Next Gen: huit candidats pour être le grand «Maître»

TennisLa compétition débute ce mardi à Milan. Gros plan sur les huit participants, qui aspirent tous à aller chercher le gros lot et le million qui l'accompagne.

Denis Shapovalov, l'un des gros candidats au titre.

Denis Shapovalov, l'un des gros candidats au titre. Image: AFP

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C’est le baptême du feu pour eux comme pour la compétition qui les accueille dès aujourd’hui à Milan. Moins de quarante-huit heures après le tirage au sort de la honte, le Masters de la Next Gen se met en branle avec huit joueurs à son plateau. Certains un peu plus connus que les autres. Mais l’absence d’Alexander Zverev - lequel privilégie à juste titre le Masters des «grands» qui se disputera dès dimanche à Londres – enlève pas mal de sel à l’épreuve, qui s’élance cernée d’incertitudes.

Alors que Karen Khachanov et Daniil Medvedev ouvrent les feux sur le coup de 14 h ce mardi, gros plan sur les huit têtes d’affiche du rendez-vous milanais.

ANDREY RUBLEV (RUSSIE/1997)

Marc Rosset nous l’avait très vite présenté comme un joueur d’avenir. C’était il y a plus de trois ans et force est de reconnaître que le Genevois avait plutôt vu juste, puisqu’en l’absence de Zverev, le Russe est le joueur le mieux classé de cette fameuse Next Gen. Il est aussi, de tout le plateau, celui qui a vécu la plus belle aventure dans une épreuve du Grand Chelem (quart de finaliste du dernier US Open). Derrière son physique encore adolescent et longiligne (188 cm/67 kg), Rublev cache une belle force de frappe et une jolie technique. Vainqueur de Roland-Garros junior en 2014, il est capable de s’exprimer sur toutes les surfaces, mais la brique pilée est son terrain de jeu préféré. Peut-être parce qu’il est coaché par l’ancien pro espagnol Fernando Vicente. Toujours est-il que sur l’ocre d’Umag en août dernier que le Moscovite a justement remporté le seul et unique titre ATP de sa carrière, juste après s’être extirpé des qualifications! Sa progression est assez épatante, puisqu’après avoir terminé l’année 2016 au 156e rang mondial, il bouclera celle-ci dans le Top 40 ATP.

KAREN KHACHANOV (RUSSIE/1996)

Lui aussi avait vite tapé dans l’œil de Marc Rosset! Preuve en est qu’en 2013, le champion olympique 1992 avait convié Karen Khachanov au Challenger de Genève, qui se disputait à la Queue d’Arve. À l’époque, le Russe pointait au 511e rang mondial mais s’était illustré deux semaines auparavant en signant un coup d’éclat au tournoi ATP de Moscou, où il s’était offert les scalps d’Albert Ramos-Vinolas et de Janko Tipsarevic! Cette arrivée sous les feux des projecteurs ne l’a toutefois pas vraiment servi, puisqu’il a ensuite fallu attendre près de trois ans pour que «KK» retrouve la lumière. C’était le 25 septembre 2016, lorsqu’il remporta son unique titre à Chengdu en se défaisant en finale de… Ramos-Vinolas. Depuis, le résident de Dubaï, également entraîné par un ancien spécialiste de terre battue (Galo Blanco) s’est illustré en atteignant les 8es de finale à Roland-Garros et le 3e tour à Wimbledon, où seuls des anciens Nos 1 mondiaux ont pu l’arrêter en chemin (Murray à Paris, Nadal à Londres). Khachanov a en outre été quart de finaliste à Barcelone et à Lyon, puis demi-finaliste à Halle.

DENIS SHAPOVALOV (CANADA/1999)

Il est le plus jeune du plateau milanais, mais peut-être bien la véritable vedette de ce rendez-vous, tant les éloges pleuvent sur lui et les promesses se dégagent de sa raquette. Même Roger Federer et Rafael Nadal disent deviner en Denis Shapovalov l’un des joueurs les plus talentueux qu’ils aient pu voir au cours de leur carrière. Mais jusqu’au début de l’été le Canadien était encore un inconnu aux yeux du grand public. C’était avant qu’il ne signe un exploit au tournoi de Montréal en s’offrant Juan Martin Del Potro, puis surtout Rafael Nadal, justement. Son entrée dans la lumière a été phénoménale, d’autant plus que le joueur à la jolie patte gauche ne s’est pas arrêté là-dessus. Sorti des qualifications de l’US Open, «Shapo» s’est frayé un chemin jusqu’aux 8es de finale à Flushing Meadows en dominant notamment Jo-Wilfried Tsonga. Entré dans le Top-50, le blondinet devrait vite grimper encore plus haut.

