Servette, entre la vérité d’hier et celle de demain

FootballEn Super League, les Grenat n’ont pas renié le jeu. Mais s’adaptent à l’élite, logiquement. Avant de forcer le trait? À voir dimanche.

Alain Geiger jongle entre plusieurs systèmes pour permettre à Servette de présenter un jeu offensif tout en sachant aussi préserver ses arrières.

Alain Geiger jongle entre plusieurs systèmes pour permettre à Servette de présenter un jeu offensif tout en sachant aussi préserver ses arrières. Image: ÉRIC LAFARGUE

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Par atavisme, Servette se plaît dans la conquête. Un passé, une histoire, une saison euphorique en Challenge League: tout porte les Grenat vers l’avant, le jeu, la possession du ballon. Mais entre cet héritage-là, fût-il obsessionnel, et la réalité d’un retour au sein de l’élite, quelle est la marge de manœuvre?

Parce que la réunion a eu lieu, il faut imaginer le staff technique, avec notamment Alain Geiger et Bojan Dimic, poser sur la table toutes les options au lendemain de la promotion. Un processus logique: se projeter, anticiper, se préparer et surtout en décidant comment.

La vérité d’hier, ce Servette très offensif, pouvait-elle se transposer sans retouches à la Super League, avec ses exigences de discipline, de rigueur, avec les risques aussi qu’elle supposait?

On le sait aujourd’hui, Servette a coupé la poire en deux. Il n’a pas renié le jeu, l’idée de porter le ballon devant, mais il le fait en assurant ses arrières. On pourrait parler de défense préventive, c’est à la mode. On évoquera davantage un juste milieu entre les élans offensifs et la nécessité de boucler les espaces, intelligemment, pour ne pas s’exposer naïvement.

Tout s’observe déjà sur le terrain. Le 4-2-3-1 qui a prévalu lors des deux premiers matches s’inscrit dans ce souci de contrôle, en densifiant l’axe médian. Mais les envolées de Cognat à Berne ou le retour du 4-1-3-2 en seconde période, contre Sion, racontent cette envie de jeu.

Quel système? Les deux!

Alors: quel système embrasser vraiment sans perdre l’équilibre? Les deux, mon capitaine! Alain Geiger sourit, parce que c’est un peu ça. «On pratique les deux, oui, explique l’entraîneur. Parce que les deux sont utiles. Au-delà du système choisi, le 4-2-3-1 ou le 4-1-3-2, c’est l’interprétation que les joueurs en font qui m’intéresse. Quand nous évoluons avec deux milieux axiaux, comme contre Sion en première période, il faut que les deux hommes sur les côtés, Stevanovic et Tasar, soient plus agressifs et offensifs. C’est ce qui nous a manqué à ce moment. Après, avec deux attaquants, on a vu que cela nous convenait bien, même si cela nous expose à des contres dangereux parfois.»

L’exercice de funambulisme est là, dans cette obligation d’équilibre entre le naturel offensif du groupe et son besoin de sécurité. Contre Sion, le bloc bas des Valaisans favorisait les envies ambitieuses de Servette. Ce 4-1-3-2 est-il viable dès le début d’un match, en Super League?

Trouver le bon équilibre

«Disons que si je demande un attaquant de plus depuis un moment déjà, c’est peut-être que j’y pense…, s’amuse Geiger. La saison passée, j’avais mis sept ou huit matches pour y venir. Cette fois, il n’a fallu qu’un match et demi. Non, sérieusement, il faut tout peser. Et nous sommes encore en période d’adaptation. Il faut regarder le système qui nous offre le plus d’avantages. Procéder à des ajustements. Voir en fonction des joueurs à disposition et aussi de ce que l’adversaire propose, parce qu’on ne peut pas toujours partir la fleur au fusil, par principe. Nous travaillons à tout cela toute la semaine.»

Servette en est là aujourd’hui, en attendant Lucerne: persuadé qu’il n’a aucun complexe à nourrir, mais conscient aussi de la fragilité de sa position. Une victoire dimanche validerait le bel élan grenat; un nouveau nul ou une défaite, sans tout remettre en question, feraient tache dans le tableau.

Alors Geiger hésite-t-il? Deux attaquants d’entrée de jeu? Un seul et deux ensuite en cours de match? Ou un système évolutif, selon que l’équipe a le ballon ou pas? Une chose est sûre: Servette aime regarder devant, parce que c’est dans sa nature. Et c’est bien ce qui a séduit jusque-là, quelle que soit la tactique retenue.

Créé: 02.08.2019, 22h56

Le «Cé qu’è lainô» interdit

C’était une belle tradition, qui voyait un chanteur lyrique entonner le «Cé qu’è lainô» en ouverture de match, officiellement et au micro, accompagné par les spectateurs du Stade de Genève, pour la plupart debout, lors des matches à domicile du Servette FC.
Sympa. Eh bien cela appartient au passé, on a pu le constater déjà lors du Servette-Sion de samedi dernier. Le rigide règlement de la Swiss Football League est passé par là depuis que le SFC a rejoint l’élite. Le petit monde grenat ne pourra plus fredonner à l’unisson avec son ténor ce morceau d’histoire genevoise, même si cela ne durait que trente secondes. Il faut marcher dans les clous, pas question de se commettre dans la moindre excentricité. Alors un chant qui date de plus de 400 ans, en arpitan genevois, pensez donc!
Il faut espérer que le public, dès dimanche à la Praille, de son propre chef, fasse corps et chœur pour chanter «seul» haut et fort l’hymne de la République et Canton de Genève. Non mais! D.V.

Le match
Servette - Lucerne, dimanche au Stade de Genève, coup d’envoi à 16 heures.
Les absents
Servette sera privé de Gaël Ondoua, touché à la cheville contre Sion. Il devait être absent encore trois semaines. Son absence s’ajoute à celles de Iapichino, Lang et Busset.
Le contexte
Les Grenat ont réalisé un beau début de saison, avec deux bons nuls. Ils veulent maintenant une victoire pour valider ce bel élan. Lucerne, qui rentre des Îles Féroé en ayant enfin passé un tour préliminaire d’Europa League, aura le moral. Et les jambes? D.V.

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