«Novak, Roger et Stan sont favoris, pas Nadal»

Selon l'entraîneur français Patrick Mouratoglou, l’Espagnol n’aborde pas l’Open d’Australie dans les meilleures dispositions. Il n’a disputé que 13 matches en 7 mois.

Rafael Nadal (ici en compagnie de Caroline Wozniacki)est arrivé à Melbourne sans avoir trouvé ses marques.

Rafael Nadal (ici en compagnie de Caroline Wozniacki)est arrivé à Melbourne sans avoir trouvé ses marques. Image: AP

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Il était un peu plus de 11 h 30, vendredi matin, lorsque Rafael Nadal a fait son apparition sous le soleil de Melbourne pour sa séance d’entraînement quotidienne. A l’intérieur de la Rod Laver Arena, le No 3 mondial aux 14 titres du Grand Chelem travaille ses gammes et court après ses sensations, à trois jours d’un Open d’Australie qu’il n’aborde pas dans des dispositions idéales. Au contraire de ses plus sérieux contradicteurs.

Pour la troisième fois de sa carrière - après 2012 et 2011 -, Novak Djokovic, titré à Bercy en octobre et au Masters en novembre, a bouclé l’année 2014 au sommet de la hiérarchie. Roger Federer (ATP 2) et Stan Wawrinka (4) surfent, eux aussi, sur une vague de confiance après leur sacre en Coupe Davis et leurs victoires de la semaine dernière, respectivement à Brisbane et à Chennai. Nadal, lui, peine à effectuer son retour à la compétition - si l’on met de côté un succès en double conquis aux côtés de Juan Monaco à Doha -, après deux mois d’indisponibilité.

Fessé 6-2 6-0 par Andy Murray lors de l’exhibition d’Abu Dhabi, le 2 janvier, l’Espagnol a enchaîné avec une élimination au 1er tour de l’Open du Qatar, quelques jours plus tard. Une contre-performance enregistrée de surcroît face au modeste allemand Michael Berrer (34 ans, ATP 121). «Je dois aller lentement, car mon corps n’est plus habitué aux efforts. Il est normal qu’il me faille un peu de temps pour revenir au top», lâchait-il à Doha.

Miné par les blessures en 2014 - dos, poignet, appendicite -, El Matador n’a disputé que treize rencontres lors des sept derniers mois. Et a perdu près de la moitié d’entre elles, contre Feliciano Lopez (ATP 21 à l’époque), Martin Klizan (56), Dustin Brown (85), Berrer, Borna Coric (124) ou encore Nick Kyrgios (144). «Je travaille bien, dur, et je fais les choses qu’il faut, avec l’attitude adéquate, commentait-il encore. Mais pour avancer, j’ai besoin de jouer des matches. Donc d’en gagner.»

Faut-il s’inquiéter pour le gaucher de Manacor, à trois jours de l’Open d’Australie? «Il y a deux aspects, répond Patrick Mouratoglou, croisé hier à Melbourne Park, où il œuvre notamment aux côtés de la No 1 mondiale Serena Williams, qu’il entraîne depuis Wimbledon 2012. A moyen terme, il n’y a pas de raison de se faire du souci. Plusieurs fois dans sa carrière, lorsqu’il a été forcé de s’arrêter quelques mois, il a montré qu’il était en mesure de revenir au premier plan relativement vite. Maintenant, pour l’édition 2015 de ce Grand Chelem, il est à mon sens un peu court.»

L’expert français détaille: «C’est un joueur qui, comme il le dit, a toujours vraiment eu besoin de remporter beaucoup de rencontres pour se rassurer et bien sentir ses coups. En 2013, après une longue absence (ndlr: 7 mois), il avait entamé son come-back par une tournée en Amérique du Sud (ndlr: marquée par deux titres, au Chili et au Mexique, et une finale, au Brésil). C’était sur terre battue, sa surface de prédilection, le niveau n’était pas exceptionnel, mais ça lui avait permis de reprendre ses marques pour la suite de la saison. Là, il attaque le premier Grand Chelem de l’année en ayant peu joué et sans avoir été capable de retrouver ses points de repère. Ce sera difficile pour lui.»

«Plus vulnérable que Federer»

Nadal est fragile, et ce n’est pas nouveau. Depuis 2007, l’Espagnol n’a pas connu une saison où il a participé à l’ensemble des épreuves majeures du calendrier (Grand Chelem, Master 1000, Masters). «Aucune action n’est neutre, explique Mouratoglou. Il a pu devenir Rafael Nadal en s’investissant à 100%, dans chacune de ses frappes, lors de chacun de ses matches ou entraînements, du 1er janvier au 31 décembre. Et ce depuis qu’il est gamin. Mais, en mettant autant d’intensité et en tirant autant sur la machine, il s’est usé. A 28 ans, son corps est d’ailleurs probablement plus vulnérable que celui de Federer, qui est de cinq ans son aîné.»

En début de semaine, Rafa prendra part à son dixième Open d’Australie (un titre, en 2009). Et le coach français n’en fait pas l’un de ses favoris. «Pour moi, Novak, Roger et Stan le sont davantage, au vu des circonstances. Après, le format des matches, en cinq sets, est un atout pour Nadal, car il a une grosse capacité à durer dans le temps. Et puis, s’il parvient à enchaîner les victoires, il peut, petit à petit, retrouver ses sensations.» Et devenir dangereux.

Créé: 16.01.2015, 14h05

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