Rino Hischier raconte ses deux fils, Nico et Luca

Hockey sur glaceL’un brille outre-Atlantique, l’autre pourrait être sacré champion de Suisse pour la 2e fois.

Nico et Luca Hischier.

Nico et Luca Hischier. Image: DR

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La saison de hockey qui se termine occupera sans aucun doute une place très spéciale dans la mémoire de Rino Hischier et de sa femme, Katja. Luca, leur aîné, dispute actuellement sa deuxième finale consécutive. Dans quelques jours, il pourrait fêter, à 22 ans seulement, un second titre de champion de Suisse consécutif avec le CP Berne. Un exploit qu’aucun club n’a réalisé depuis les ZSC Lions, il y a 16 ans. Mais, même si l’issue de cette finale contre Zoug est positive, la famille Hischier vivra, dans quelques semaines, des émotions plus fortes encore. Les 23 et 24 juin prochains, Nico, le cadet, aura peut-être le bonheur suprême d’être choisi en tout premier lors du repêchage de la NHL. Un honneur qu’il serait le tout premier joueur suisse de l’histoire à connaître. Confessions de Rino Hischier, un père aussi fier que prudent et réaliste.

Un printemps inoubliable

«Ces prochaines semaines s’annoncent effectivement passionnantes, commence Rino Hischier. Avec Berne, Luca a une chance de gagner un deuxième titre national consécutif, ce qui serait extraordinaire. Quant à Nico, il sera, à 18 ans, l’un des tout premiers choix de la draft. Mais avant cela, il disputera encore, dès jeudi, les Mondiaux M18 en Slovaquie. Mentalement, je le sens un peu fatigué après une première saison très intense au Canada (ndlr: il y a brillé en Ligue junior avec les Halifax Mooseheads), mais il tient beaucoup à participer à une compétition au cours de laquelle il donnera, comme d’habitude, le meilleur de lui-même. En juin, enfin, toute la famille se réunira à Chicago pour suivre ce moment plein d’émotion que sera le repêchage.»

Le hockey par hasard

«Rien ne prédestinait mes deux fils à une carrière de hockeyeurs. En ce qui me concerne, je suis un footeux. Après avoir joué en 1re ligue à Naters, je suis devenu instructeur et j’ai d’ailleurs été quelques années durant l’assistant d’Yves Débonnaire en sélection. Quant à ma femme, Katja, elle est prof de sport à Brigue. Comme on peut l’imaginer, notre famille baigne dans le sport. Nous voulions donc que nos trois enfants, Luca, Nina et Nico, aient la possibilité d’en découvrir le plus grand nombre possible. Raison pour laquelle ma femme leur a, entre autres, appris à patiner à Viège, comme il n’y a pas de patinoire à Naters, où nous vivons. C’est donc là que Luca puis Nico ont touché pour la première fois une canne de hockey.»

Les premiers conseils

«Jusqu’à 12 ans, ils ont tous les deux pratiqué le foot et le hockey en parallèle. Lorsque le moment de choisir est arrivé pour eux, nous n’avons jamais cherché à les influencer. La seule chose importante à nos yeux, c’était leur plaisir. Luca a opté pour le hockey et peut-être que Nico a opéré le même choix quatre ans plus tard pour imiter son grand frère. Toujours est-il que, vers 10 ans déjà, on a pu constater qu’ils avaient pas mal de facilité et d’aisance sur la glace. Mais, comme je le leur répétais souvent à l’époque, le talent peut aussi être un grand ennemi sans beaucoup de travail et d’humilité. Ce sont ces saines valeurs qu’avec mon épouse, nous avons toujours cherché à inculquer à nos enfants.»

Le vrai départ

«A 15 ans, les garçons ont dû faire, l’un après l’autre, un premier choix de vie important. Pour continuer leur progression, ils se devaient de changer d’encadrement. Plusieurs clubs ont alors fait des propositions à Luca, mais la destination de Berne lui est vite apparue comme la meilleure. Non seulement parce que la formation y est de qualité et que cette ville n’est distante que d’une heure de chez nous, mais aussi parce que ma sœur habite près de Köniz. L’assurance de vivre chez leur tante, dans un contexte connu et réconfortant, a certainement joué alors un rôle important. Quant à Nico, il a naturellement suivi les traces de son frère quatre ans plus tard.»