BORNA CORIC (CROATIE/1996)

Des huit joueurs de ce Masters, Borna Coric est celui qui s’est le plus vite fait connaître à l’étage supérieur, mais depuis sa rapide apparition sous les feux des projecteurs voici trois ans grâce à un succès sur Rafael Nadal à Bâle, le Croate n’a pas vraiment confirmé. Tout juste s’est-il illustré par sa propension à se voir plus beau et plus fort qu’il ne l’est vraiment. Aujourd’hui qu’il a (un peu) grandi, le natif de Zagreb admet quelques erreurs de jeunesse. Il veut présenter un discours moins ambitieux et il entend démontrer qu’il n’a plus le «melon». À voir. Mais sans doute s’est-il bien rendu compte au cours des deux dernières saisons qu’il n’était pas encore au sommet. Loin de là. Bien que titré à Marrakech au printemps, Coric n’a rien montré sur le front des épreuves majeures. Pour le reste, tout juste peut-on signaler un quart de finale à Madrid.

JARED DONALDSON (ETATS-UNIS/1997)

Il pointe au 55e rang mondial et, parfois, on se demande comment il a fait pour aller si haut, tant on l’a peu vu sur le devant de la scène. Certes, Jared Donaldson est considéré comme l’une des plus belles promesses du tennis américain, mais personne ne l’a vu grimper les échelons ces derniers temps. Pour ceux qui ont suivi sa noyade d’emblée à Bâle (défaite 6-0, 6-1 contre Marton Fucsovics), sa progression est déconcertante. Entraîné par l’ancien pro Jan-Michael Gambill et conseillé par Mardy Fish (ce n’est pas rien!), le droitier de Rhode Island a pour lui un 8e de finale à Miami, un 3e tour à Wimbledon et deux quarts de finale, à Cincinnati et à Chengdu. Mais ses qualités apparaissent bien tendres en comparaison avec celles de Rublev, Khachanov et autre Shapovalov.

HYEON CHUNG (COREE DU SUD/1996)

Une précision d’entrée: non, Hyeon Chung n’est pas le tennisman sud-coréen sourd dont tous les médias de la planète ont parlé. Là, il s’agit plutôt de Duck-hee Lee. Mais les deux joueurs du Pays du Matin calme ont parfois tendance à être confondus par le grand public. Les comparaisons s’arrêtent toutefois là. Chung, lui, fait son chemin parmi les septante meilleurs joueurs du monde avec certaines qualités qui peuvent l’autoriser à s’inviter plus haut l’an prochain. D’ailleurs, si sa saison 2016 n’avait pas été pourrie par les blessures, le natif de Suwon serait peut-être déjà allé frapper à la porte du Top-30. En attendant, lui qui fut finaliste de Wimbledon en 2013 et élu «joueur de l’ATP ayant le plus progressé en 2015», apprend à s’exprimer sur toutes les surfaces et sa saison a été plutôt encourageante, comme en témoignent sa demi-finale à Munich, ses quarts à Barcelone et Winston Salem ou encore son titre en Challenger à Maui. À Milan, Hyeon Chung aura un bon coup à jouer dans le rôle de fauteur de troubles.

DANIIL MEDVEDEV (RUSSIE/1996)

Pour être franc, après l’avoir vu réaliser de belles choses sur gazon (en éliminant notamment Stan Wawrinka d’emblée à Wimbledon) et après avoir découvert son joli revers, on l’attendait un peu plus haut que son actuel 65e rang ATP. Mais Daniil Medvedev a peiné à digérer les lendemains de son succès sur le Vaudois, sa deuxième partie de saison n’ayant pas du tout été du même acabit que la première. Surtout, son coup droit reste encore trop fragile pour lui permettre d’aller voir plus loin. Reste que le Russe dispose d’une belle marge de progression. Plus large, sans doute, qu’un Donaldson ou qu’un Coric. Sa saison, elle, a cependant été trop inconstante. Mais à son bilan se sont tout de même inscrits une finale à Chennai, une demie à Eastbourne, ainsi que des quarts de finale à Montpellier, Marseille, à Bois-le-Duc, au Queen’s, à Washington et à Moscou.

GIANLUIGI QUINZI (ITALIE/1996)

Si le Masters ne se disputait pas à Milan, Gianluigi Quinzi ne le jouerait pas. Le Transalpin doit sa place à sa victoire dans les qualifications internes italiennes. Bien que lauréat de Wimbledon junior en 2013, il pointe très loin des sept autres joueurs au classement ATP (306e). C’est même moins bien que son classement en fin de saison dernière! Mais Quinzi demeure une curiosité, notamment pour avoir été formé à l’Académie Bollettieri, d’où sont sorties plus d’une pépite du tennis mondial (Agassi, Capriati, Kournikova, Nishikori, Seles, Sharapova…). La comparaison s’arrête là, la saison de l’Italien n’ayant rien eu à voir avec celles réalisées par le passé par ceux l’ayant précédé en Floride. Il a ainsi dû se contenter d’écumer les Challengers et n’est apparu qu’une fois sur le circuit ATP, sans y briller (à Marrakech), manquant ensuite de se qualifier pour les grands tableaux de Wimbledon et de Gstaad. A-t-on trouvé en lui la première victime du Masters de la Next Gen?

Créé: 07.11.2017, 14h34

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