A Saint-Moritz, les Suisses ont su briller sur leur neige

Mondiaux de ski alpinSi les Autrichiens ont bouclé ces Mondiaux avec un doublé en slalom, les skieurs helvétiques ont quitté les Grisons avec sept médailles, dont trois en or. Un bilan prometteur à un an des JO.

Avec sept médailles remportées par six athlètes différents, le bilan de l’équipe de Suisse est excellent.

Avec sept médailles remportées par six athlètes différents, le bilan de l’équipe de Suisse est excellent. Image: Keystone

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Rideau! Il est en or pour l’Autriche, qui a conclu ces Mondiaux de ski comme elle l’avait commencé avec Nicole Schmidhofer. Et s’il est arrivé grippé dans les Grisons, Marcel Hirscher a quitté hier Saint-Moritz comblé à plus d’un titre avec une deuxième médaille d’or autour du cou, s’ajoutant à l’argent d’un combiné qui lui avait échappé pour un petit centième seulement. Que ce soit en géant ou en slalom, l’Autrichien a skié comme un malade, rien ne pouvait l’arrêter. Dans les disciplines techniques, il est intouchable ou presque.

Si, du côté suisse, les Valaisans Daniel Yule et Ramon Zenhäusern ont bien cru qu’ils seraient capables d’un exploit après la première manche, il n’y a pas eu de miracle, le porte-à-porte restant encore un exercice compliqué pour les Helvètes.

Chef alpin de Swiss Ski depuis 2015, Stéphane Cattin a quitté, malgré tout, les Grisons avec le sourire et le sentiment du devoir accompli. Lui qui assurait en mars dernier que ses protégés se trouvaient sur le bon chemin n’avait pas emprunté de raccourci. Dans l’Engadine, Wendy Holdener (or en combiné et argent en slalom), Michelle Gisin (argent au combiné), Beat Feuz (or en descente), Luca Aerni (or en combiné), Mauro Caviezel (bronze en combiné) et Lara Gut (bronze en super-G) sont arrivés à l’heure au rendez-vous, en forme et ambitieux.

«Avec sept médailles et six athlètes différents, on peut vraiment se montrer satisfait de ces championnats du monde, se réjouit le Jurassien. Nos résultats ne sont plus dépendants d’une seule personne, ce qui a donné une belle dynamique au groupe. On possède beaucoup de jeunes polyvalents en devenir et c’est encourageant, mais, tempère-t-il, on ne doit pas s’endormir sur ses lauriers. Il est important de garder les pieds sur terre et de continuer de travailler. A l’avenir, le but est de construire une équipe de plus en plus compétitive.»

Outre Camille Rast (17 ans), Mélanie (18) et Loïc Meillard (20), les leaders de la relève, on se bouscule au portillon. En Coupe d’Europe, l’avenir est en marche. «En vitesse, chez les hommes, les trois premiers du classement général, dont Gilles Roulin et Marco Odermatt, sont des Suisses, se réjouit le responsable. Ce sont des diamants à l’état brut qu’il faudra encore polir en Coupe du monde. Mais si on doit les monter progressivement, il ne faut pas les griller non plus. Ils sont encore très fragiles et une carrière ne tient pas à grand-chose. On a perdu beaucoup trop d’athlètes jusqu’à maintenant. Prudence donc, une grande équipe ne se construit pas du jour au lendemain.»

Le départ prématuré de Lara Gut compensé

Ce bilan dans les Grisons est d’autant plus positif que Lara Gut, blessée très tôt, n’a pas eu l’occasion de l’embellir avec les deux titres qu’elle revendiquait en descente et en géant. «Si le jour du combiné, on est passé de l’horreur à la mégaréjouissance du doublé, on n’oublie pas non plus que c’est elle, la Tessinoise, avec sa médaille de bronze dans le super-G, qui a d’emblée placé l’équipe en pleine effervescence», rappelle le dirigeant, lequel ne cache pas que de disputer des Mondiaux à la maison était un avantage.

«C’était une belle occasion de briller devant notre public, reconnaît Stéphane Cattin. Les athlètes ont su saisir cette opportunité, que ce soit sur cette piste en stage de préparation estival ou durant les séances d’entraînement à Lenzerheide au cours de ces Mondiaux. On a mis toutes les chances de notre côté pour réussir ces résultats. Après, il n’y avait aucune garantie, on aurait très bien pu se retrouver avec zéro médaille…» Ou avec deux de plus!

Il est vrai qu’avec des si, Luca Aerni et Mauro Caviezel auraient tout aussi bien pu rentrer bredouille d’un combiné masculin qui était promis à Alexis Pinturault avant que la météo ne brouille les cartes. «Dans le sport, il y a toujours une part de réussite, relativise Stéphane Cattin. Mais Luca n’a rien volé. Oui, il a bénéficié d’une piste en parfait état, mais il a skié comme un dieu dans le slalom. Il a amplement mérité ce titre de champion du monde, comme sa sélection de dernière minute. Les entraîneurs savaient qu’il pouvait réussir cet exploit.»

