Ils rêvaient de la cérémonie, mais ils ont dû se... défiler

JO 2016Contrairement à Giulia Steingruber, plusieurs athlètes n’auront pas tous la chance de fouler le mythique stade de Maracanã. Témoignages.

La gymnaste Giulia Steingruber portera le drapeau suisse lors de la cérémonie d'ouverture, vendredi. En lice samedi déjà, Fabian Cancellara – qui aurait pu, lui aussi, porter le drapeau –, des tireurs, Tiffany Géroudet ou encore Jérémy Desplanches ont eux dû se défiler.

La gymnaste Giulia Steingruber portera le drapeau suisse lors de la cérémonie d'ouverture, vendredi. En lice samedi déjà, Fabian Cancellara – qui aurait pu, lui aussi, porter le drapeau –, des tireurs, Tiffany Géroudet ou encore Jérémy Desplanches ont eux dû se défiler. Image: PETER KLAUNZER (KEYSTONE)

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«J’avais envie de sauter partout, de prendre des photos et de faire des câlins à tout le monde…» A l’image du nageur Jérémy Desplanches, «tellement content d’être là», au village olympique ils se réjouissent tous comme des gamins de plonger la tête la première, les yeux grands ouverts, dans ces prestigieux anneaux qui hantent depuis tout petit leurs nuits. «Il y en a partout, sur les immeubles, sur la route, sur les équipements, par terre, vraiment partout», s’enthousiasme le Genevois, qui attendait ce moment-là depuis des années.

Croiser des stars dans cet endroit privilégié réservé aux athlètes, poser avec Michael Phelps, Usain Bolt ou Novak Djokovic, que du bonheur. Pour tous ces Romands qui vont vivre leur baptême des Jeux à Rio, c’est un rêve qui se réalise, des heures de labeur pour connaître cette aventure humaine. «C’est une fierté d’avoir du rouge et blanc sur le dos, de porter les couleurs de la Suisse!» s’emballe la jeune golfeuse Albane Valenzuela, qui contrairement à de nombreux sportifs du pays aura la chance, ce soir, pour son baptême des Jeux, d’entrer dans le stade tout étoilé de Maracanã derrière le drapeau helvétique…

Moins chanceux

D’autres aussi s’étaient fait tout un film de cet instant si magique, mais ils ont dû malheureusement se… défiler. Ils seront déjà en lice tôt le samedi matin. C’est le cas de Fabian Cancellara – qui aurait pu, lui aussi, porter le drapeau – des tireurs, de Tiffany Géroudet ou de Jérémy Desplanches, qui a déjà «le cœur qui monte à mille». Le Genevois aurait tant voulu, comme Albane et tous ces chanceux, fouler ce stade chargé d’histoires où Pelé y a brillé. «Dans ma tête, je me disais que rester cinq heures debout pour vivre un moment aussi incroyable dans cette ambiance aussi démentielle ce n’était rien, mais mon amie, la nageuse française Charlotte Bonnet, m’a ramené à la raison, sourit le grand blond du club de Nice. C’est surtout le lendemain matin, dans la piscine, sur 400 mètres, qu’on m’attend, que je devrai être présent.»

Comme chaque athlète, ce n’est qu’après avoir atteint ses objectifs (une demi-finale) qu’il pourra relâcher son adrénaline et profiter au maximum de cette quinzaine, de ses premiers Jeux, pour préparer au mieux Tokyo où il espère bien «se battre avec la crème des crèmes» dans quatre ans.

D’autres impératifs

C’est également le cas pour Noemi Girardet, elle aussi frustrée de ne pas pouvoir effectuer ce traditionnel tour de piste. «Cela doit être énorme de se retrouver là-bas, au milieu, encore plus fort que ces belles images qu’on déguste tous les quatre ans à la télé, mais, remarque la Genevoise, je ne vais pas bousiller mon relais pour y aller à tout prix.» Contrairement à la devise de Pierre de Coubertin, l’essentiel n’est plus de participer, mais de sortir la course de sa carrière, «avant les vacances». Avec Danielle Villars, Maria Ugolkova et Sasha Touretski, la nageuse de Lancy n’est pas uniquement à Rio pour rencontrer Phelps, mais surtout pour battre le record helvétique du 4 x 100 m libre et qui sait, s’il y a une ouverture, viser la finale. Elles sont aussi ici pour apprendre.

Si les rameurs Lucas Tramèr, Augustin Maillefer et Barnabé Delarze ont dû également renoncer à cette ouverture pour préparer leurs séries, Alexandre Haldemann peut remercier le sort: il n’entrera en action que dimanche matin. «J’en rêvais depuis tellement longtemps que cela aurait été horrible de ne pas pouvoir se rendre à cette cérémonie, s’exclame le sprinter de Genève-Natation. J’aurais le temps ensuite de me reposer et de bien me préparer.» Dans le bassin de l’Olympic Aquatics Stadium, il cherchera un chrono pour plonger en demi-finale du 200 mètres libre.

Ce n’est qu’ensuite qu’il songera, comme ses camarades, à se rendre au stade olympique pour voir Usain Bolt, faire visiter le village à ses parents ou s’offrir un petit crochet par la boxe sans oublier d’aller encourager tous les Helvètes.

Une majorité de ces athlètes prêts à nager en plein bonheur pourront enfin défiler, à la cérémonie de clôture, le 21 août, avec l’envie de sauter partout, de prendre des photos et de faire des câlins à tout le monde…

Créé: 05.08.2016, 08h09

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Giulia Steingruber, le choix du cœur

Chef de mission de la délégation suisse, Ralph Stöckli a longtemps laissé planer le doute. Mais dans sa tête, il savait que ce serait elle. Qu’après Stan Wawrinka à Londres, l’honneur reviendrait à une femme. C’est donc Giulia Steingruber (22 ans), double championne d’Europe de gymnastique à Berne, en juin dernier (au sol et au saut), qui va entrer en premier, tout feu tout flamme, sur le stade de Maracanã, cette nuit, avec le drapeau suisse dans les mains. Cela faisait 28?ans, depuis Cornelia Bürki à Séoul, qu’une sportive suisse n’avait pas été désignée lors des JO d’été (Vreni Schneider avait tenu l’étendard en 1992 à Albertville). «C’est un grand honneur et une immense joie de pouvoir emmener la délégation suisse. Cela me donnera encore plus d’énergie pour mes compétitions», a déclaré, émue, la Saint-Galloise, avouant toutefois qu’elle avait hésité sachant qu’elle était déjà en lice pour les qualifications dimanche. «Mais mon entraîneur m’a dit que je ne pouvais pas refuser une telle proposition.»

Ralph Stöckli reconnaît qu’il avait «plusieurs ambassadeurs magnifiques (ndlr: Federer, Guerdat, Hingis) avec le charisme et le palmarès pour tenir ce rôle». Et que ce choix, «celui du cœur», qu’il a pris il y a deux à trois semaines, n’a pas été évident. «Pour moi, Giulia montre vraiment les valeurs olympiques qui sont nécessaires, se réjouit-il. C’est déjà une femme, c’est important, et une idole pour les jeunes athlètes, qui caractérise le rêve olympique.» Et si elle avait refusé? «Elle a accepté», sourit le chef de mission, ravi. C.M.

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