Le Mont-Pèlerin a couronné son roi

Lutte suisse La Fête cantonale vaudoise a souri au Singinois Steven Moser qui s’impose d’un rien devant Pascal Piemontesi.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Il s’en est fallu d’un tout petit rien pour que Pascal Piemontesi ne reparte du Mont-Pèlerin avec Calanda, la vache de 3 ans et demi, promise au vainqueur. Deuxième au classement final, le colosse d’Eclépens a réussi une Fête cantonale vaudoise presque parfaite. «Lors de ma 3e passe, j’ai malheureusement concédé une égalité qui m’a empêché de participer à la finale pour un quart de point. Mais je suis satisfait de ma journée, car je n’ai combattu que de bons lutteurs. Terminer 2e sur 105 concurrents, c’est déjà bien, même si j’aurais voulu aller chercher la victoire.»

En cas de match nul des deux finalistes, Pascal Piemontesi aurait même pu arracher la première place. Mais dans l’ultime duel 100% fribourgeois, Steven Moser est venu à bout de Johann Borcard. Le Singinois de Brünisried, déjà vainqueur d’une couronne, il y a une semaine lors de la prestigieuse Fête du Lac Noir, est donc reparti avec le premier prix. Au moment de choisir s’il voulait la vache de la race simmental ou une compensation financière, le lauréat n’a pas hésité. «J’emmène l’animal avec moi à la maison, car nous avons une ferme, explique le lutteur de 21 ans. Nous avons déjà des simmentals et elle sera bien chez nous.» Une décision qui a fait plaisir à l’ancien propriétaire Mathieu Balsiger de Saint-Légier. «Je suis content qu’il la prenne. Cette vache est une pure race dont la valeur se monte à 4000 francs.»

30e couronne

Pascal Piemontesi repartira quant à lui avec une 30e couronne et un bon dans un centre commercial. Un lot qu’il a choisi dans une vitrine d’objets parfois insolites. Tour à tour, les lutteurs ont ainsi défilé dans l’ordre du classement et désigné une récompense parmi lesquelles figuraient une fontaine de quatre mètres de long, une table et des bancs de jardin sculptés dans le bois, des toupins, des chaises gravées et même une fourche qui une fois plantée, fait office de porte-verres pour l’apéro.

Face à la multitude d’objets exposés, trois jeunes femmes racontent ce qu’elles prendraient à la place des lutteurs. «Un porte-bouteilles», «une gravure d’inalpe», «la fontaine ou un toupin», disent à tour de rôle Céline Wiedmer, Sandrine Cadoux et Christelle Matthey, venues en voisine «parce que l’ambiance est sympa et qu’on adore la lutte pour son spectacle et ses traditions!»

Chemises «Edelweiss», bretelles, fanfare, cor des Alpes et même Cantique suisse joué à la cornemuse: le folklore était effectivement revigorant sur les hauts de Chardonne.

Respect de l’adversaire

Ce respect des traditions est allé de pair avec celui de l’adversaire. Après chaque passe, le vainqueur retirait la sciure du dos du perdant. Jamais il n’y a eu de contestation ou de remarque désobligeante ou antisportive. Une seule fois, un concurrent a fait la moue et a pesté. Mais c’est parce que son adversaire s’est immobilisé sous la douleur. Croyant ce dernier lourdement blessé, le vainqueur était si désolé pour son camarade qu’il l’a accompagné à l’infirmerie tout en s’excusant, alors qu’il n’y était pour rien. Touché à la nuque, le malheureux s’est heureusement relevé quelques instants plus tard.

Le poste médical est d’ailleurs intervenu une quinzaine de fois principalement pour des contusions, des élongations et des lésions aux cervicales. «Nous avons été appelés dès la première passe du matin, pour une chute sur la colonne vertébrale», note Sébastien Livers. «Heureusement, l’immense respect qui règne dans ce milieu fait que les lutteurs s’arrêtent dès qu’ils sentent qu’une prise peut être dangereuse», observe Kevin Jeanneret, responsable de Swiss Medical Emergency.

Lutte en bas résille

Tradition, respect, convivialité: la Fête cantonale de lutte suisse a aussi été le théâtre d’un combat pas tout à fait comme les autres. Après la finale, Pascal Piemontesi a accepté de faire une passe avec un individu portant bas résille, perruque et colliers de fleurs. «Mes amis ont organisé cela pour mon enterrement de vie de garçon, rigole Yves Volet. Car je vais convoler samedi prochain!»

Le futur marié, qui n’avait jamais lutté auparavant, a mangé de la sciure à trois reprises. Oser affronter un as de ce sport de 1,88 m pour 117 kg est déjà une preuve de courage. Mais question technique, il y a encore du boulot. Dans son couple, on sait déjà qui portera la culotte.

Créé: 26.06.2017, 07h12

Articles en relation

Le Colosse d’Eclépens est taillé pour la gagne

Lutte Pascal Piemontesi (117 kg pour 1, 88 m) sera l’une des attractions de la 94e fête cantonale organisée dimanche au Mont-Pèlerin. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.