Renaud Blanc va vivre les Jeux dans la peau d’un remplaçant

BMX Le Genevois rêvait de s’illustrer sur son vélo à Rio. Mais seule une blessure ou une maladie de David Graf pourrait le mettre en selle.

Renaud Blanc: «Cette première expérience, même comme remplaçant, va me permettre d’acquérir de l’expérience pour dans quatre ans.»

Renaud Blanc: «Cette première expérience, même comme remplaçant, va me permettre d’acquérir de l’expérience pour dans quatre ans.» Image: Georges Cabrera

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Comme tous les sélectionnés suisses qui se rendront dès ce lundi à Rio de Janeiro, il est allé chercher, il y a dix jours, ses affaires olympiques à Luterbach. Mais contrairement aux autres Helvètes, lui ne va pas défiler ni se battre pour un chrono ou une médaille. A moins que le destin ne le remette en selle, sur son BMX, d’ici au 17 août, premier jour de la compétition.

Le Genevois Renaud Blanc, qui a rempli les critères de Swiss Olympic, a été sélectionné mais seulement en qualité de… remplaçant. «Quand on vient ici pour récupérer ses habits, on sent l’atmosphère de Rio, un avant-goût des Jeux, et c’est drôlement motivant, mais… d’un autre côté, soupire le Carougeois de 25 ans, j’admets que c’est aussi frustrant.»

C’est son rival zurichois David Graf qui aura l’honneur de défendre les couleurs de notre pays sur le champ de bosses brésilien. Les deux compères se tenaient dans un mouchoir de poche mais il n’y avait qu’une seule place. Et la décision, cornélienne, a été prise par le coach national, Roger Rinderknecht.

Du coup, Renaud, comment vivez-vous cette situation? Dans quel état d’esprit vous rendez-vous au Brésil?

J’avoue que cela n’a pas été facile à accepter. Je m’étais vraiment fixé l’objectif d’aller au Brésil pour disputer les Jeux. Pour cela, j’ai rempli mes critères, mais il s’avère qu’avec David Graf, nous nous sommes retrouvés à égalité et je ne suis au final que remplaçant. Alors oui, c’est frustrant. Et ce n’est pas évident de trouver la motivation, de se lever avec la même envie, tôt chaque matin, pour aller s’entraîner. Au début, quand on m’a averti que je ne serais que le No 2, j’ai ressenti comme un vide…

Et maintenant?

Pour en avoir parlé avec d’autres personnes, je le prends différemment, de manière positive. C’est le seul moyen de retrouver la motivation et ne pas reproduire les mêmes erreurs. A moi de revenir encore plus fort!

Vous allez donc à Rio dans l’espoir de prendre de l’expérience en vue des Jeux olympiques de Tokyo?

Je connais passablement d’athlètes qui sont allés aux Jeux. Au début, quand ils sont arrivés, ils étaient en effet complètement déboussolés car ils ne s’attendaient pas à ce que ce soit aussi grandiose. Du coup, c’est vrai que pour quelqu’un comme moi qui n’a jamais participé à des Jeux olympiques, cette première expérience, même comme remplaçant, va me permettre d’acquérir de l’expérience pour dans quatre ans.

Entre David Graf et vous, y a-t-il de l’animosité?

Non, au contraire, et c’est ce qui a fait notre force cette année et nous a permis de progresser. On s’entend même mieux qu’avant depuis qu’il y a cette rivalité entre nous. On l’a prise du bon côté. Du côté humain, c’est super. On partage les mêmes chambres d’hôtel et on s’entraide plutôt que de se tirer dans les pattes!

Est-il prévu que vous vous entraîniez ensemble?

On ne sait pas trop à quoi s’attendre. Mais je vais, dans tous les cas, effectuer les premières séances d’entraînement à fond avec lui et les meilleurs spécialistes de la planète. Et si David n’est ni blessé ni malade le 12 août, je me retirerai. J’aurais alors une petite semaine pour essayer de voir un maximum de compétitions. Comme j’aime tous les sports, je vais être servi…

Créé: 30.07.2016, 11h47

David Graf vise la finale

Préféré au Genevois alors qu’il avait lui-même dû se contenter du rôle de remplaçant quatre ans plus tôt à Londres, le Zurichois David Graf (26 ans) s’est fixé, comme objectif, une place en finale (top 8) pour ses premiers Jeux dans la peau du titulaire, le 19 août.

David Graf fait partie du top 10 du classement UCI, soit six places de mieux que Renaud Blanc. Quatrième de la Coupe du monde 2016 après trois des cinq manches (le Genevois le talonne au 5e rang), il a déjà su s’illustrer dans les grands événements en terminant notamment 3e des Mondiaux et des Jeux européens en 2015, puis 2e des championnats d’Europe 2016 il y a quelques semaines.

«Si je parviens à évoluer à mon meilleur niveau, j’estime que je dois me retrouver en finale. Et là, tout serait possible», lâche-t-il.

Le pilote de Winterthour ne fait cependant pas partie des favoris dans la course aux médailles. Vainqueur des deux premiers titres olympiques décernés dans la discipline, le Letton Maris Strombergs peut rêver d’un triplé.

L’Américain Corben Sharrah, leader de la Coupe du monde, le Français Joris Daudet, champion du monde en titre, le Néerlandais Niek Kimmann, No 1 mondial, et l’Australien Sam Willoughby évoluent encore un cran au-dessus de David Graf.
ATS/C.MA

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