Estanguet: «On s’est réellement rapproché d’un deal»

Paris 2024Au lendemain du vote sur la double attribution, Tony Estanguet était l’objet de toutes les convoitises. Confidences.

Tony Estanguet (à dr.) et le maire de Los Angeles, Eric Garcetti, sont tout proches d’un accord.

Tony Estanguet (à dr.) et le maire de Los Angeles, Eric Garcetti, sont tout proches d’un accord. Image: EPA

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Si la présence d’Emmanuel Macron à Lausanne a été l’arbre (diplomatique) qui cachait la forêt, le succès parisien doit beaucoup à un homme: Tony Estanguet. Le triple champion olympique de canoë, devenu membre du CIO en 2013, s’est affirmé comme le meneur de la candidature parisienne. Les prises de paroles tranchées du codirecteur de Paris 2024 ce printemps ont pesé dans les négociations. Il est en passe de réussir un tour de force en brûlant la politesse à Los Angeles pour les Jeux d’été de 2024.

Dans quelle ambiance s’est déroulé, mardi, le dîner avec la délégation américaine?

Il y avait beaucoup d’enthousiasme à la suite de ce vote historique. On sent qu’il y a une vraie volonté de trouver un deal, une solution gagnante-gagnante. On s’en est réellement rapproché.

Pour que ce soit le cas, il faudrait que Paris ait les Jeux en 2024, non?

On va essayer de convaincre le CIO et Los Angeles que Paris 2024 est la meilleure solution. Notre projet n’est pas faisable pour 2028 en l’état. Nos arguments sont notamment d’ordre technique. Les sites à construire, le centre aquatique, le village olympique sont prévus sur des terrains qui ne sont pas garantis après 2024.

Le fait que Macron pourrait être encore président en 2024 en cas de réélection a-t-il joué un rôle?

Oui, je pense. C’est un vrai atout. Cette réflexion s’applique aussi pour Anne Hidalgo, la maire de Paris.

Concrètement, qu’est-ce qu’il manque pour trouver un accord?

Il faut qu’une ville se positionne officiellement comme candidate pour 2028. Tant que ce ne sera pas le cas, l’accord ne verra pas le jour.

L.A. a ouvert la porte mardi.

Ce serait idéal si L.A. était d’accord d’envisager 2028. On les sent réceptifs sur la question. La pression diminue un petit peu. C’est l’impression que j’ai, mais nous devrons voir ce que ces négociations donnent concrètement. Tant que rien n’est signé, il faut rester prudent.

Qu’est-ce qu’il manque pour que L.A. vous laisse les JO de 2024?

Je ne sais pas. Je suis mal placé pour répondre à cette question.

Vous ne l’avez pas posée mardi soir aux Californiens?

Je n’ai pas osé (rires). On s’est contenté d’une discussion informelle durant le repas.

Comment vont se dérouler ces négociations désormais?

Il n’y a pas d’agenda précis. Le CIO va vouloir aller vite. Nous allons maintenant prendre un peu de repos et rapidement se remettre au travail.

Est-ce que ce processus se déroulera à Lausanne?

Non, pas forcément. Aujourd’hui, on peut communiquer facilement par téléphone. Nous verrons dans un deuxième temps s’il est nécessaire de se voir physiquement.

L’acceptation de la double attribution n’était plus une surprise mardi. Même si rien n’a filtré, on imagine que le CIO vous avait consultés sur ce point plus tôt dans l’année.

Nous avons toujours accueilli cette double attribution avec intérêt, sans que cela ne change notre approche.

Mais, est-ce que le CIO vous a directement sondé sur ce point?

Pour être tout à fait honnête, les premiers contacts sur le sujet ont lieu lors de la réunion de SportAccord au Danemark, début avril.

Sur un plan plus personnel, quelle place l’attribution de ces Jeux – que ce soit en 2024 ou 2028 – occupe-t-elle dans votre carrière?

C’était devenu obsessionnel. Il y a un vrai soulagement ce soir (ndlr: mercredi). J’avais à cœur de faire partie de cette aventure. J’y suis allé parce que j’avais la garantie que les athlètes occuperaient une place centrale. C’était crucial, à mes yeux, que des gens issus du monde du sport portent ce projet. J’ai tout donné. J’ai l’impression d’avoir énormément appris. Je continuerai à écrire mon histoire olympique.

Créé: 13.07.2017, 10h46

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