Quennec: «Quand je vais à Malley, je porte une écharpe grenat»

Hockey sur glace Le président de Ge/Servette et propriétaire du LHC s’est exprimé dans nos bureaux avant le derby lémanique.

Attaqué de toutes parts, Hugh Quennec reste zen et répond aux multiples critiques.

Attaqué de toutes parts, Hugh Quennec reste zen et répond aux multiples critiques. Image: Laurent Guiraud

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Il ne lui manque plus que la toge orange d’un moine bouddhiste! On exige qu’il dégage, mais les critiques lui passent par-dessus la tête. Hugh Quennec reste zen. «Moi ce soir, je vais gagner…» Le président de Ge/Servette et propriétaire de Lausanne HC sourit. «Quand je vais voir un match à Malley, je porte l’écharpe des Grenat et je serre des mains aux Lausannois.» Interview d’un Canadien toujours aussi secret…

Vous avez la voix douce et votre calme est désarmant. Vous arrive-t-il de vous énerver?
Oui, quand je suis sur la glace avec les vétérans, lorsque je manque un tir. Pour moi, comme disait un coach de basket, le succès c’est la paix et la sérénité. C’est ce que j’essaie de faire avec mes capacités. On peut prendre 8 à 0, une fois le match terminé, c’est moi qui vais remonter le moral aux gens. Ma grand-maman fribourgeoise, Madame Oberson, était ainsi. Alors qu’elle avait de gros soucis de santé, c’est elle qui aidait les autres. Quand on a traversé des périodes difficiles avec Ge/Servette, on m’avait demandé de virer Chris McSorley. Comme le Servette FC, j’y ai cru jusqu’au bout, c’est dans ma nature. Comme le pilote d’avion en pleine turbulence, il faut rester calme…

Avec Lausanne, vous vivez une situation plutôt tendue…
Je ne suis pas quelqu’un qui aime les conflits, c’est désagréable à vivre. Mais j’essaie d’avancer de manière positive. Le Servette FC a été un gros échec pour moi, avec les fournisseurs, le stade, les politiques, c’était très compliqué, mais il a heureusement été sauvé et il se reconstruit aujourd’hui. Je suis un optimiste et je continue d’avancer.

«Quand on est un personnage public, dans un domaine émotionnel, on devient vite une cible. »

En voulez-vous aux gens qui vous font passer pour un méchant?
Il est clair que je suis déçu. Mais l’autre jour, j’ai eu une longue discussion avec René Fasel, président de la Fédération internationale de hockey. Il m’a remercié pour tout ce que je fais pour le hockey genevois, vaudois et romand. Je lui ai parlé de la situation actuelle et il ne m’a fait aucun reproche.

Comment vivez-vous cette situation?
Quand on est un personnage public, dans un domaine émotionnel, on devient vite une cible. Mais j’essaie de rendre les gens heureux. Aujourd’hui, quand je fais le tour de la patinoire, les gens me remercient, ils ne comprennent pas…

Avez-vous le sentiment d’avoir été injustement traité?
Non, j’assume mes responsabilités et les échecs. Que voulez-vous, j’ai des forces et des faiblesses.

A force souvent de pratiquer la langue de bois, n’avez-vous pas l’impression de vous tirer une balle dans le pied?
Je ne suis pas quelqu’un qui cherche l’attention, je préfère qu’on parle de McSorley, de Bezina et des joueurs. Je n’ai pas le sentiment que les histoires de propriétaire intéressent les gens.

Mais est-ce que vous cachez quelque chose?
Non. En ce qui concerne Lausanne, je n’ai pas enfreint le règlement. Les gens concernés, les équipes, les joueurs le savaient et cela ne posait aucun problème. J’ai commis des erreurs, j’aurais pu mieux faire avec certaines personnes. Mais c’était aussi mon intérêt de préserver des choses. Cela se passe aussi de cette manière dans d’autres entreprises.

Ge/Servette reste-t-il une de vos priorités?
Mes objectifs n’ont pas changé, j’adore le hockey et j’espère bien qu’on va gagner un premier titre et avoir une nouvelle patinoire.

Quel est votre objectif d’ici à 2018?
D’aller voir ma fille Kaleigh aux JO en Corée du Sud, de gagner un titre avec Ge/Servette et qu’on annonce la construction de la nouvelle patinoire. On met beaucoup d’énergie pour réaliser ce projet de 210 millions, dont une majorité sera financée par des privés. Le puck est dans notre camp. D’ici à un mois on en saura plus.

