Entre présent et futur, l’ASF et Petkovic tissent des liens

FootballUne prolongation de contrat jusqu’au Mondial 2022 est en vue. Mais il a été question de l’Euro à venir aussi.

«C’est ma volonté comme celle de l’ASF de continuer ensemble. Parce que nous avons un travail à poursuivre», affirme Vladimir Petkovic.

«C’est ma volonté comme celle de l’ASF de continuer ensemble. Parce que nous avons un travail à poursuivre», affirme Vladimir Petkovic. Image: Keystone

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Le rendez-vous informel devait embrasser le bilan irréprochable, comme toujours jusque-là, de Vladimir Petkovic. Une sorte de table ronde, justement pour arrondir les angles. Mais c’est bien sûr d’avenir qu’il a été question. Et sur ce point, les zones d’ombre ont été levées, presque totalement, autant pour le futur du sélectionneur national que pour la préparation à l’Euro 2020 et à la compétition elle-même, qui attend l’équipe de Suisse l’été prochain.

Premier point d’interrogation qui a eu sa réponse: Petkovic veut-il prolonger son contrat au-delà de l’Euro, pour conduire la Suisse lors des éliminatoires du Mondial 2022? Et l’ASF veut-elle de son côté poursuivre le travail avec le sélectionneur actuel? À ces deux questions, une seule réponse: oui.

«Les premières discussions que nous avons eues sont très positives, il y a de part et d’autre la volonté de trouver un terrain d’entente pour poursuivre ensemble le travail commencé», a assuré Petkovic.

«Vladimir Petkovic est notre première option», a relevé Pierluigi Tami, le directeur des équipes nationales. Sauf rebondissements, l’ASF et Petkovic vont s’accorder pour prolonger le contrat du sélectionneur jusqu’en 2022.

Cela permettra à l’entraîneur et à ses joueurs de préparer et de disputer l’Euro 2020 dans la sérénité. Cette période de préparation devrait commencer en mars au Qatar (comme déjà envisagé ici il y a deux jours), avec un tournoi à quatre façon Final Four (demi-finale et finale, ou petite finale), avec pour adversaires le Portugal, la Belgique et la Croatie.

Contre l’Allemagne à Bâle

La Suisse prendra ensuite ses quartiers à Bad Ragaz, dans le canton de Saint-Gall, du 25 mai au 5 juin. Durant cette période, elle se testera contre l’Allemagne à Bâle (le 31 mai) et contre le Liechtenstein à Saint-Gall (le 4 juin).

Ensuite, ce sera le départ pour le camp de base choisi pour l’Euro, où la Suisse se frottera au Pays de Galles, à l’Italie et à la Turquie. Bakou a été envisagé, mais c’est finalement Rome qui a été retenue. Pour des raisons de logistique et d’infrastructures. Dans la Ville éternelle, l’équipe de Suisse profitera des installations de l’AS Rome (son centre d’entraînement).


L’Euro à venir

«Rien ne sera simple»

Avec pour adversaires le Pays de Galles (13 juin à Bakou), l’Italie (17 juin à Rome) et la Turquie (21 juin à Bakou), la Suisse n’a pas hérité d’un groupe simple. C’est toujours mieux que le groupe de la mort, mais Vladimir Petkovic reste sur ses gardes. Et rappelle déjà une vérité.

«Nous devons jouer contre l’Italie qui évoluera à domicile à Rome, rappelle-t-il. Rien ne sera simple. Mais nous devrons également affronter la Turquie qui jouera aussi à domicile. Parce que la Turquie à Bakou, c’est presque comme si elle était à domicile.» La Suisse ayant décidé d’établir son camp de base à Rome, il faudra voyager deux fois à Bakou. «Avant le premier match, nous envisageons de partir cinq jours avant le jour J, afin de digérer le trajet et de nous acclimater si nécessaire, a promis Petkovic. Il est prévu de rentrer immédiatement après les matches. Comme nous ambitionnons de sortir de la phase de groupes, nous serons mieux situés pour la suite.» Sauf si la Suisse finit 2e et qu’elle se hisse en quarts de finale. À ce moment, elle devrait retourner à Bakou…


Ses attentes

«Je veux des joueurs qui jouent!»

