Au Masters, Federer reste la star, mais un trio fait maintenant jaser

TennisBien que la présence du Bâlois suffise à régaler les fans, un trio d’absents revient dans les discussions après le forfait de Nadal.

Stan Wawrinka (à g.), Andy Murray (en haut) et Novak Djokovic soignent les (gros) bobos qui les handicapent depuis l’été. Seront-ils de retour sur les courts en janvier? Les nouvelles ne sont pas toutes rassurantes…

Stan Wawrinka (à g.), Andy Murray (en haut) et Novak Djokovic soignent les (gros) bobos qui les handicapent depuis l’été. Seront-ils de retour sur les courts en janvier? Les nouvelles ne sont pas toutes rassurantes… Image: KEYSTONE

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Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Cette situation de vide, de repères oubliés, le Masters l’a connue l’an dernier avec l’absence de Roger Federer. L’écume de la Tamise charriait alors les meilleurs joueurs du monde vers l’O2 Arena, mais il manquait le sel du jeu. Parce qu’en l’occurrence, c’était le hêtre du circuit ATP, ce tennisman aussi majestueux qu’irremplaçable, qui faisait défaut au plateau. Douze mois plus tard, l’icône est là et même délestée de Rafael Nadal, qui a préféré se retirer pour de bon lundi après avoir lui aussi été absent en 2016. L’affiche reste belle, les acquis étant préservés par l’homme aux 19 titres du Grand Chelem. Mais lorsque celui-ci ne joue pas, l’écho des balles ne renvoie pas vers les visages des «jeunes loups» Grigor Dimitrov et Cie, mais bien vers l’identité des absents de cette édition 2017.

Physiquement incapables de se pointer à Londres, Andy Murray (tenant du titre), Novak Djokovic et Stan Wawrinka sont restés à l’ombre pour soigner les (gros) bobos qui les handicapent depuis l’été. Le tennis a appris à composer sans eux et s’est même réjoui de voir débouler Alexander Zverev ou David Goffin chez les «Maîtres», mais cela ne signifie pas que le grand monde les a oubliés. Non, c’est même tout le contraire, puisque l’excitation de la nouvelle saison, en janvier en Australie, se verra décuplée par les retours au boulot des deux «Big Four» et du «cinquième élément». Enfin, devrait se voir décuplée, puisqu’en marge de ce Masters, leurs nouvelles ne sont pas toutes rassurantes.

Murray et les mauvais augures

Andrew Castle a fait trembler les lieux ces dernières heures. Désormais journaliste, l’ancien No 1 britannique a osé donner son avis sur la démarche d’Andy Murray, qu’il a épié de près la semaine passée lors de son exhibition contre Roger Federer. Et son coup d’œil n’augure rien de bon. «À mes yeux, sa hanche n’est clairement pas en bon état, a lancé celui qui s’y connaît en la matière pour avoir lui-même subi une arthroplastie en 2013. Andy apparaît clairement mal à l’aise dans la manière dont il change de direction, dans la façon dont il bouge. Ses mouvements ne sont pas fluides. Après quatre mois sans l’avoir vu, j’ai été découragé de le retrouver aussi mal en point.»

«Ma rééducation se passe plutôt bien, mais il faut prendre chaque semaine comme elle vient»

Inutile de dire que la sentence a fait frissonner la Grande-Bretagne, qui se demande si son joyau reviendra un jour à son meilleur niveau. Murray, qui a repris la raquette il y a moins d’un mois, se veut optimiste, affirmant être sur le retour «mais peut-être pas dans les temps pour l’Open d’Australie». Et de préciser: «Ma rééducation se passe plutôt bien, mais il faut prendre chaque semaine comme elle vient. Il y a une différence entre pouvoir s’entraîner à 75-80% et être à 100% durant deux heures et demie…»

L’énigme Djokovic

Comme Murray, Novak Djokovic vient d’avoir un deuxième enfant. Mais si la paternité donne des ailes, le Serbe ne vole pas sur le court. Pis, il n’a pas encore récupéré sa raquette pour filer sur les terrains d’entraînement. Victime d’une fracture du coude cet été après en avoir déjà subi une au «cerveau» en dilapidant toute sa confiance depuis sa quête de Roland-Garros 2016, l’ex-No 1 mondial est sorti du top 10 ATP pour la première fois de la décennie. Et si Andre Agassi jure qu’il parviendra à le remettre d’aplomb l’an prochain, rien n’indique que «Nole» – censé renouer avec la compétition à Abu Dhabi le 26 décembre – puisse inverser la tendance négative qui s’est greffée dans son cordage. Certes, à 30 ans, il peut encore rebondir (et plutôt trois fois qu’une), mais lui qui a clairement verrouillé sa communication laisse ouverte la fenêtre à toutes les interrogations. Dont les pires, évidemment, après son annus horribilis 2017.

