Max Wallenberg, nouvelle pépite de la voile suisse

VoileSacré champion du monde d’Optimist au Portugal, le Genevois de 14 ans a été accueilli en héros ce lundi soir à Cointrin.

Au Portugal, le jeune Genevois Max Wallenberg, 14 ans, a réalisé un superbe exploit en décrochant le titre de champion du monde d’Optimist.

Au Portugal, le jeune Genevois Max Wallenberg, 14 ans, a réalisé un superbe exploit en décrochant le titre de champion du monde d’Optimist. Image: MATIAS CAPIZZANO

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Il en rêvait le soir. Quand son lit se mettait à tanguer. Il tenait bon la barre avant de s’endormir. Enfant de la voile, Max Wallenberg a été emporté par la foule hier soir à l’aéroport de Cointrin… Quand la porte verte s’ouvre, ses yeux s’illuminent. Il y a sa famille. Sa maman, Malin, d’origine suédoise, et sa sœur Julia l’enlacent. Il y a aussi les potes du Sailing team, de nombreux membres de la Nautique, des fans de voile et même les autorités du canton, représentées par Anne Emery-Torracinta. «Il fallait venir saluer ce jeune talent issu des clubs du canton, dit-elle. Et je crois qu’il a réalisé un immense exploit.»

Il y a aussi des cloches, des drapeaux, des sourires, des cris. Quelques larmes, aussi. Le voilà, le champion du monde d’Optimist. «C’est quelque chose de fabuleux, dit-il. Depuis vendredi, j’y pense sans arrêt. Je crois bien que j’y penserai toute ma vie.»

Quelques instants plus tôt, dans le Pilatus qui ramenait toute l’équipe de Suisse à Genève, il ne se doutait pas encore de cet accueil royal. Avec une bonne grosse centaine de supporters qui ont réveillé la halle des arrivées. Le regard tourné vers un hublot, il a forcément jeté un coup d’œil sur ce lac où il a grandi. Coucher de soleil sur le Jura, décor somptueux. Peut-être même a-t-il aperçu ce ponton de la Nautique sur lequel il a grandi avec ses copains du Sailing Team, Arnaud Grange et Adrian Surocca?

Comme l’Orange Bowl en tennis

A 14 ans, Max Wallenberg a décroché le plus beau des titres de voile chez les juniors. L’avenir dira s’il deviendra un grand marin professionnel. Mais une chose est certaine, cette performance est majuscule. «C’est comme quand un junior gagne l’Orange Bowl en tennis», explique Nicolas Grange, le skipper du D35 Okalys et dont le fils Arnaud est un coéquipier du néo-champion du monde. Tous les cadors de la voile internationale ont usé leur premier ciré sur un Optimist. Peu ont eu les honneurs d’un titre mondial sur ce drôle de bateau né en 1947. «C’est donc plutôt un bon signe pour son avenir, sourit Michael, son papa, lui-même régatier éclairé (notamment en M2). Il m’a fait part récemment de son ambition de devenir marin professionnel. Je le soutiens dans sa démarche. Avec un mot d’ordre, cependant: faire les choses à fond sans perdre de vue le plaisir. A chaque fois qu’il part faire une régate, quand je lui parle au téléphone, je lui demande comment étaient les conditions, s’il y avait du vent. Jamais je ne lui demande son résultat. Il n’a que 14 ans et le plaisir doit primer sur tout.»

Enfant intelligent, vif, «parfois difficile, c’est vrai», dit son papa avec tendresse, Max pourrait être classé par paresse dans la catégorie des hyperactifs. Mais le raccourci est toujours simpliste. C’est juste un gamin qui aime bouger, qui aime la vie. C’est en 2009 qu’il a touché la barre d’un Optimist pour la première fois. C’était lors des stages d’été, ouverts à tous, de la Société nautique de Genève. Très vite, il découvre que l’intelligence et la vivacité sont des atouts majeurs pour faire avancer un bateau plus vite que celui des petits copains. «En 2011, il a fait six semaines de stages à la Nautique et les entraîneurs ont dit qu’il avait effectivement un truc en plus, des aptitudes naturelles, dit son papa. Après cet été, il a intégré le Sailing Team de la SNG et franchi les étapes régulièrement jusqu’à ce fabuleux résultat.»