Après une première sélection élargie, Vladimir Petkovic devra retenir 23 joueurs pour l’Euro. Son cri du cœur est simple: «Je veux des joueurs qui jouent», a-t-il scandé. La requête fait sens, elle n’est pas originale, c’est le souhait de tous les sélectionneurs. Mais c’est encore plus vrai pour l’équipe de Suisse, qui ne dispose pas d’un réservoir immense de joueurs prêts au niveau international.

«Tous doivent comprendre l’importance du temps de jeu en club, insiste Petko. C’est leur responsabilité aussi de prendre les devants pour trouver du temps de jeu, en gagnant leur place ou en partant ailleurs. Pour l’Euro, je prendrai les 23 meilleurs joueurs qui seront en forme.»

On ne sait pas si le message comprend un sens caché adressé à Xherdan Shaqiri. S’il a récemment rejoué avec Liverpool (et avec brio), «XS» reste ce joueur en déficit de temps de jeu, qui a même refusé une sélection suisse sans être blessé, sinon moralement. L’équipe de Suisse s’est qualifiée à l’Euro sans lui, mais on voit mal Vladimir Petkovic se priver du «Shaq», même s’il chauffe le banc avec Liverpool.


Son contrat

«On peut encore progresser»

Face à certaines critiques, qui s’attachaient plus à la personne qu’à son travail et aux résultats obtenus avec la Suisse, on aurait pu croire que Vladimir Petkovic aurait été tenté de jeter l’éponge. C’est tout le contraire. D’abord, il a l’habitude des attaques ad hominem. Ensuite, il a le sens des priorités.

«Je suis optimiste quant au fait de trouver un terrain d’entente avec l’ASF, parce que nous sommes d’accord sur plusieurs points, lance le «Mister». J’ai la volonté de continuer. Parce qu’il y a la possibilité de faire mieux encore que les résultats actuels et que l’ASF me rejoint sur ce plan. Il y aura donc de nouvelles discussions.» Pour finaliser l’accord qui se dessine déjà.

La décision est logique de la part de l’ASF. Avec Petkovic, qu’on le veuille ou non, la Suisse a un sélectionneur qui la qualifie aux grands événements (Euro 2016, Mondial 2018, Euro 2020) et qui, en plus, a toujours au moins accroché une place en huitièmes de finale. Un quart l’été prochain? «Allons pas à pas», s’est contenté de répondre Petkovic.


Le bilan de l’année

«Tout est très positif»

«Pour bien faire, il faut même remonter un peu plus loin que 2019, lance Vladimir Petkovic. Il faut penser à l’après-Mondial, avec cet objectif de rajeunissement des cadres de la sélection qui était capital. Eh bien, on peut dire que tout a été très positif. Notre qualification au Final Four de la Ligue des nations, notre qualification à l’Euro 2020 à la première place du groupe aussi. Le tout avec plusieurs nouveaux visages, qui n’étaient pas seulement là pour faire le nombre mais pour nous aider.»

Petkovic a dû faire face à plusieurs blessures, physiques et parfois morales (Shaqiri). Il a toujours gardé une ligne de conduite, sans renier ses principes. Il est statistiquement le meilleur sélectionneur suisse de l’histoire. «Je ne peux que saluer l’état d’esprit de ce groupe, explique-t-il. C’est ce qui permet d’accueillir de nouveaux internationaux et cela favorise l’intégration des plus jeunes. C’est important pour la sélection helvétique, qui peut regarder le futur avec une relève déjà présente.»

Créé: 09.12.2019, 21h04

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