Passer au contenu principal

Portugal-Suisse: les dessous du match qu’il ne faut pas perdre

Une «finale» de groupe, cela se gère et la Suisse ne veut négliger aucun détail. C’est le prix à payer pour le Mondial 2018.

Les Suisses, tous complices, avaient le sourire samedi soir. Ils ont mis tous les atouts de leur côté pour le conserver même en rentrant de Lisbonne!
Les Suisses, tous complices, avaient le sourire samedi soir. Ils ont mis tous les atouts de leur côté pour le conserver même en rentrant de Lisbonne!
Keystone

Ils déambulent paisiblement dans les couloirs de l’aéroport, mais l’euphorie d’un soir, fût-elle celle d’une neuvième victoire consécutive dans ces éliminatoires du Mondial 2018, s’est dissipée. Oh, bien sûr, flotte toujours cette assurance, l’idée d’une confiance diffuse qui porte tout un groupe: le succès est un puissant ciment pour cette équipe de Suisse devenue intouchable. Il existe une part de légèreté qui berce une sélection au parcours parfait jusque-là. Cela se ressent à observer cette sérénité partagée par tous les internationaux au moment de quitter Bâle pour Lisbonne. Mais tous devinent aussi que cette forme d’impesanteur est une chimère dangereuse. Alors, en les regardant bien, on leur trouve également une forme de gravité au fond des yeux…

Au fond, l’insoutenable évidence leur brouille un peu la vue: le Portugal-Suisse de mardi soir, «finale» du groupe B, première place qualificative pour le Mondial 2018 en jeu, éclipse tout. Le passé comme le présent, la généalogie d’une aventure comme son éblouissante projection depuis neuf rencontres. Le vertige se dessine: à trôner depuis si longtemps, on redoute forcément le couperet de ce match guillotine. Comment ne pas perdre la tête dans ces conditions? Comment gérer cette situation en demeurant souverain? C’est justement la gestion de ces moments-là qui doit faire la différence. La Suisse n’a rien laissé au hasard. Levons le voile.

La gestion des ego

Une sélection nationale, c’est 23 internationaux, autant d’ego. Le sélectionneur doit gérer le groupe. Il est là pour faire des choix et les joueurs pour s’y plier. Encore faut-il le faire dans les formes. Sur ce plan, Vladimir Petkovic, conforté depuis plusieurs mois par les victoires qui s’enchaînent, fait tout juste. Avant la Hongrie, il a décidé de se passer des services de Rodriguez, Mehmedi et Dzemaili, tous menacés de suspension au Portugal s’ils recevaient un carton jaune samedi. Il a fallu leur parler. Il a fallu aussi discuter avec ceux qui les ont remplacés (Moubandje, Zuber, Frei), avant de faire le travail inverse maintenant… «Le mot, c’est: confiance, lance-t-il. Je transmets ma confiance à ce groupe et il me la rend sur le terrain. Je suis très fier de cet état d’esprit. Il nous portera encore mardi soir.»

La gestion du climat

Il faisait frisquet à Bâle samedi soir, une dizaine de degrés. A Lisbonne, la température flirte avec les 30 degrés. Et au moment du match, il devrait en faire 23 dans l’Estadio da Luz. Explications avec Markus Tschopp, analyste de la physiologie de la performance: «Le choc n’est pas assez marqué pour nécessiter des mesures particulières. Il faudrait que la température dépasse les 25 degrés au moment du match pour que cela soit problématique, ce qui ne devrait pas être le cas. Mais nous avons tout prévu, dont des jaquettes réfrigérantes, le cas échéant.»

La gestion du physique

Un match samedi, le suivant mardi; le footballeur n’est pas un hockeyeur, le cumul des rencontres dans un laps de temps raccourci est autrement plus dérangeant. «Courir sur un terrain constitue une succession de traumatismes pour les muscles, explique Olivier Riedwyl, préparateur physique. Ce n’est pas comparable avec le fait de glisser sur la glace.» Voilà pourquoi tout est surveillé de près. Surtout la fraîcheur physique: programmes particuliers, régénération, boissons spécialisées, bains froids et chauds. «Il y a aussi des exercices moins connus d’ordre neuromusculaires, précise Olivier Riedwyl. Pour favoriser la force explosive, nous stimulons les fibres musculaires rapides. Le but, c’est que tout le monde soit au plus haut niveau mardi soir.»

La gestion personnelle

Le staff de la Suisse est au chevet des internationaux au quotidien. Chaque matin, chaque joueur doit, dès le réveil, répondre à quatre questions. En fonction, des réponses, des mesures individuelles sont prises. Les questions? Markus Tschopp lève le voile: «La première porte sur l’énergie personnelle: se sent-il au top? La deuxième estime son sommeil: a-t-il bien dormi, la nuit a-t-elle été réparatrice? La troisième concerne les muscles: le joueur doit dire s’il se sent bien, s’il n’a pas de tension particulière à un endroit. La dernière est là pour évaluer le degré de stress: le joueur se sent-il sous pression, dans une situation de stress?»

Mis bout à bout, tous ces détails sont précieux. Le reste se jouera sur le terrain, mardi soir.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.