«Miraculé du ski», Marc Rochat se replace dans le sillage des Yule et Aerni

Ski alpinLe slalomeur vaudois est revenu de loin pour marquer, cette saison, ses premiers points en Coupe du monde.

Souvent arrêté par les blessures, Marc Rochat s'est accroché envers et contre tout. Il en a été récompensé cet hiver en décrochant ses premiers points en Coupe du monde.

Souvent arrêté par les blessures, Marc Rochat s'est accroché envers et contre tout. Il en a été récompensé cet hiver en décrochant ses premiers points en Coupe du monde. Image: Keystone

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A 23 ans, il est, comme il le dit lui-même, «un miraculé du ski». Un sport auquel il aurait renoncé depuis longtemps déjà s’il avait écouté les médecins. Suite à une grave fracture à une jambe, Marc Rochat s’était du reste résigné, l’année de ses 16 ans, à ranger ses lattes de compétition. Deux opérations et une année plus tard, l’ado les a pourtant rechaussées, «pour s’amuser», comme il dit, «parce que ça me manquait trop, parce que le ski a toujours été au centre de ma vie».

Tout frais promu dans le Cadre C de Swiss-Ski, Marc Rochat découvrait la Coupe d’Europe, deux saisons plus tard, lorsqu’une très sérieuse blessure au genou gauche (décollage du cartilage du ménisque) le stoppa net durant deux ans. Deux années d’opérations, de thérapie, de douleur, d’incertitude sur un possible retour pendant que les Yule, Aerni et autre Zenhäusern, ses copains de volée de la filière Ski Valais, poursuivaient leur progression vers les sommets. Envers et contre tout, et notamment l’avis des médecins, le Vaudois du Ski Club Crans-Montana, maturité en poche, s’est acharné à tout miser sur son sport.

Une fois revenu sur les circuits FIS et Coupe d'Europe, il a continué à serrer les dents. «La saison du retour (ndlr: 2014-2015) a été très difficile. J’avais des douleurs récurrentes, mon genou gonflait… j’ai dû faire plusieurs pauses. En plus, il y avait la pression de devoir prouver à Swiss-Ski que je méritais ma place dans les cadres.» En fin de saison, Marc Rochat avait fait beaucoup mieux: «J’étais à un niveau supérieur à celui d’avant ma blessure et j’étais promu dans le cadre B.»

Le mauvais sort s'acharne

Le Vaudois a poursuivi sa progression cet hiver. Profitant d’une santé retrouvée – «Mon genou fonctionne comme avant» –, il est entré «dans les 30» (27e) dès son deuxième slalom en Coupe du monde. Ces quatre points décrochés le 6 janvier à Santa Catarina ainsi qu’un parcours en Coupe d’Europe ponctué d’une 4e place lors du slalom des finales, la semaine dernière à La Molina (Esp), et d’un 10e rang au «général» de la discipline, ont pour Marc Rochat la saveur de la victoire sur le mauvais sort. Lequel frappa pourtant, cette saison encore: en septembre dernier, une préparation estivale enfin complète, la première depuis longtemps, aurait pu être réduite à néant par une déchirure des ligaments internes et externes d’une cheville. La même blessure qui a failli priver Dario Cologna des Jeux de Sotchi… et donc de deux titres olympiques. Là encore, Marc Rochat ne s’y est pas résolu: une réhabilitation intensive, avec le même physio qui avait remis sur pieds le fondeur grison, lui a permis d’être au rendez-vous du début de saison.

Six grosses opérations

«Les gens ne réalisent pas tout ce qui se passe loin des projecteurs, quelle somme de difficultés nous devons surmonter pour prétendre au plus haut niveau.» En particulier quand la blessure s’en mêle. Sur ce plan-là, avec ses six grosses opérations, Marc Rochat a été servi: «J'ai 23 ans, mais avec toutes ces saisons gâchées, je n'ai pas plus de jours de ski dans les jambes qu’un espoir de 18 ans, explique le Vaudois. C’est aussi cela qui me pousse à aller de l’avant; je n’ai pas envie de renoncer avant d’avoir tout tenté pour exprimer mon potentiel. Quand je vois qu’un Peter Fill s’adjuge le petit globe de la descente à 37 ans et qu’un Farnara remporte à 35 ans sa première victoire en Coupe du monde, je me dis que j’ai encore du temps.»

Du temps, Marc Rochat essaiera d’en prendre le moins possible, ce jeudi entre les portes du slalom des Championnats de Suisse, à Veysonnaz. Histoire de confirmer qu’il est bien installé dans le train d’une équipe de Suisse de technique que les locomotives Yule et Aerni emmènent à belle allure vers les sommets. «La dynamique est énorme dans ce groupe, souligne le Vaudois. Nous avons, et de loin, la meilleure équipe de slalom en Coupe d’Europe. Plusieurs d’entre nous sont maintenant prêts à se battre contre les meilleurs du monde.» Le rendez-vous est pris pour la saison prochaine.

Veysonnaz, l’exemple

En attendant, Marc Rochat sera un des prétendants aux médailles aujourd’hui sur une piste de l’Ours qu’il affectionne. «Elle est raide, difficile, et les organisateurs la préparent magnifiquement», souligne-t-il en regrettant que trop peu de stations suisses s’en inspirent. «Alors qu’il y a tellement de belles pistes dans ce pays, qu’est-ce qu’on met à disposition des jeunes, pour l’entraînement ou pour les courses FIS? Ce que j’appelle des «pistes à lugeons», plates et bien trop faciles. En Suisse, on ne met pas les meilleurs jeunes skieurs dans des conditions propices à l’expression de leur talent. Du coup, certains sont les rois de la course FIS, mais lorsqu’ils débarquent en Coupe d’Europe, sur des pistes raides et verglacées, ils sont largués. Si un gars comme Kristoffersen est au top en Coupe du monde à 21 ans, c’est aussi parce qu’il s’entraîne depuis toujours sur des pistes très dures. Personnellement, je n’ai appris à les maîtriser que vers 17 ou 18 ans.»

Marc Rochat a très envie de confirmer, ce jeudi à Veysonnaz, que l’exercice n’a plus beaucoup de secret pour lui. (24 heures)

Créé: 23.03.2016, 11h13

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