Morceaux de bravoure, mais sans récompense

Hockey sur glaceBattue 3-0 par la Russie dimanche et 4-3 par la Suède la veille, l’équipe de Suisse n’a pas créé d’exploit ce week-end.

Fiala et Haas n’ont jamais pu tromper le portier russe, la Suisse s’incline.

Fiala et Haas n’ont jamais pu tromper le portier russe, la Suisse s’incline. Image: Keystone

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De ces deux immenses duels face aux géants – la Suède samedi, la Russie dimanche soir –, il reste avant tout un grand regret: la Suisse est à chaque fois repartie les mains vides. Pas même un point, pour la forme, le moral, et avant tout pour que tous les efforts fournis en l’espace de vingt-quatre heures n’aient pas été vains. Elle a certes été beaucoup plus proche de l’exploit contre les Suédois que dimanche contre les Russes. Mais à chaque fois, il a manqué un petit quelque chose.

Pour battre la Russie, toujours invaincue dans ce tournoi, l’équipe de Suisse aurait eu besoin de livrer un match parfait. La gestion du puck, l’exécution et la précision ne l’ont tout simplement pas été contre le «all star team russe». Le jeu de puissance, une fois de plus, n’a été d’aucun secours (aucun but en six tentatives à cinq contre quatre). La veille face aux Suédois, cinq power play étaient déjà restés infructueux.

Incapacité de certains

Certains internationaux, aussi, n’ont pas été capables, que ce soit physiquement ou mentalement, d’aligner deux performances de haut vol face à une opposition aussi forte en si peu de temps. Pour un exploit, il aurait également fallu que Nico Hischier sorte un lapin de son chapeau.

Le Valaisan n’a pas vécu un week-end glorieux. Déjà très effacé contre les Suédois, il a vécu une soirée encore bien plus compliquée contre la Sbornaja. Sa pénalité concédée en deuxième période a d’ailleurs permis aux Russes de marquer le 0-2 (27e, Kucherov). Il n’a que 20 ans, après tout. Reste que pour aller loin dans ce tournoi, l’équipe de Suisse a impérativement besoin que son étoile offensive retrouve ses sensations et son éclat.

Après quatre victoires de suite face aux petites nations (Italie, Lettonie, Autriche et Norvège), les hommes de Patrick Fischer campent sur deux revers face aux «grands» du tournoi. Il s’agira désormais de battre la République tchèque mardi, de façon à ce que la dynamique positive développée en première partie de tournoi ne parte pas en fumée. En ce sens, l’arrivée ce lundi matin de Nino Niederreiter en provenance des États-Unis tombe à point nommé. L’attaquant des Carolina Hurricanes – demi-finalistes des play-off de la NHL – va apporter une nouvelle dimension physique à l’équipe de Suisse pour la suite de la compétition. Le Grison de 26 ans, élément fondamental de la sélection sur la route des deux finales historiques de 2013 et 2018, est la dernière pièce manquante au puzzle. Ailier polyvalent et robuste (188 cm pour 98 kilos), il a marqué 24 buts cette saison en Amérique du Nord.

«El Nino» pour la confiance

«Sa présence va donner confiance au groupe et permettre à certains d’élever leur niveau de jeu», explique Tommy Albelin, l’adjoint suédois de Fischer. «El Nino» provoquera-t-il aussi le déclic au niveau du jeu de puissance et contribuera-t-il à décomplexer les unités spéciales? Depuis le début du tournoi, c’est là que les Suisses ont affiché leurs principales limites (seulement quatre buts en 31 tentatives).

Après Roman Josi, Nico Hischier, Kevin Fiala et Yannick Weber, tous présents depuis le début du tournoi, puis Sven Andrighetto débarqué il y a une semaine juste après l’élimination de l’Avalanche du Colorado, «El Nino» sera le sixième renfort du groupe en provenance de NHL. Le Grison profitera de l’entraînement de lundi pour donner ses premiers coups de patins sur sol slovaque.

Pour Patrick Fischer et son staff, il s’agit désormais de trouver une place de choix dans l’alignement pour le nouveau venu. Le sélectionneur devrait certainement être tenté de le placer aux côtés de Nico Hischier. Seule certitude, à quatre jours de son quart de finale face à un adversaire dont l’identité reste encore à découvrir, l’arrivée de Niederreiter est une aubaine pour l’équipe de Suisse.


L’incroyable marée rouge de Bratislava

Deux matches «à domicile», à Bratislava, face à la Suède samedi puis la Russie dimanche. Deux duels électriques joués devant plusieurs milliers de fans suisses. Le tout dans une ambiance indescriptible et certainement unique pour des matches à l’étranger de la sélection helvétique. La «marée rouge» des fans venus des quatre coins de la Suisse a tout simplement été impressionnante. «Le public nous a sans cesse poussés, il nous a galvanisés», a reconnu Gaëtan Haas après le duel perdu 4-3 face aux Suédois. Le centre du CP Berne a été l’homme du match face à Tre Kronor avec un but (51e, 3-3) et une passe décisive (5e, 0-1). La cinquième d'affilée au championnat du monde face aux Suédois n’y change rien: le groupe de Patrick Fischer a fait le bonheur de ses supporters.

Dans les tribunes, les fans suisses ont assuré le spectacle. Durant tout le week-end, ils ont envahi et coloré de rouge et de blanc les rues de la capitale slovaque. Certains avaient emporté avec eux leur meule à raclette, d’autres avaient fait le voyage depuis Vienne… en bateau sur le Danube pour venir voir jouer la sélection nationale. Les fans helvétiques, ce week-end, ne sont vraiment pas passés inaperçus à Bratislava. C.P.

(nxp)

Créé: 19.05.2019, 23h30

Suisse - Suède (0-1 0-1 0-1)

Bratislava, Bratislava, Ondrej Nepala Arena, 9056 spectateurs.

Arbitres: MM. Björk (Su), Tufts (EU); Malmqvsit (Su) et Oliver (EU).

Buts: 4e Anisimov (Orlov, Gusev) 0-1. 27e Kucherov (Gusev/5 c 4) 0-2. 56e Kucherov (Anisimov, Zaitsev) 0-3.

Suisse:
Genoni; Frick, Fora; Loeffel, Genazzi; Josi, Weber; Diaz; Praplan, Bertschy, Scherwey; Fiala, Hischier, S.Moser; Ambuehl, Kurashev, Andrighetto; Martschini, Haas, Hofmann; Rod.

Russie: Georgiev; Zaitsev, Orlov; Nesterov, Khafizullin; Gavrikov, Zadorov; Sergachyov; Telegin, Andronov, Kovalchuk; Kaprizov, Kuznetsov, Ovechkin; Gusev, Anisimov, Kucherov; Malkin, Grigorenko, Dadonov; Barabanov.

Notes: la Suisse sans Niederreiter (en transit), J.Moser (blessé), Berra ni Bertaggia (surnuméraires). La Russie sans Sorokin et Plotnikov (surnuméraires). L’équipe de Suisse sans gardien dès la 56’23’’.

Pénalités: 4 x 2’ contre la Suisse; 7 x 2’ contre la Russie.

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