Nathalie Brugger a pris tous les risques. En vain!

Voile La Fribourgeoise et Matías Bühler, qui rêvaient d’une médaille en Nacra 17, ont dû se contenter d’un diplôme. Que de regrets!

Nathalie Brugger et Matías Bühler ont échoué dans leur tentative de décrocher une médaille.

Nathalie Brugger et Matías Bühler ont échoué dans leur tentative de décrocher une médaille. Image: KEYSTONE

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Perché sur son pic du Corcovado, le Christ rédempteur de Rio de Janeiro a un œil sur la baie de Guanabara. Il la domine, la protège, dit-on, de ses bras ouverts. Rien n’échappe à son regard bienveillant. Mais dans ce panorama d’une incroyable beauté, il n’a rien pu faire pour elle, pour eux.

Nathalie Brugger et Matías Bühler, en course pour une médaille, ont eu beau prier, ils ont échoué dans leur tentative. Alors que le drapeau brésilien était en berne en l’hommage de João Havelange, dans la catégorie mixte de Nacra 17, le duo helvétique a finalement dû se contenter d’un diplôme (septième place). Frustrant.

Un petit coup de vent

Les parents y ont pourtant cru toute la journée dur comme fiers. Mais comme le relevait Pierre-Alain Brugger, «il n’y avait que trois places sur le podium». Dominique et Lydia Hausser ainsi que tous les Helvètes ont eux aussi beaucoup crié, mais cela n’a pas suffi. Dans cette medal race, qui réunissait les dix meilleurs équipages, ce sont finalement les expérimentés Argentins qui se sont imposés devant l’Australie et l’Autriche.

«On espérait beaucoup pour notre fille, que son immense chemin pour arriver à Rio soit couronné par une médaille, mais voilà, c’est le sport», regrettait Chantal Brugger, cousine de Dominique Wavre.

Une navigatrice genevoise mariée à un marin lausannois, tous les deux immigrés à Fribourg, c’eût été une belle histoire pour les parents de Nathalie Brugger, membre du club d’Estavayer-le-Lac, laquelle avait commencé à naviguer sur le lac de Neuchâtel à huit ans. Multiple championne de Suisse, elle rêvait d’une consécration olympique.

Après Pékin et Londres, il s’agissait de sa troisième olympiade. Mais des pénalités prises bêtement lors du deuxième jour de ces régates l’ont obligée, avec son coéquipier, à prendre tous les risques pour atteindre son objectif. «Aujourd’hui, on devait gagner ou terminer dans les trois meilleurs pour espérer monter sur le podium, confirmait la Fribourgeoise au moment de passer au parloir. Mais il y a eu un petit coup de vent et on n’a pas réussi à partir devant, tout le monde était décalé sur la ligne et on s’est retrouvés gênés par nos adversaires. C’est à ce moment-là que nos concurrents directs ont pris le dessus dès le début.» Avec Matías Bühler, ils ont bien tenté le tout pour le tout, mais il était trop tard. D’où de gros regrets, forcément.

Que les médailles

«On avait commencé par un succès, on n’a jamais été aussi proche d’une médaille cette semaine, pestait Nathalie. Mais si on regarde dans le rétro, on a perdu trop de points facilement pour revenir tout devant. On fait partie des huit meilleurs, relativise Brugger. Mais aux Jeux, il n’y a que les médailles qui comptent! Durant quatre ans, on a travaillé durs pour ça et ça n’a pas marché…»

La prochaine question sera de trop pour Nathalie Brugger, qui après avoir longtemps contenu ses larmes, a craqué. Avant de se raviser: «A Pékin, mon sixième rang était une grande surprise, voire un hold-up, car j’étais toute jeune. Tandis qu’ici, c’était différent, poursuit la Fribourgeoise. On est devenus plus pros, entourés d’un super-team avec des objectifs très élevés. Alors il est vrai que ce diplôme, par rapport à Pékin, n’a pas la même valeur; c’est un petit échec, qu’on doit digérer.» Il n’est pas certain qu’elle et Matías soient à Tokyo dans quatre ans…


La pollution? Circulez, y a rien à voir!

On trouve de tout au bas du Pain de Sucre, au cœur de Rio de Janeiro, où se déroulent les compétitions nautiques. Des sandales, des pneus de voiture et de moto, un poste de télévision, des plaques de polystyrène, des bouteilles de verre ou de ­plastique, des bidons, des poissons et des chiens morts et, plus sinistre encore, un bras humain! Ce sont des centaines de tonnes de «déchets», des immondices domestiques et industrielles, qui sont charriées chaque jour par les 45 rivières et fleuves qui descendent des montagnes autour de la baie de Guanabara. Selon des statistiques, le taux de pollution des eaux est 1,7 million de fois supérieur aux normes internationales. «Il est sûr que ce n’est pas le Léman», souriait le marin genevois Romuald Hausser avant de rejoindre la Marina da Gloria.

«Il est clair que la qualité de l’eau n’est pas très bonne, mais c’est la même chose pour tous les compétiteurs, renchérit Tom Reulein, «team leader» de tous les équipages helvétiques. Cela dit, nous nous sommes déjà entraînés durant 120 jours ici, on connaît le problème. A Swiss Olympic, le médecin-chef a effectué des prélèvements d’eau sur place pour protéger les athlètes.»

Selon le coach suisse, les conditions ne sont pas pires qu’ailleurs, à Buenos Aires ou à Palma de Majorque. «Le problème, c’est que la baie est énorme et lorsqu’il a beaucoup de pluie, avec la marée, il y a énormément de déchets qui arrivent ici, précise l’entraîneur allemand. Mais pendant cette compétition, on n’a rencontré aucun problème. Comme c’était le cas à Pékin avec les algues, le comité d’organisation a fait énormément d’efforts pour nettoyer la baie, peut-être pas assez, mais les marins, qui font très attention, ne se plaignent pas. Nous recevons chaque jour des analyses de l’eau et pour l’instant, ça va!» La pollution? Circulez, y a rien à voir! A part Matias Bühler, qui a dû prendre des antibiotiques, aucun autre marin suisse n’est tombé malade… C.MA

Créé: 17.08.2016, 07h58

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