Après la crise au Servette FC et cette situation compliquée avec LHC, cela ne vous enlève-t-il pas de la crédibilité auprès des politiques?
Pour l’instant, je suis occupé avec les dossiers du Lausanne HC mais j’ai assisté à des séances avec les autorités avant Noël. C’est un dossier important, la patinoire…

En Amérique du Nord, le succès se définit par l’argent que l’on gagne. M. Quennec, êtes-vous un homme riche?
Je reste toujours discret sur l’argent. J’ai un ami qui me disait que tu peux faire un budget pour prendre ta retraite à n’importe quel âge. La richesse c’est comme le succès, c’est la paix, la sérénité. Si mon objectif avait été purement financier je ne serais pas resté dans le sport…

M. Quennec, une rumeur dit que vous n’êtes qu’un intermédiaire de M. Gennady Timchenko…
J’ai aussi entendu plein d’autres rumeurs et fantasmes…


«A Lausanne, les gens me remerciaient»

Hugh Quennec, en 2007, Ge/Servette ne roulait pas sur l’or et souffrait dans des Vernets vieillissants. Et pourtant, c’est à ce moment-là que vous avez investi à Lausanne en rachetant le capital-actions. Vu de Genève, cette décision peut paraître surprenante…

C’est comme lors de mon arrivée à Genève, ce n’est jamais moi qui cherche. On vient me chercher. En 2007-2008, effectivement, Ge/Servette avait besoin d’une rénovation de sa patinoire pour générer des revenus supplémentaires, dans la zone VIP notamment. Mais il n’a jamais été question que ce soit au club d’investir dans de tels travaux. Il revenait aux collectivités de le faire. Chose qu’elles ont faite par la suite.

Vous êtes actionnaire majoritaire ou unique au LHC?
Je suis actionnaire majoritaire mais je ne suis pas seul.

Pourquoi avoir si souvent nié votre implication dans le club vaudois?
A l’époque, il n’y avait vraiment pas de nécessité à me mettre en avant. Je n’étais pas seul. Il y avait Jim Koleff dans l’histoire ainsi que d’autres personnes. Il y avait une tout autre dynamique qu’aujourd’hui. Les deux équipes n’évoluaient pas dans la même catégorie et on parlait surtout du partenariat sportif.

Des communiqués officiels ont été publiés, arguant que vous n’aviez aucun lien direct avec le LHC…
C’était un choix de communication. J’avais discuté avec quelques conseillers et avocats. Nous avions estimé qu’il était mieux d’agir ainsi. C’était aussi une façon de calmer le jeu et ne pas exciter les passions que l’on retrouve dans les extrémités des deux clubs.

Le revers de la médaille de votre manque de transparence, c’est la multiplication des rumeurs, des bruits qui courent, des gens qui savent, eux. Avez-vous des regrets sur ce plan-là?
C’est sûr qu’avec le recul je me dis qu’il aurait peut-être fallu agir différemment. Mais je vous le répète, dès ma reprise du club, j’ai toujours été accueilli sereinement à Lausanne. Les gens étaient courtois, ils me remerciaient. Tout le monde savait quel était mon rôle depuis des années.

Le coup d’éclat du 18 décembre 2015 est-il un coup bas à vos yeux?
Clairement. Le but était de créer des conditions difficiles pour moi. C’était également pour faire peur à la Ligue qui est toujours sensible à son image. Là aussi cela aurait pu se passer différemment. Et la Ligue aurait pu reconnaître que j’étais resté dans le cadre du règlement. Au lieu de cela, on va créer une «Geneva-Rule» pour m’obliger à vendre tout ou partie de mes actions afin que je ne sois plus actionnaire majoritaire dans deux clubs.

Le timing de cette séance convoquée par le CA du LHC s’inscrit dans un agenda très précis. La rénovation de Malley ainsi que l’exploitation de la future arène flambant neuve excite visiblement les appétits des uns et des autres?
Je vous laisserai spéculer là-dessus. Mais il y a effectivement un agenda qui a précipité les choses.

Combien de repreneurs crédibles sont encore sur les rangs?
Il y en avait six à la base. Je dirais qu’il en reste quatre désormais.

L’un d’entre eux est représenté par Philippe Leuba, du Conseil d’Etat vaudois. Est-ce que ce groupe tient la corde? Tente-t-on de vous l’imposer?
Non. La solution choisie sera celle qui assurera les meilleures perspectives à long terme pour le LHC. Mais je ne veux pas commenter ce groupe de travail qui a été mis en place avec les actionnaires, les autorités et la direction du Centre intercommunal de glace de Malley (CIGM). Je me suis engagé à cela. Je peux juste dire que la situation où l’on me force à céder la majorité de mes actions n’est pas idéale. La précipitation n’est jamais bonne dans ce genre de situation.

G.SZ, C.MA., P.R.
(24 heures)

Créé: 05.02.2016, 23h01

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