Le Vaudois qui aide les skieurs à s'envoyer en l'air

JO 2018Nicolas Vaudroz est à pied d'oeuvre sur la piste de skicross des JO de Pyeongchang. Le Vaudois arrive à la fin d'un périple usant, mais passionnant.

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Allier ses passions pour l'art et le snowboard, c'est ce qu'a réussi à faire Nicolas Vaudroz. Son job: dessiner et construire des parcours de skicross et de boardercross, notamment pour la Fédération internationale de ski (FIS) qui organise les épreuves de Coupe du monde. Et depuis une dizaine de jours, le Vaudois est à pied d'oeuvre à Pyeongchang, où il a activement participé à la création du tracé olympique des deux disciplines. «Cette fois-ci, je ne suis pas seul à la baguette comme cela a été le cas à Sotchi en 2014. Au moment de l'appel d'offres, j'ai été contacté par l'entreprise américaine White Industries, qui s'occupe aussi de créer des événements de ce type.»

Nicolas Vaudroz a utilisé ses talents de dessinateur pour réaliser l'esquisse du parcours sud-coréen. Mais à Pyeongchang, le quadragénaire est surtout au four et au moulin pour s'occuper de la construction du tracé en tant que machiniste. «On ne compte pas notre temps. On travaille au minimum une douzaine d'heures par jour sur la piste, sur les différents modules, les sauts, c'est très intense», explique-t-il. «En 2014, à Sotchi, l'entretien de la piste était délicat et compliqué à cause de la chaleur. A chaque fois qu'on utilisait une machine, la neige fondait. On avait peur de perdre des mètres de neige. Tandis qu'à Pyeongchang, c'est plus simple à entretenir en raison du froid, même si la neige a tendance à se transformer en gros sel au moment où on modèle le tracé.»

Et de la neige, il a fallu en bouger au Parc Phoenix pour le parcours olympique, mais surtout en créer: «On a dû fabriquer 380'000 m3 de neige artificielle, parce qu'il n'y en a pas beaucoup de naturelle. Si on regarde à côté des pistes, tout est sec, il y a des feuilles, de la poussière. C'est pour ça que la piste est parfois brune», explique Nicolas Vaudroz.

Mais tout ça, c'est son kif. Pour créer ces parcours, le Vaudois ne travaille qu'«au feeling». «C'est ce côté créatif que j'aime, laisser la nature guider mes choix de courbes, utiliser chaque mouvement de terrain, avoir des réceptions de saut naturelles. Je vois ça comme une sculpture géante. Ce qui est aussi génial, c'est qu'il s'agit d'un élément éphémère, esthétique, mais surtout fun à rider.»

Un sport scabreux

Considérés comme des disciplines extrêmes, d'où leur présence aux X Games, littéralement «jeux extrêmes», le skicross et le boardercross donnent parfois lieu à des chutes violentes, comme cela a été le cas à plusieurs reprises sur les deux parcours du Parc Phoenix. Après le skieur français Terence Tchiknavorian, c'est le Canadien Christopher Del Bosco qui a lourdement chuté mercredi. Le bilan est lourd pour le champion du monde 2011, qui souffre d'une fracture du bassin selon son staff technique.

Pour Nicolas Vaudroz, plusieurs facteurs expliquent ces incidents. «Un des problèmes principaux est de faire courir les hommes et les femmes sur le même parcours. Le souci est que, par exemple, si on fait un saut pour les skieurs, les dames risquent de ne pas sauter assez loin et retomber sur le plat. A l'inverse, les hommes risquent d'aller trop loin comme cela a été le cas à Pyeongchang.»

L'habitant de Leysin observe un autre point: «Nous sommes plusieurs designers à avoir travaillé sur le tracé, il a fallu trouver un compromis», explique-t-il. «J'avais envie de ralentir un peu le parcours, de favoriser les dépassements, mais nous avons finalement décidé de faire un circuit un peu plus rapide.»

Toutefois, il est difficile de jeter la pierre à quelqu'un, selon le Vaudois. «Les sportifs se donnent à fond, c'est la fièvre olympique. C'est souvent la course d'une vie. Mais il est difficile de dire qui est responsable.»

Déjà une médaille

Depuis le début des JO, Nicolas Vaudroz a vécu la médaille d'argent du Suisse Marc Bischofberger en skicross. Vendredi, c'est au tour de la Villardoue Fanny Smith de disputer la finale dames avec, comme objectif, une nouvelle breloque. «Cela me ferait plaisir qu'elle gagne sur le tracé sur lequel j'ai travaillé», conclut notre concepteur de pistes.

Créé: 22.02.2018, 19h30

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