En attendant Carlo Janka

En attendant les Mondiaux d’Åre dans deux ans et la résurrection de Carlo Janka (il a brillé à Saint-Moritz dans le rôle de l’homme invisible), c’est à Pyeongchang, en février prochain, que se déroulera le prochain grand rendez-vous pour les skieurs suisses. «On ira là-bas selon notre plan de route, promet Stéphane Cattin. Avec des objectifs élevés. En espérant que nous n’aurons pas de blessés à déplorer car c’est toujours un risque à courir. C’est pour cela qu’on a besoin d’étoffer notre équipe en Coupe du monde.» D’ici là, Lara Gut aura été opérée et elle se remettra en piste en quête d’un titre qui manque toujours à son palmarès. Mais elle ne sera plus toute seule…

La Coupe du monde reprend quant à elle ses droits en fin de semaine. Les hommes seront à Kvitfjell et les dames à Crans-Montana. Les héros n’ont que quelques jours pour souffler!

Créé: 19.02.2017, 21h46

Wendy Holdener comme Erika Hess en 1987

Dans la station des fourrures, son fou rire a détonné un peu, mais tout le monde est tombé sous le charme de cette petite sauvageonne qui pourrait vivre au milieu des vaches et des moutons avec Heidi et Peter. Son bonnet couleur fuchsia plaît beaucoup, même aux Romands. Après la sortie de piste de Lara Gut, Wendy Holdener est devenue la petite princesse de Saint-Moritz.

On lui avait pourtant bien chargé le dos, à la «petite», avec toute cette pression. Mais à l’instar de Beat Feuz avant sa descente au paradis, la Schwytzoise de 23 ans a su, avec son énorme talent, se montrer à la hauteur de l’événement. C’est tout un pays qui en avait fait sa nouvelle héroïne, sa première de cordée, et elle n’a pas craqué.

Après l’or du combiné, la voilà avec de l’argent autour du cou, décroché dans une discipline, le slalom, qui a longtemps été une spécialité suisse lorsque Vreni Schneider alignait les manches de rêve. Mais il y a vingt ans déjà et le bronze de Karin Roten à Sestrières que notre pays n’avait plus été récompensé dans cet exercice du porte-à-porte.

Derrière l’incroyable Mikaela Shiffrin, qui à 21 ans rend déjà banal l’exceptionnel, cet argent-là a pour la championne du monde du combiné l’odeur de l’or. Il est vrai que l’Américaine est intouchable lorsqu’elle évolue à ce niveau. Une vraie classe à part. «Je veux devenir la

meilleure skieuse possible», clame l’autre reine de Saint-Moritz. Son récital lui a permis d’entrer dans l’histoire avec un troisième titre mondial d’affilée en slalom. «S’il en est une qui méritait l’or, c’est bien elle», s’ébaubit Erika Hess-Reymond, qui avait réussi, elle aussi, une même manche d’anthologie il y a trente ans à Crans-Montana.

«Je n’avais pas envie de décevoir tout ce public, a confié pour sa part Wendy Holdener. Pour moi, tout autre résultat qu’une médaille aurait été une déception. Je suis fière d’avoir tenu le choc. Cela a été un gros effort mental. Et lorsque j’ai franchi la ligne, je me suis sentie complètement vidée émotionnellement.» Avec sept podiums sur huit cet hiver, la skieuse d’Unteriberg ne pouvait pas se permettre, ce samedi, de rater son plus grand rendez-vous de la saison.

«Je n’aime pas trop parler de moi et du passé, mais elle m’a vraiment fait penser à ce que j’avais réalisé à Crans-Montana, ajoute l’épouse de Jacques Reymond. J’avais aussi remporté la médaille du combiné avant le slalom et cela m’avait libérée. Pour ma deuxième épreuve, j’avais pu m’élancer avec la confiance et de bonnes sensations sur le cœur et dans le ventre, comme Wendy. C’est magnifique ce qu’elle a montré. Il y avait beaucoup de constance et de sécurité dans sa manière de skier.» C’est ce qu’elle va expliquer aux jeunes qui seront engagés ce mercredi à l’Erika Hess Open aux Diablerets pour qu’un jour ils deviennent, qui sait, comme Wendy et Mikaela, des reines aux Mondiaux.

Derrière l’Autriche!

Si Saint-Moritz n’a pas rimé avec razzia, comme celle de Crans-Montana où nos glorieux héros de l’époque avaient raflé le total record de quatorze médailles, notre équipe de ski alpin, en pleine renaissance, a retrouvé quelque peu son lustre d’antan. Avec sept podiums, dont trois titres, cela fait d’elle la deuxième nation de cette édition 2017, juste derrière la grande Autriche. Si on n’égalera probablement jamais le triomphe de 1987 avec huit skieurs en or, cette jeune génération qui s’est illustrée dans les Grisons est incontestablement sur le bon chemin pour se hisser durablement au sommet de la hiérarchie mondiale. Ce sont six athlètes différents, dont trois d’entre eux n’ont que 23 ans, qui ont réussi cette belle moisson. Et si Lara Gut ne s’était pas blessée, peut-être bien qu’il y aurait eu deux breloques de plus. Il n’y a qu’en Valais, il y a trente ans, et en 1989 à Vail (onze médailles), que les Helvètes ont fait mieux qu’à Saint-Moritz.

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