Pour les sceptiques, on dira qu’un mondial d’Optimist, c’est plus de 250 concurrents issus de 59 pays. Cinq jeunes régatiers suisses (Max Wallenberg, Achille Casco, Arnaud Grange, Joshua Richner et Maxime Thomen) arboraient le pavillon rouge à croix blanche. C’est le signe de la vigueur de ce sport qui a connu un vrai essor depuis les épopées d’Alinghi. «Il y a eu une professionnalisation des clubs, témoigne Nicolas Grange. Au sein du Sailing Team, deux entraîneurs argentins de classe internationale, Marcello Saguier et Ezequiel Schargorodsky, s’occupent de la structure qui compte une trentaine de jeunes répartis dans deux groupes de performance. Et lors de ces Mondiaux de Vilamoura, outre Max et Arnaud, il y avait un troisième garçon du Sailing Team, Adrian Surocca, engagé sous les couleurs de l’Allemagne. Au Portugal, c’est Antonis Drosopulos, l’entraîneur national, qui a parfaitement encadré les jeunes.»

L’effet de groupe a été primordial dans la progression de Max Wallenstein. «Naviguer avec mes potes, c’est les moments que je préfère, dit le nouvel espoir de la voile suisse. Quand il y a du vent sur le lac et qu’on se retrouve ensemble, on fait un peu les fous, j’adore.» A les voir tapoter sur leurs portables et s’envoyer des vannes à tout va, on prend conscience dans l’avion du retour qu’il y a de la fougue à maîtriser.

Une sacrée force mentale

«C’est vrai, dit Max, l’œil rieur. Il a fallu être sérieux d’un bout à l’autre, dit-il. Tout s’est joué lors du dernier jour. Ce matin-là, je n’étais que troisième mais je me suis réveillé avec la conviction que le soir, je serais champion du monde. Les deux premiers ont complètement craqué et écopé d’un drapeau noir (ndlr: sanction lorsqu’on est au-dessus de la ligne de départ dans la dernière minute) synonyme de dernière place.»

La force mentale, c’est ce qui semble caractériser ce garçon qui a presque tout gagné depuis un an. «Je suis très fort par vent arrière, dit-il. J’ai des petits trucs, des secrets pour aller plus vite que mes adversaires.» Pas de doute, il a le vent dans le dos. «Il a une incroyable capacité à se focaliser sur la marche du bateau et sur l’analyse de la course, dit son papa. C’est en voile qu’il parvient le mieux à canaliser son énergie. Il a essayé d’autres sports, comme plein de gamins. Mais c’est vraiment ça qui lui convient le mieux.»

Max Wallenberg a trouvé sa voile. Hier soir, son lit tanguait. Comme quand il en rêvait. Sauf que là, il l’avait fait…

Créé: 05.07.2016, 07h47

Un champion qui fait aussi la fierté d’un club

Champion du monde. Ce n’est pas tous les jours qu’un navigateur genevois claque ce résultat chez les juniors. La chose est même rarissime. Il y a deux ans, Asya Luvisetto avait déjà fait vibrer les murs de la Nautique en devenant championne du monde de Laser 4,7. Un exploit superbe. Mais un titre en Optimist, tous les jeunes mousses le diront, c’est encore plus significatif. Ce titre de Max Wallenberg n’est que le deuxième conquis dans cette catégorie pour la Suisse après celui du Vaudois Nicolas Rolaz en 2014. Il récompense le travail entrepris par la Société nautique de Genève (SNG), qui a créé la structure du Sailing Team il y a une dizaine d’années sous l’impulsion de Pierre Girod (actuel président de la SNG) et Alex Schneiter (patron du Team Tilt). Au fil des ans, résultats aidants, le groupe s’est étoffé, professionnalisé. Aujourd’hui, Pierre Girod savoure. «Cette victoire de Max Wallenberg est une formidable récompense pour tout le groupe mais aussi pour l’ensemble de notre club.» Vendredi, à la Nautique, des larmes ont coulé quand le verdict est tombé. «On ne mesure pas bien la portée d’un tel titre, dit Nicolas Grange. Ces gamins naviguent plus de cent jours par année et s’investissent au quotidien pour mener de front leurs études. Ce n’est pas toujours simple…»

Depuis sa création, le Sailing Team a formé la plupart des meilleurs régatiers genevois en Optimist et Laser. Il a vu passer notamment Seb Schneiter, récemment qualifié pour les Jeux en 49er. La structure va évoluer et s’ouvrir au multicoque. Une minirévolution qui pourrait générer son lot de satisfactions pour la voile genevoise. «Moi, je suis bien décidé à passer au multi», affirme Max Wallenberg. Prometteur.

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