«Oui, il y a une vie après le football»

FootballSur le carreau depuis mars dernier suite aux déboires financiers du FC Wil, Jocelyn Roux a rejoint le barreau.

Le fil de la carrière de Jocelyn Roux s’est rompu lors de la déroute financière du FC Wil.

Le fil de la carrière de Jocelyn Roux s’est rompu lors de la déroute financière du FC Wil. Image: KEYSTONE

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Jocelyn Roux est porté disparu. Sur le plan footballistique s’entend. Buteur patenté, il a écumé les stades suisses avec un succès indéniable (173 buts en 368 matches). Mais en mars dernier, le fil de sa carrière s’est rompu brutalement lorsque les dirigeants turcs du FC Wil ont mis la clé sous le paillasson. Libéré de ses obligations contractuelles envers le club saint-gallois en pleine déroute financière, le Genevois (30 ans) imaginait rebondir à Servette, à Xamax voire au LS. Las pour l’ancien joueur d’Etoile Carouge, Nyon, Bellinzone et Thoune, le transfert ne s’est jamais finalisé.

«J’espérais effectuer encore une saison à un haut niveau tout en restant dans la région. Servette était ma priorité (ndlr: il avait quitté le club genevois en juin 2015 après la relégation administrative en 1re ligue). La perspective de monter en Super League me titillait. Je ne revendiquais pas un poste de titulaire. J’aurais apporté mon expérience dans mes bagages. Mais ça ne s’est pas fait. Après la résiliation de mon contrat avec Wil, Christian Binggeli (le président xamaxien) m’a envoyé un petit message. Finalement, l’équipe s’est mise en place sans moi. Au LS, Celestini m’a dit que je ne rentrais pas dans ses plans.»

«J’ai gardé de bons contacts dans tous les clubs où j’ai évolué et j’ai des nouvelles de partout»

Jocelyn Roux n’a donc pas eu d’autre choix que de mettre un terme prématuré à sa carrière. «Ça fait partie du jeu et du métier. Je ne suis pas le seul dans ce cas. Prenez l’exemple de Xavier Margairaz.» Roux n’aurait-il pas pu poursuivre son activité au-delà de nos frontières? «Le championnat de Challenge League n’est pas le plus attractif pour un club étranger et j’étais plutôt en fin qu’en début de parcours. Il s’agit de deux éléments rédhibitoires», rit-il. Le rire n’est pas amer. L’intéressé ne cultive pas cette aigreur dont sont volontiers friands les ex. «J’avais déjà pris un coup de vieux il y a deux ans à la Pontaise. Lorsque Zeqiri, né en 1999, nous avait rejoints, ça m’avait fait drôle.» N’aurait-il pas gagné davantage – sportivement parlant – à rester au LS à l’hiver 2016? Avec 13 réussites à son actif, il émargeait alors en tête du classement des buteurs de Challenge League. «Je n’ai pas de regret. Sur le moment, j’ai fait le bon choix. Avec le recul, on est toujours plus intelligent.»

Un soir, à Galatasaray

Au fil de ses pérégrinations, Jocelyn Roux s’est forgé des souvenirs pour plus tard. «En Coupe d’Europe, j’étais entré à la 72e minute d’un Galatasaray - Bellinzone. Ce match au Stade Ali Sami Yen, je ne l’oublierai pas. C’était génial. Quand on prend part à un telle rencontre, dans une telle ambiance, on mesure le bonheur de jouer au foot.» Au chapitre bons souvenirs, il cite encore, pêle-mêle, l’ascension de 1re ligue en Challenge League avec Stade Nyonnais («Dans la foulée, je suis passé pro»), la montée avec le LS en 2010-2011 et l’aventure en Europa League. «J’ai gardé de bons contacts dans tous les clubs où j’ai évolué (avec Lavanchy, Sessolo, Tréand et autre Pasche) et j’ai des nouvelles de partout.» Sa passion pour le football est intacte. «J’étais à la Praille pour le récent Servette-Xamax.»

La possibilité de rejoindre un «petit» club l’a-t-elle effleuré? «Cette saison, je ne m’étais pas fait à cette idée. Je voulais vraiment intégrer une structure pro. Jusqu’en juin, je me suis entraîné avec Étoile Carouge puis j’ai entretenu ma condition physique pour être prêt, au cas où…»

Titulaire d’un bachelor en droit depuis 2013, Jocelyn Roux a repris ses marques dans le civil. Au bout du lac, il effectue un stage dans une étude orientée sur les aspects bancaire et financier. «Il s’agit d’une belle opportunité. J’engrange une précieuse expérience.» Et notre interlocuteur de jurer, amusé: «Oui, il y a une vie après le football.»

Créé: 15.01.2018, 21h21

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