Wawrinka relancé, a priori

Des trois grands absents du plateau londonien de cette semaine, Stan Wawrinka est semble-t-il le mieux installé sur la route tortueuse du retour. Bien sûr, le Vaudois vient à peine de livrer ses premières pleines sessions d’entraînement et il se doit de rester encore prudent, mais si l’on compare son actualité à celle de ses deux cadets, il s’en sort à merveille. Débarrassé de ses douleurs au genou gauche, il semble dans les temps pour assurer sa participation à l’exhibition d’Abu Dhabi (28-30 décembre). Bien entouré par Yannick Fattebert et Pierre Paganini, «Stanimal» aiguise ses griffes. Preuve de son retour vers le «beau»: il s’est montré dans des soirées caritatives en attendant de se livrer à nouveau à la presse (dans quelques jours?). Le gros coup qu’il a pris derrière la tête avec le départ soudain de son coach Magnus Norman n’est peut-être pas totalement digéré, mais le temps fera l’affaire.

Un seul être lui manque, mais tout n’est pas dépeuplé dans l’horizon de l’ancien No 3 mondial. Qui espère bien, l’an prochain, rallier l’O2 Arena avec les «meilleurs vieux». (24 heures)

Créé: 15.11.2017, 07h55

Pablo Carreño Busta face à la chance de sa vie

Le forfait de Rafael Nadal lui a permis d’enfoncer une porte derrière laquelle il n’aurait jamais imaginé pouvoir aller jeter un œil. No 10 mondial, Pablo Carreño Busta (26 ans) découvrira ce mercredi soir le Masters. Un «truc» improbable pour lui qui, voici douze mois à peine, effectuait sa première incursion dans le top 30 ATP. Si, à l’époque, quelqu’un lui avait soufflé qu’il serait présent à l’O2 Arena à la fin de la saison 2017, l’enfant de Gijón aurait pris l’interlocuteur pour un dingue. Jamais en effet il n’avait envisagé d’être honoré comme un «Maître»! Seulement voilà, si quelques absences ont débroussaillé la route menant à Londres, l’intéressé a aussi manié la raquette de la meilleure des façons pour s’ouvrir le chemin vers les paillettes britanniques.

C’est en Grand Chelem, par la grâce d’un quart de finale à Roland-Garros et surtout d’une demie à l’US Open, que «PBC» a engrangé une grande partie des points nécessaires à le placer en premier remplaçant londonien. Pas maladroit non plus sur les autres tournois – vainqueur à Estoril, finaliste à Rio de Janeiro, demi-finaliste à Buenos Aires, São Paulo et Indian Wells… – il s’exposera en mondovision contre Dominic Thiem. Avec le droit d’espérer se hisser en demi-finales, même avec un match de moins dans les «pattes»!

Il y a dix jours encore, au sortir de sa défaite d’entrée à Bercy contre Nicolas Mahut, Carreño Busta pensait avoir laissé filer la chance de sa vie de disputer le Masters. Or la décomposition du tableau parisien et le forfait de Nadal ont fini par le gâter. «C’est juste incroyable d’être là, sourit-il. Certes, j’ai bénéficié de circonstances favorables, mais je le dois aussi au fait d’avoir signé la plus belle saison de ma carrière. Je n’ai pas volé ma place.»

Conscient de faire partie aux yeux du grand public de ces joueurs dont on connaît le nom sans vraiment connaître le visage, «PBC» ne veut pas manquer son entrée dans la grande lumière. «Je vais aller sur le court et donner tout ce que j’ai», jure-t-il, heureux d’être remis de ses petits pépins physiques de fin de saison.

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