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Maude Mathys: «Je m'entraîne parfois quand les enfants dorment encore»

La championne d’Europe de course de montagne visera au moins une médaille aux Mondiaux dimanche.

Sur les hauts d’Ollon, Maude Mathys (30 ans) doit jongler entre vie de famille et entraînements.
Sur les hauts d’Ollon, Maude Mathys (30 ans) doit jongler entre vie de famille et entraînements.
CHANTAL DERVEY

«Je me suis retournée. J’ai vu que les autres ne suivaient pas. Je me suis dit: «Maude, tu es championne d’Europe!» Je n’arrivais pas à y croire.» Depuis, Maude Mathys a réalisé la portée de sa performance. Le 8 juillet dernier, en Slovénie, personne n’a pu retenir la coureuse d’Ollon; pas même l’Autrichienne Andrea Mayr (sextuple championne du monde), reléguée à la troisième place, à plus de deux minutes.

Une fois la ligne d’arrivée franchie, les bras levés vers le ciel, Maude Mathys a rejoint sa petite famille pour savourer. Son mari et ses deux enfants (Charlotte, 6 ans, et Timothée, 10 mois) avaient fait le voyage pour soutenir leur championne. «Leur offrir cette médaille d’or, c’était aussi un moyen de montrer que tous ces sacrifices paient.»

Une grossesse bénéfique

En 2012, cette infirmière avait mis sa carrière entre parenthèses pour allier vie de famille et sport de haut niveau. «Souvent, les femmes se consacrent au sport d’abord et fondent une famille ensuite. J’avais envie d’avoir des enfants jeune. D’une certaine manière, je prouve qu’il est possible d’allier famille et résultats.»

Avec la naissance de son deuxième enfant en septembre, l’algorithme est devenu encore un peu plus complexe. «Tout est minuté, explique-t-elle. Je m’entraîne parfois à l’aube, de 5 à 6 heures du matin, quand mes enfants dorment encore. Quand je mets le petit au lit le soir, mes baskets et ma gourde sont déjà prêtes.»

Paradoxalement, cette seconde grossesse a permis à Maude Mathys de franchir un palier sur le plan sportif. «Je me suis entraînée presque jusqu’à l’accouchement, plaisante-t-elle. J’ai forcément pris du poids pendant ces neufs mois mais j’ai couru avec. Après la naissance, j’avais l’impression de voler.»

Cet heureux événement a aussi fait écho au moment le plus sombre de la carrière de la Vaudoise. En mars 2015, cette dernière avait été contrôlée positive au clomifène, un stimulant hormonal présent dans un traitement pris pour favoriser une grossesse. «Au début, j’étais persuadée que c’était une erreur, se remémore-t-elle. J’ai mis plusieurs jours à comprendre. J’avais fait une erreur en croyant que ce médicament était autorisé par Antidoping Suisse.»

Swiss Olympic avait finalement relaxé l’athlète, au terme d’une procédure d’un an, tout en lui retirant ses résultats durant la période du traitement.

Mais cette affaire a marqué Maude Mathys. «Aux championnats d’Europe, une concurrente a refusé de me serrer la main à cause de ça. Ça fait mal. Je ne pensais pas que cette affaire allait autant tacher mon image. Je ne vais pas me voiler la face: encore aujourd’hui, des gens pensent que je suis dopée. A moi de passer au-dessus. Je sais ce que je vaux, que je m’entraîne dur pour y arriver et que je suis 100% propre.»

Cette année, la mère de famille a survolé toutes les courses. Championne de Suisse à Val-d’Illiez fin mai, la Boyarde a pulvérisé de plus de six minutes le record de Montreux - Les Rochers-de-Naye au début du mois. Une performance réalisée six jours seulement avant son titre continental.

Aux JO sur le marathon?

Après les Européens, Maude Mathys espère briller sur la scène mondiale. Vendredi, elle a mis le cap sur Premana, dans les Alpes italiennes, où elle disputera, dimanche, ses deuxièmes championnats du monde courte distance. «J’espère décrocher une médaille, avance-t-elle. Certains me parlent déjà de l’or, mais ça me paraît impossible.» En Lombardie, la Chablaisienne devra dompter un parcours de 13 kilomètres (deux boucles de 6,5 kilomètres). «Si c’est technique, je pourrai peut-être faire la différence dans la descente, se projette-t-elle. Sinon, ça va être compliqué face aux Africaines.»

«J’espère décrocher une médaille. Certains me parlent déjà de l’or, mais ça me paraît impossible»

Après cette saison, Maude Mathys, qui avait aussi battu le record de la Patrouille des Glaciers en 2014 avec son équipe, ne sait pas encore si elle rechaussera ses lattes. La Vaudoise rêve des Jeux olympiques sur le marathon. Elle décidera cet automne si elle troque les sommets pour cette distance mythique sur l’asphalte.

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