre du Verbier E-Bike Festival. «Marie et Marinette», ça sonnait sacrément bien pour un duo improvisé. Mais ça ne suffisait pas à faire une équipe redoutable sur le terrain. Il fallait encore trouver des moyens de s’entendre, des points communs entre la spécialiste de montée (Marinette) et celle de descente, la mère de trois enfants et celle qui n’en a pas, la Scorpion et la Verseau. Chacune a très vite cherché chez l’autre de quoi alimenter ce rêve en commun. «On a discuté ensemble par téléphone. À sa voix, Marie a l’air très sympa. On sent qu’elle est déterminée, tout en étant très fair-play, très correcte», témoignait Marinette quelques heures avant de découvrir le visage de sa partenaire. Marie en avait déjà une idée assez précise. «J’ai été sur le compte Instagram de Marinette pour voir à quoi elle ressemblait. Elle a clairement un physique de sportive. Elle a un joli visage, de bonnes joues tout comme moi.»

Il y avait de l’impatience des deux côtés, la même ambition, aussi, de finir la course, peu importe le chrono. Pour y arriver, Marie comptait sur la «communication». «Ce sera le mot-clé pour que notre duo soit performant.» La vététiste a toujours vécu en colocation, parfois dans de grands appartements, et la perspective de partager son épopée à vélo la réjouissait plus que le contraire. Marinette présentait un profil pas moins doux ni moins avenant. «Avoir trouvé quelqu’un pour faire la course, c’est un sacré cadeau. Je vais faire tout mon possible pour que tout se passe bien.» Elle soulignait la nécessité, pour elle-même comme pour sa coéquipière, de bien s’observer. «Ceux qui roulent toute l’année en duo savent comment l’autre réagit. Ce ne sera pas notre cas. On devra être à l’écoute de l’autre, être attentive à ses ressentis.»

Elles ont roulé 12h45

Ces promesses d’engagement et de bonne volonté, bien sûr, ne disaient pas tout de ce qu’allait être la course, leur course. Les deux Vaudoises allaient devoir gérer ensemble la fatigue, les humeurs changeantes, la frustration des mauvais choix, des fautes de trajectoire ou des ennuis mécaniques. La question allait forcément se poser, une fois au moins: ce qu’on pardonne à un ami, peut-on le pardonner à une inconnue?

Marie et Marinette sont parties au-delà de grandes incertitudes, et même de celles qu’on ne soupçonne pas toujours, comme la gestion de l’assistance électrique. Puisque chaque coureur a le droit d’utiliser quatre batteries de 500 watts/heure par jour de course, il apparaît essentiel que les membres de chaque équipe sollicitent l’assistance électrique dans des proportions équivalentes, cela pour éviter que l’un des deux ne se retrouve sans moteur avant l’arrivée, et ne ralentisse l’autre.

Toutes ces incertitudes flottaient comme des nuages menaçants au départ de la première étape, mercredi matin à Verbier. Pas seulement sur le duo vaudois, mais Marie et Marinette ont fait partie des équipages qui ont mis le plus de temps à les chasser. Elles ont roulé durant près de 12 heures 45 (les meilleurs ont mis 6 heures) pour franchir les 101 km entre Verbier et Courmayeur (5350 m de dénivelé positif), ce qui veut dire qu’elles ont beaucoup souffert, et qu’elles souffriront encore. Cette course est donc faite pour leur plaire. Parce que les deux femmes sont plutôt du genre à aimer les défis, et parce que les défis de ce genre sont des terreaux fertiles à des amitiés aux racines fortes et bien ancrées.

Ce qui fait un bon duo, finalement, c’est peut-être la solidarité.

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