Une belle complicité

«Nos trois enfants s’entendent très bien et s’entraident en permanence. Ces derniers mois, Luca, dont la progression a souvent été freinée par des blessures, a parfois un peu subi le succès de Nico. Alors qu’il joue à Berne, dans l’équipe championne, les questions qu’on lui pose concernent souvent le parcours incroyable de son jeune frère. Un temps, il en a eu un peu marre, mais je crois qu’il a désormais dépassé ce stade. Il continue son chemin à son rythme et je suis persuadé qu’il aura un grand avenir devant lui s’il est un peu épargné par la malchance et les blessures. Quant à Nina, leur sœur de 20 ans, elle joue un rôle très important. Très bonne sportive – elle a évolué en 1re ligue de volleyball –, elle a décidé de mettre sa carrière entre parenthèses, l’été dernier. Elle a ainsi pu passer deux mois au Canada cette année. Sa bonne humeur a été importante pour Nico, qui n’a pas vécu que des moments faciles là-bas.»

Le choix de Nico

«Cette décision de quitter la Suisse pour l’Amérique du Nord est à 100% celle de Nico. Berne a tout tenté pour qu’il reste, mais lorsqu’il m’a demandé mon avis, je l’ai encouragé à tenter cette aventure. Pour ne pas avoir de regrets par la suite. Cette expérience n’a pas été toujours simple mais elle l’a bien préparé, je crois, à ce qui l’attend ces prochaines années. Ainsi, en janvier, Nico a dû, d’entente avec l’organisation des Halifax Mooseheads et son agent, se protéger face aux très nombreuses sollicitations. Il n’avait presque plus de temps pour lui, pour décompresser un peu. Quant au fait qu’il sera peut-être le No 1 de la prochaine draft, je crois qu’il prend ça avec son détachement et sa décontraction habituels. La seule chose que je lui ai dite, c’est que tout cela ne devait pas mettre une pression supplémentaire sur ses épaules. Chaque sportif a le droit de rater un rendez-vous. Lui aussi!»

L’équipe de Suisse

«Nico participera-t-il au Championnat du monde à Paris? Je n’en sais rien, mais j’ai toujours été de l’avis qu’il faut éviter de brûler les étapes. Comme je l’ai dit, je le sens fatigué mentalement. Après une saison régulière intense au Canada, une série de play-off (ndlr: défaite 4-2), un Championnat du monde M20 en décembre-janvier et cet autre avec les M18, je crois qu’ajouter une autre compétition aussi éprouvante serait déraisonnable pour un jeune homme de tout juste 18 ans. Mais ce n’est que mon opinion…» (24 heures)

Créé: 11.04.2017, 08h06

Rino Hischier, Papa de Nico et de Luca Hischier

Nico Hischier de retour avec son frère à Berne?



Où jouera Nico Hischier la saison prochaine? Aujourd’hui, personne, et pas même l’intéressé, n’en a la moindre idée. «Une chose est sûre, confie Rino Hischier, cette décision, c’est Nico qui la prendra, mais seulement après en avoir parlé avec l’organisation qui le choisira et l’agence qui défend ses intérêts.»

Sans anticiper l’avenir, Nico Hischier devra vraisemblablement faire un choix entre trois options différentes. A savoir celle de commencer, à 18 ans et demi déjà, sa carrière en NHL, celle de jouer un an de plus en Ligue junior ou celle de suivre une trajectoire similaire à celle empruntée, avec succès, parl’Américain Auston Matthews (ZSC Lions), il y a deux ans. «Ce n’est que mon avis, mais je pense que la possibilité que Nico opte pour un retour dans le championnat de Suisse existe réellement aujourd’hui, estime son père. Le niveau y est bien plus élevé que chez les juniors canadiens et il pourrait beaucoup progresser dans un championnat très compétitif. Et dans un tel cas de figure, il jouera bien entendu avec Berne.»

Si, jusqu’à aujourd’hui et en raison des quatre années qui les séparent, Nico et Luca Hischier n’ont que très rarement eu l’occasion de jouer ensemble,ce rêve pourrait donc bientôt devenir réalité.

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