Et si la chance était cette fois du côté des Suisses?

SkicrossMalgré son fort potentiel, l’équipe masculine court après un podium majeur depuis huit ans. Fin de l’attente mercredi?

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Souvent aux avant-postes en Coupe du monde, jamais lors des grands rendez-vous. Telle est le constat pour l’équipe de Suisse masculine de skicross depuis la médaille d’or, à Vancouver, du désormais retraité Mike Schmid. Prenez Alex Fiva (32 ans), vingt-deux podiums depuis 2010, dont onze victoires. Son meilleur résultat dans un événement majeur est jusqu’ici une 11e place aux Mondiaux de Voss en 2013, l’année où il avait remporté le général de la discipline en parallèle. Les Championnats du monde de 2015 à Kreischberg, là où il s’était imposé une saison plus tôt? Bouclés au 28e rang. Alors, certes, le Grison a longtemps dû faire face à des problèmes de dos, notamment aux JO de Sotchi (31e). Il n’empêche qu’il a suffisamment brillé en Coupe du monde pour que la question suivante semble légitime: y a-t-il un blocage durant les grands rendez-vous? «Absolument pas», répond l’entraîneur en chef Ralph Pfäffli. Les chiffres sont pourtant clairs: depuis huit ans, le skicross suisse n’a pu compter que sur Fanny Smith pour décrocher des médailles, à chaque fois aux Mondiaux (l’or en 2013, l’argent en 2017 et le bronze en 2015). Chez les hommes, nada.

«Il faut avoir de la chance»

«Les gens doivent comprendre qu’un jour sans est quelque chose de normal, dans notre sport, explique Ralph Pfäffli. Comme ailleurs, pour monter sur le podium, il faut en avoir le potentiel et être en forme. Mais il y a dans notre discipline une part d’aléatoire qui entre également en ligne de compte. Une bousculade, un bâton mal placé et c’est fini. En ski alpin, on peut éventuellement prévoir une victoire. Quand Marcel Hirscher est en piste, il a toutes les clés en main. En skicross, où les finales se disputent par séries de quatre concurrents, c’est impossible de prédire quoi que ce soit. Il y a trop de paramètres. En plus du talent, il faut avoir de la chance.»

Force est de constater que celle-ci n’a pas été du côté des skieurs au passeport rouge à croix blanche lors des derniers événements majeurs. Et rien ne garantit que les choses seront différentes mercredi à PyeongChang. La Suisse pourra compter sur des athlètes de référence, tels qu’Alex Fiva (3 podiums dont 1 succès cette saison) et surtout Marc Bischofberger, leader du général de la Coupe du monde. «Je peux vous assurer qu’ils ne visent que la gagne», affirme l’entraîneur en chef.

Un camp au Japon

Tout a du reste été entrepris dans cette optique. Histoire d’inverser la tendance. «On a modifié quelques détails dans notre manière d’aborder ces Jeux par rapport à Sotchi, soulève Ralph Pfäffli. On est par exemple revenus au Village olympique au lieu de séjourner avec les freestylers, dont l’état d’esprit fun et éclate ne correspond pas toujours à notre sport.» L’équipe nationale a par ailleurs planifié un camp de cinq jours au Japon, au bord de la mer, entre la cérémonie d’ouverture et les compétitions de skicross. Au programme: des séances physiques et de la détente (surf, apnée, paddle). «Ça nous a permis de bosser dur loin de l’agitation des JO», livre la Vaudoise Fanny Smith, qui sera en lice vendredi. «Vu le décalage horaire (ndlr: 8 heures), on avait décidé d’arriver tôt en Asie afin de nous acclimater au mieux, poursuit Ralph Pfäffli. On a effectué deux jours de tests de glisse à PyeongChang et on est partis à l’écart du froid. De toute façon, il n’existait pas de conditions de travail sur neige conformes à nos besoins dans les alentours. Et puis, le calendrier du mois de janvier avait été chargé au niveau du ski. Un rappel physique dans un environnement calme nous a paru une bonne solution. On était de retour pour les entraînements du week-end sur la piste olympique et je dois dire que les impressions sont plutôt positives.» Suffisant pour que la roue tourne? Impossible de le prédire, même avec, au départ, deux des trois meilleurs spécialistes actuels de la discipline.

Créé: 19.02.2018, 21h39

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