La nouvelle vague suisse à l’assaut de l’Atlantique

VoileRencontre sur les pontons avec trois jeunes loups de mer suisses prêts à mettre les voiles à l’occasion de la Mini Transat.

Simon Koster, Patrick Girod et Simon Brunisholz vont s’arracher pour défendre fièrement les couleurs suisses.

Simon Koster, Patrick Girod et Simon Brunisholz vont s’arracher pour défendre fièrement les couleurs suisses. Image: Jean-Guy Python

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Le premier s’occupe du chocolat. Le deuxième gère les stocks de viande séchée. Le troisième, lui, importe le gruyère par meules entières. Il y a des habitudes alimentaires qui ne trompent pas et qui en disent long sur l’identité de ces trois garçons dans le vent. Simon Koster, Patrick Girod et Simon Brunisholz. Un Zurichois, un Genevois et un Vaudois: un alliage étonnant et détonnant. Depuis plusieurs années, ils ont choisi la voie de l’exil en Bretagne pour nourrir leur appétit d’océan. S’ils se sont souvent préparés ensemble, c’est bien en solo, sur des bateaux de 6,50 m, qu’ils s’élanceront en direction de Pointe-à-Pitre en passant par Lanzarote. A trois jours du grand saut, ils sont déjà prêts à croquer à pleines dents dans le mythe. La Mini Transat a vu passer les plus grands marins.

La porte du large

«Cette course, c’est la porte à franchir pour entrer dans le monde de la course au large, explique Patrick Girod. Les budgets sont raisonnables. Le circuit Mini qui nous mène au départ est très bien structuré avec des épreuves formatrices. On ne s’élance pas dans l’inconnu.» Comme ses deux compatriotes, le marin de la Société nautique de Genève respire la confiance: «Ma seule crainte est liée à un éventuel pépin mécanique provoqué par un élément extérieur comme un objet flottant. Pour le reste, je suis prêt.»

Quel joli parcours réalisé par le Genevois, classé No 2 dans la hiérarchie des miniistes de séries. Comme les deux Simon, qui vivent en colocation, il a choisi de s’établir en Bretagne, à Lorient. «C’est the place to be», dit Patrick. «Quand je suis arrivé ici, il y a quatre ans environ, j’avais les yeux qui brillaient, enchaîne Simon Koster. Tous les bateaux que je voyais dans les magazines étaient là, devant moi.»

L’ancienne base militaire où étaient parqués les sous-marins nucléaires de l’armée française a été transformée en une base beaucoup plus pacifique pour permettre aux jeunes loups de mer d’apprendre à dompter l’Atlantique et plus si affinités. On trouve tout ce qu’il faut pour s’émanciper du Léman à Lorient. «On y apprend les bases météo, les techniques pour gérer le sommeil, explique Simon Brunisholz. Et puis, il y a tous les copains miniistes avec qui on peut échanger et régater. On partage nos joies, nos galères aussi. Vivre avec des compatriotes m’a beaucoup aidé.»

«Justine Mettraux et Simon Koster avaient un peu montré la voie pour la préparation de la Mini 2013, rappelle Patrick Girod. Cela nous semblait logique de suivre le mouvement.» La Versoisienne avait brillé sur le circuit avant de monter sur la deuxième marche du podium dans la catégorie des bateaux de série juste devant Simon Koster. Deux ans plus tard, Patrick Girod, Simon Brunisholz et Simon Koster sont bien décidés à mettre du vent dans leurs voiles pour mieux se découvrir. «C’est aussi l’aspect humain qui m’a donné envie de prendre le large, raconte Simon Koster. Comme les deux autres, j’ai beaucoup tourné en rond sur les lacs de Suisse. La Mini est un formidable laboratoire pour progresser sur tous les plans.»

Un bateau très étonnant

Après sa formidable première expérience, il a franchi un cap: «Cette fois, je m’aligne en prototype avec un bateau original qui a été mis à l’eau il y a trois mois seulement.» Avec ses dérives portantes (sorte de foils), son museau arrondi, le Mini 888 ne passe pas inaperçu. Autant que son skipper… Simon Koster, c’est une vraie tronche qui culmine à 1 m 90. Des cheveux en bataille et des yeux bleu clair rieurs. Des yeux qui voient loin. «C’est bien qu’une nouvelle génération de marins suisses émerge, dit-il. J’espère que ce n’est qu’un début. Moi, en tout cas, j’espère persévérer même si rien n’est simple dans ce milieu.»

Simon Brunisholz, lui, aborde la course différemment. Cette première Mini, «je veux avant tout la finir, dit le jeune homme de Blonay. C’est un peu l’aboutissement d’une sacrée tranche de vie. C’est en intégrant l’équipe de Bernard Stamm, lors de la préparation du dernier Vendée Globe, puis en observant Justine et Simon sur un bateau accompagnateur que j’ai eu cette envie de traverser l’Atlantique. Maintenant, cela fait bientôt quatre ans que je ne vis plus en Suisse et j’ai parfois un peu le mal du pays. Il est probable que je fasse une pause après la Mini pour me recentrer et pour remettre un peu de beurre dans les épinards. Ensuite, si l’envie est toujours là, je ne m’exclus pas de repartir sur un projet.»

Il faut bien que quelqu’un s’occupe du fromage…

Créé: 17.09.2015, 08h24

Après deux ans de préparation, ils vont faire le mur

Patrick Girod

28 ans, Corsier,
1re participation.

Bateau Nescens, le Nacira 650 sur lequel avait navigué Justine Mettraux en 2013.

Catégorie Série.

Son ambition Un top 5.

Il dit «Jusqu’à présent, je ne me mettais pas trop de pression et j’étais vraiment concentré sur mon apprentissage. J’ai la conviction d’avoir tous les outils pour faire une belle course. Je ne me focalise pas non plus sur les bateaux de la dernière génération en série, les Pogo 3 et les Offset. J’ai moi aussi des armes, des petits trucs pour bien faire. Je prendrai le départ sans complexe. Ma seule crainte est de heurter un OFNI.»

Simon Brunisholz

28 ans, Blonay, 1re participation à la Mini Transat.

Bateau Mini-Lab/www.defiatlantique.ch Un Pogo 2 qui avait fait la Mini en 2011 barré par le Genevois Nicolas Groux, actuel directeur du CER.

Catégorie Série.

Objectif Une place dans les dix premiers.

Il dit «Je n’ai pas eu un grand vécu en dériveur comme Patrick et Simon. Mais j’ai d’autres atouts. Mon expérience dans le projet Vendée de Stamm a été riche d’enseignements de toutes sortes. Je dois parfois me pincer pour me rappeler que ce que je vais faire, ce n’est pas de l’ordre du normal mais que cela reste extraordinaire.»

Simon Koster

26 ans, Zurich, 2e participation (3e en série en 2013 juste derrière Justine Mettraux).

Le bateau Eight Cube C’est dans le cabinet de Michel Desjoyeaux, Mer Forte, que ce prototype a été dessiné par Olivier Mousselon. Il sort du lot avec ses dérives en forme de foils, son roof très particulier et sa forme de carène à l’avant tout en rondeurs.

La catégorie Prototype.

Son objectif Faire marcher au mieux ce bateau tout neuf qui pourrait être la grande surprise de cette 20e?édition.

Il dit «A certaines allures, le bateau va très vite et j’arrive à le délester de 500 kilos. Je dois encore régler les détails pour qu’il soit polyvalent.» G.SZ

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