Les raisons qui poussent Murray à jeter l’éponge

TennisL’Écossais, en larmes, s’est rendu à l’évidence. L’arthrose de sa hanche lui interdit le tennis de haut niveau.

Gros moment d’émotion à Melbourne, quand Andy Murray a fondu en larmes en évoquant la fin de sa carrière.

Gros moment d’émotion à Melbourne, quand Andy Murray a fondu en larmes en évoquant la fin de sa carrière. Image: Keystone

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À trop voir le divin Federer en apesanteur, on croyait le tennis sans douleur. Un sport léger, aérien, sans lourdeur, débarrassé de toute gravité. Oh, il y a bien eu çà et là des soucis de dos et surtout de genou, mais rien qui n’a jamais empêché le prodige de survoler à nouveau les débats, du haut de ses 37 ans. Et puis il y a eu ce coup de massue à deux jours du premier Grand Chelem de la saison. Andy Murray est venu parler, en pleurant, pour expliquer pourquoi il était sur le point de mettre un terme à sa carrière. À 31 ans.

Alors, soudain, tout est remonté à la surface: Nadal qui serre les dents, lui aussi touché dans sa chair plus souvent qu’à son tour. Wawrinka, qui sort à peine d’une année et demie en enfer pour son genou. Djokovic aussi, avec son coude. Et puis tous les autres, pour qui c’est le quotidien, mais qui ne sont pas autant sous les lumières. «Je ne peux plus continuer comme cela», sanglotait Murray, porte-parole malgré lui des éclopés du sport de haut niveau. «J’en suis à un point où enfiler mes chaussettes ou mettre mes chaussures est synonyme de douleur, s’effondrait l’Écossais. Je voulais tenir jusqu’à Wimbledon, mais je ne me vois pas continuer encore quatre ou cinq mois comme ça. Oui, ce premier tour en Australie pourrait bien être mon dernier match.»

Pas comme Federer

Comment en est-il arrivé là? Il faut croire que le sport de compétition, à ce niveau-là d’exigence, est mauvais pour la santé. Les chiffres sont sans appel. «Les arthroses de la hanche ou du genou sont cinq fois plus fréquentes chez les professionnels de haut niveau qui pratiquent un sport dit à pivot, explique le docteur Finn Mahler, spécialiste de la médecine sportive. Cela concerne le football, le rugby, le tennis aussi, donc. Les statistiques sont nettes. Andy Murray souffre d’une arthrose de la hanche.»

Il en souffre depuis près de vingt mois. L’ex-N° 1 mondial n’a pu disputer que 12 matches en 2018, après s’être fait opérer à Melbourne en janvier dernier par un spécialiste de la hanche, le docteur O’Donnel. «Il a été pratiqué un débridement articulaire sur sa hanche, explique Finn Mahler. C’est un nettoyage pour enlever les irrégularités de la surface articulaire, en forme de sphère. Mais l’arthrose, ce processus d’usure du cartilage, était trop prononcée. Le cartilage, devenu trop mince, est sujet à des inflammations récurrentes. Andy Murray n’a jamais pu retrouver le confort nécessaire pour pratiquer son sport.»

Clap de fin. Tout le monde n’est pas égal face à ce problème précis. «Andy Murray a un morphotype, une anatomie particulière, qui favorise l’apparition de l’arthrose, souligne le docteur Mahler. Sur ce plan, Roger Federer semble béni des dieux. Mais pas seulement. Il y a d’autres facteurs. Par exemple, dès ses 30 ans, Federer a respecté un planning dans sa carrière, concernant ses engagements et aussi ses entraînements. Enfin, il y a le temps passé sur le terrain lors des matches: Federer reste moins longtemps que d’autres sur le court.» Andy Murray a foncé à marche forcée fin 2016, en enquillant tous les tournois possibles pour s’emparer de la place de N° 1 mondial. Les rêves coûtent cher.

Un match bien curieux

Murray doit maintenant regarder l’avenir. Sans petite balle jaune. Ou alors plus comme avant. Il a parlé avec le spécialiste O’Donnel, il sait qu’une nouvelle opération l’attend. «Sans doute davantage pour améliorer ma qualité de vie», soufflait le champion. Dans son malheur, il a de la chance. «Les prothèses partielles ou totales de la hanche procurent une excellente qualité de vie, confirme Finn Mahler. Il pourra toujours faire du sport, courir, faire du tennis. Mais plus en compétition au regard des charges que cela implique.»

Ce sera un match bien curieux que celui qui va opposer Bautista Agut (tête de série N° 22) à Andy Murray, retombé au 230e rang mondial. Parce que ce sera sans doute le dernier de l’Écossais aux trois titres du Grand Chelem et aux deux sacres olympiques. Le premier du Big Four à tirer sa révérence.

(TDG)

Créé: 12.01.2019, 07h59

Wawrinka, lui, va très bien!

Stan the Man est de retour. C’est en tout cas écrit en gros sur son t-shirt et l’allure colle avec la promesse. «C’est vrai, je me sens très bien, lance Wawrinka. J’ai bien bossé durant la pause. Pour la première fois depuis ma blessure au genou, j’ai pu faire une préparation en partant à 100%, sans avoir à me ménager. J’ai bossé le physique et mon jeu. Je suis content du résultat, mais j’attends avec impatience le début du tournoi.»
Bien dans sa tête et bien dans son corps, Wawrinka espère ainsi grappiller plusieurs places au classement ATP, où il pointe au 59e rang désormais. «Je sais ce dont je suis capable, je me suis fixé des objectifs pour cette saison, mais je mesure bien qu’il faudra du temps pour retrouver le rythme et la capacité à reproduire les performances.» Le test du premier tour, face au Letton Ernests Gulbis (ATP N° 83), est là pour ça. Après seulement il s’autorisera à penser au match suivant. Face au vainqueur du duel entre Kyrgios et Raonic. D.V.

Fenêtres sur court

Golubic est de retour La Zurichoise, qui est sortie des qualifications la tête haute pour s’inscrire dans le tableau principal connaît son adversaire: pas de chance, c’est Elina Svitolina, la redoutable Ukrainienne tête de série No 6 du tournoi. Il faudra un sacré exploit de Viktorija Golubic pour passer ce premier tour.
Laaksonen en forme Henri Laaksonen (ATP 166) n’a pas laissé passer sa chance: en écartant Joao Domingues en deux sets, il s’est offert le droit d’affronter Mirza Basic (Bosnie-Herzégovine, 97e ATP). «Je crois que je joue mieux, j’ai plus de confiance, c’est plus simple», assure-t-il. Z’avez pas vu Mirza? C’est pour passer le premier tour. D.V.

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