«Même avec quinze points d'avance, mon destin était scellé»

FootballLicencié malgré la 1re place du club en Promotion League, l'ex-entraîneur d'Yverdon Anthony Braizat revient sur cette séparation.

Anthony Braizat: «Ça fait six semaines que le président les appelle pour savoir ce qu’ils pensent de moi. Y compris à ceux qui se retrouvent sur le banc. Forcément du négatif finit par ressortir.»

Anthony Braizat: «Ça fait six semaines que le président les appelle pour savoir ce qu’ils pensent de moi. Y compris à ceux qui se retrouvent sur le banc. Forcément du négatif finit par ressortir.» Image: CHRISTIAN BRUN

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Anthony, comment avez-vous encaissé votre licenciement?
Ça fait partie du métier d’entraîneur. J’ai connu la même situation à Servette il y a trois ans. On était néo-promus en Challenge League, 3es du classement et le club avait décidé qu’on s’arrêtait là. Je prends de la bouteille, mais ce genre d’événement affecte toujours.

Vous sentiez le coup venir?
Sincèrement? Ça fait trois semaines que j’entends des bruits comme quoi je serai remercié après le dernier match (ndlr: samedi contre Nyon, 1-1). Si c’est arrivé à mes oreilles, cela signifie que tout le vestiaire était au courant.

Les résultats contrastés de ce dernier mois, c’est comme ça que vous les expliquez?
Vous en tirez les conclusions que vous voulez. Maintenant, tout le monde a vu notre prestation contre le Stade Nyonnais. Je me suis fait allumer par rapport à mon coaching? Très bien. Mais c’est utile de connaître toutes les données avant d’émettre ces jugements.

Durant cette période, vous étiez encore le meneur d’hommes de cette équipe?
J’ai envie de dire oui. Des différends avec le président par rapport à mes alignements, j’en ai connu. Mais j’estime que chacun doit rester à sa place, même si ça n’a pas toujours plu. Par contre, effectivement, c’est devenu plus compliqué au moment où les joueurs se sont mis à appeler le directeur sportif pour savoir si j’allais partir ou non. Oui, la fatigue nous a coûté quelques points en fin de tour. Mais il n’y avait pas que ça...

Vous avez le sentiment que les joueurs ont toujours été derrière vous?
Je pense que oui. Ils étaient nombreux pour seulement onze postes chaque week-end, mais on a procédé à un turnover qui s’est avéré concluant.

Ils n’ont donc pas précipité votre départ?
C’est plus compliqué que ça. À Yverdon, les dirigeants accordent une énorme importance aux joueurs, ils les écoutent beaucoup. Trop, à mon avis. Ça fait six semaines que le président les appelle pour savoir ce qu’ils pensent de moi. Y compris à ceux qui se retrouvent sur le banc. Forcément du négatif finit par ressortir.

Les résultats parlaient plutôt en votre faveur pourtant, non?
Je vais vous dire: même avec quinze points d’avance, mon destin était scellé. Notre relation avec Mario Di Pietrantonio était devenue trop compliquée. Prenons le match à Brühl (ndlr: le 19 octobre). On se retrouve menés 2-0 et réduit à dix à la mi-temps. On renverse la partie et on s’impose 2-4. Malgré ça, le président n’était pas content. À partir de là...

Vous n’étiez pas loin d’être remercié cet été déjà...
Et je m’étais montré très clair: si Yverdon ne voulait plus travailler avec moi, je serais parti sans histoire.

Cet épisode a fragilisé votre position?
Comme les deux ans et demi qui ont précédé, le début du championnat s’est franchement bien déroulé. Le président était content des résultats, du jeu proposé, tout allait bien. C’est ensuite que cela s’est compliqué..

Vous avez tenu près de trois ans à YS, c’est pas si mal, non?
C’est ce que je me dis, oui. Rares sont les coaches à avoir passé autant de temps sur le banc d’Yverdon ces dernières années. Quelque part, ça veut aussi dire qu’avec mes petites qualités d’entraîneur, je ne m’en sors pas si mal.

Quel bilan vous tirez de cette aventure?
À mon arrivée, le club évoluait dans un amateurisme quasi total. On est montés d’une ligue, on a réalisé deux saisons cohérentes en Promotion League et, en parallèle, YS s’est rapproché du monde professionnel. Je suis content d’avoir contribué, à mon échelle, à la réussite de ce projet. On m’a fait comprendre que je n’avais pas le profil pour être l’entraîneur de la promotion, qu’on était arrivés au bout d’un cycle: je peux l’entendre. C’est le foot. Même s’il y a des façons de l’annoncer.

Comment l’avez-vous appris?
Par téléphone, dimanche matin.

La suite pour vous...
Je me trouve à nouveau sur le marché. J’espère retrouver le monde professionnel. Mais je saurais me montrer réceptif aux potentielles propositions qui viendront.

Créé: 20.11.2019, 22h39

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