«Ce n’est pas un parcours idéal, mais c’est le mien»

FootballLe Vaudois Frédéric Veseli, champion du monde M17 il y a dix ans, a eu une trajectoire cabossée, mais il peut en être fier.

Frédéric Veseli porte le maillot d’Empoli depuis 2016 et défend les couleurs de l’Albanie.

Frédéric Veseli porte le maillot d’Empoli depuis 2016 et défend les couleurs de l’Albanie.

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Lundi soir, l’Association suisse de football a honoré ses champions du monde des moins de 17 ans, qui fêteront ce vendredi les dix ans de leur sacre au Nigeria. Sur les vingt et un Suisses sélectionnés à l’époque, sept se sont retrouvés pour cette petite réception. Le capitaine vaudois d’alors avait pour sa part une bonne excuse de ne pas en être. Frédéric Veseli jouera, en effet, avec l’Albanie jeudi et dimanche, face à Andorre et à la France, en qualifications pour l’Euro 2020.

Le Renanais de 26 ans ne garde, forcément, que des bons souvenirs de cette belle époque. «C’était un moment très spécial, nous a-t-il confié au téléphone depuis Tirana. Mais comme chaque année à la même date, on fête ça comme un anniversaire et les souvenirs vieillissent, forcément… Je me rappelle surtout qu’on avait tout gagné et qu’on avait rencontré des joueurs devenus aujourd’hui très importants (ndlr: Neymar, Mario Götze, Isco, Sergi Roberto, Alvaro Morata…). En prime, la finale fut incroyable, devant plus de 60 000 spectateurs et face à des adversaires un ou deux crans au-dessus physiquement. Je me souviens aussi que les fans venaient de découvrir les vuvuzelas!»

Ne jamais abandonner

La suite n’aura pas été simple pour l’actuel défenseur d’Empoli, en Serie B italienne. «J’ai eu la chance de commencer par jouer pour les deux clubs de Manchester. J’ai toutefois connu des blessures au mauvais moment, notamment lorsque j’avais été recruté par United en janvier 2012, regrette Veseli, qui avait fait ses classes dans le Team Vaud. Je me suis alors retrouvé dans une spirale infernale, avec des soucis physiques, des mauvais choix de carrière et des circonstances pas vraiment favorables. Mais je me suis accroché et j’en suis ressorti du mieux que j’ai pu. Voilà… Ce n’est pas le parcours idéal, mais c’est le mien.»

Certains de ses coéquipiers de l’époque ont connu les paillettes, d’autres sont retournés «dans le civil». Lui n’a pas lâché l’affaire. Il a écumé des clubs anglais de seconde voire troisième zones (Ipswich Town, Port Vale, Bury…), avant de se relancer à Lugano, puis Empoli. En Italie, il fait certes l’ascenseur avec le club toscan, mais il joue. «Par amour du foot et aussi parce que j’avais une vraie confiance en mes qualités, a souri l’ancien junior du FC Renens, après avoir dû traduire le mot qu’il cherchait de l’italien, devenu sa langue depuis quelques années. Dans ce sport, quand on en a l’opportunité, il ne faut surtout pas abandonner si on sait qu’on peut et qu’on doit faire mieux.»

Au niveau international, l’équipe de Suisse avait ce qu’il fallait là où il le fallait. Et c’est donc tout naturellement qu’il a accepté l’appel du pays de ses parents, l’Albanie, avec qui il a joué déjà vingt-deux fois. «On est du Kosovo, nos racines sont albanaises. Ça n’a pas été difficile à accepter. Ça aurait d’ailleurs été tout aussi facile si c’est l’ASF qui m’avait appelé, a-t-il assuré. Mes parents étaient fiers, c’était quelque chose d’important pour eux que je représente notre pays au niveau international.» Et d’autant plus quand on vient de Renens, où cette communauté est très présente? «Oui, mais pas seulement, se marre-t-il. Il y en a beaucoup partout en Suisse…»

«Délicat de changer»

La question de changer de casaque s’est forcément posée, lorsque, le 3 mai 2016, le Kosovo a été admis comme cinquante-cinquième membre de l’UEFA… «Mais du moment que j’avais choisi l’Albanie dès le départ, j’ai décidé de rester. C’est clair que ça aurait été un peu délicat de changer d’équipe nationale ainsi et je pense que ceux qui l’ont fait, c’est aussi par rejet de l’Albanie… C’est une question délicate, difficile à aborder. Mais c’est génial que ça se soit aussi bien passé depuis pour le Kosovo de Bernard Challandes. La sélection fait un parcours incroyable. Franchement, on est pas mal à être leurs premiers supporters et on se réjouit aussi de leurs victoires. Nous, on fait une bonne phase de qualification (ndlr: quatrièmes du groupe H), mais on n’a pas su concrétiser nos occasions à l’aller en Islande (1-0) et au retour en Turquie (1-0). À part ça, si on gagne contre Andorre jeudi, on battra notre record de points dans une campagne qualificative! Ce n’est pas si mal.» Une belle récompense pour une sacrée dose d’abnégation, en tout cas.

Créé: 12.11.2019, 22h59

Qualifications pour l’Euro 2020

Groupe D
Vendredi
20.45 Suisse - Géorgie
Lundi
20.45 Gibraltar - Suisse

Retrouvailles entre champions du monde

«Tu te rappelles, quand j’avais mis ce gros tacle contre le Brésil?» «Moi, j’aurais pris Andi Zeqiri plutôt que Cédric Itten. Comme ça, on était sûr de le garder!» Ils ont été sacrés champions du monde des moins de 17 ans il y a dix ans, et ils restent des fans de football. Surtout quand ils assistent ensemble à l’entraînement de leurs anciens coéquipiers qui ont réussi à se frayer un chemin jusque chez les «A».

Ricardo Rodriguez et Granit Xhaka ont bien grandi, comme Haris Seferovic, qui était alors encore en route vers Zurich. Lundi soir, l’Association suisse de football a fait la fête aux jubilaires. Kofi Nimeley, Robin Vecchi ou encore André Gonçalves, aussi champions du monde en 2009 chez les juniors et aujourd’hui retraités du ballon rond ou bien loin du haut niveau, étaient de la fête. Mardi, ils regardaient avec une pointe d’envie mais pas mal de recul l’équipe de Vladimir Petkovic s’ébrouer sur le rectangle vert du Letzigrund. Ils ont fini par croiser leurs anciens coéquipiers dans les entrailles du stade zurichois et les surnoms de cette époque dorée sont ressortis, les blagues ont fusé, comme sûrement certains vieux dossiers plus tard en soirée. Les seuls champions du monde suisses de football de l’histoire n’ont aujourd’hui que 27 ans ou moins… Ils ont encore bien le temps de prendre des rides.

Ceux qui ont choisi – ou non – un autre chemin que le professionnalisme assurent n’avoir aucun regret. Ils ont vécu un moment d’histoire et, lundi encore, Rodriguez et Xhaka avaient des étoiles dans les yeux en se revoyant en photo soulever le trophée avec des bouilles d’adolescents. Ils en ont vu d’autres ensuite, mais ce souvenir reste sur le haut de la pile.

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