Un Morgien veille sur la forme des joueurs du Kosovo

FootballThomas Richard, préparateur physique et analyste, vit une belle aventure aux côtés de Bernard Challandes.

Thomas Richard (à droite) a rejoint le sélectionneur Bernard Challandes sur le banc du Kosovo.

Thomas Richard (à droite) a rejoint le sélectionneur Bernard Challandes sur le banc du Kosovo. Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

«L’ambiance était fantastique. Le stade était plein et on aurait pu y mettre beaucoup plus de monde s’il y avait eu la place!» raconte Thomas Richard (28 ans). Le 10 septembre, le Kosovo, entraîné par le Neuchâtelois Bernard Challandes, signait sa première victoire en compétition officielle dès son deuxième match en Ligue des nations. Face aux îles Féroé – qui avaient été le premier adversaire de la petite république dès son intégration à l’UEFA, en 2016 – les Kosovars se sont imposés 2-0. Il s’agissait du premier match non amical disputé au Kosovo, puisque aucun terrain dans ce pays de 10 000 km2 n’était aux normes internationales avant cet été et la rénovation du stade Fadil Vokrri (13 500 places). Vokrri était le patron de la Fédération kosovare (FFK) et avait œuvré sans relâche pour faire reconnaître le football de son pays au sein des organes faîtiers. Il est mort en juin dernier à l’âge de 57 ans. «C’était un personnage mythique, explique Thomas Richard, préparateur physique et analyste de la sélection. Sa disparition a vraiment marqué les gens. Un deuil national.»

Le Morgien de 28 ans s’apprête à revivre de beaux moments jeudi soir en Ligue des nations, face à Malte. Un adversaire a priori largement à la portée de Benjamin Kololli (Zurich/ex-LS), joueur de la sélection kosovare, et de ses coéquipiers.

De l’Arménie à la Géorgie

L’aventure de Thomas Richard avec le Kosovo a commencé en mars. Il n’a pas hésité avant d’accepter la proposition de Bernard Challandes: «À l’origine, on s’était rencontrés à la fin de ma formation, en 2014. Il cherchait quelqu’un pour partir avec lui s’occuper de la sélection arménienne. Un beau projet, avec un contrat très risqué. Il fallait se qualifier pour l’Euro 2016, mais nous n’avons pas réussi à le faire.» En Arménie, le jeune homme s’était aussi occupé de la relève. L’UEFA, qui l’avait repéré, lui propose alors de partir exercer ses talents en Géorgie. «Entre août 2015 et mars dernier, je me suis occupé de l’académie, puis aussi des M17 dans ce pays, jusqu’à ce que Bernard Challandes, avec qui j’avais beaucoup aimé travailler, me propose ce nouveau défi. La Fédération kosovare a des moyens limités, mais il y a un potentiel intéressant. J’aime le contact avec les joueurs, la prise en compte des besoins de chacun. On communique en anglais, voire en français. Le travail avec une équipe nationale est très intéressant. Il faut prendre en compte l’état de forme du moment de chaque joueur pour construire les entraînements. Et bien doser la récupération. L’équilibre et la santé du groupe sont fragiles. D’où l’importance d’avoir une bonne cohésion. Il suffit de voir la réussite de la France au dernier Mondial en contraste avec le désastre de l’Argentine, qui avait les meilleurs joueurs du monde.»

La concurrence augmente

Tous les week-ends, Thomas Richard suit les performances des joueurs kosovars dans leurs championnats respectifs et envoie ensuite un rapport de statistiques détaillé à Bernard Challandes. «La concurrence augmente peu à peu et tout s’organise mieux grâce aux efforts de la Fédération. Au départ, c’était plus compliqué, que ce soit avec les licences de jeu ou les conditions de travail en général. Les passeports étaient par exemple livrés à la dernière minute et les joueurs étaient souvent avisés la veille d’un match s’ils étaient autorisés à le disputer. Maintenant ça change. On dispose d’une structure, d’un hôtel et d’un terrain qui tiennent la route.» Et d’un stade qui sera encore plein ce jeudi soir pour la venue de Malte. (24 heures)

Créé: 10.10.2018, 22h50

Thomas Richard en bref

1990 Naissance et enfance à Morges.
2008 Il entame des études en sciences du sport à l’Université de Lausanne.
2012 Une année d’études aux États-Unis.
2014 Il décroche un master en entraînement-performance à l’UNIL. La même année, Bernard Challandes l’intègre à son staff pour s’occuper de l’équipe nationale d’Arménie.
2015 Il part en Géorgie afin de s’occuper de l’Académie nationale et des M17.
2018 Il est rappelé par Bernard Challandes pour démarrer l’aventure avec l’équipe
du Kosovo.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.