Shaqiri: «Tout petit, j’étais déjà plus fort que les grands...»

Groupe A A la veille du Suisse-Roumanie de Paris, rencontre privilégiée avec celui dont tout le monde attend des miracles.

Nerveux et stressé contre l’Albanie, Xherdan Shaqiri abordera le match de ce mercredi contre la Roumanie dans un tout autre état d’esprit.

Nerveux et stressé contre l’Albanie, Xherdan Shaqiri abordera le match de ce mercredi contre la Roumanie dans un tout autre état d’esprit. Image: EPA

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A lui prêter toutes les grâces, on en oublierait presque qu’il n’est qu’un homme, avec ses fragilités et ses fêlures, nullement condamné à l’exceptionnel perpétuel. Xherdan Shaqiri est sans doute la star de l’équipe de Suisse, mais au détour d’un match trop fort en émotions, il peut aussi subir les circonstances, comme samedi contre l’Albanie.

Shaqiri demeure pourtant le meilleur atout de l’équipe de Suisse quand il s’agit de faire basculer un match. Et c’est pour cela que tous les regards se tournent vers lui à la veille du Suisse-Roumanie de demain à Paris (18 h). Beaucoup de pression pour un joueur de 24 ans? Il faut regarder cela avec lui, à l’occasion d’une interview en comité restreint, loin du tumulte habituel.

Xherdan, vous avez l’habitude de la pression. Mais à force, est-ce lourd à porter de voir tout le monde attendre de vous des miracles à chaque fois que vous touchez le ballon?

Ce n’est pas toujours évident. J’ai déjà une grosse carte de visite, je sais toutes les attentes autour de moi. Je sais aussi que je peux effectivement faire la différence sur une passe ou un tir. Mais parfois il y a un contexte, comme contre l’Albanie. J’étais nerveux, stressé, même si je ne voulais pas l’être. C’était loin d’être parfait comme performance. Il faudra d’ailleurs gommer plein d’erreurs sur un plan plus collectif, car, contre la Roumanie ou la France, nous pourrions les payer cash. Mais je sais que cette équipe de Suisse a de la substance pour produire des résultats quand elle y est contrainte.

Vous avez cette force de caractère en vous, pour réagir. Vous vient-elle de vos plus jeunes années? Quand avez-vous remarqué que vous aviez ce petit plus?

Peut-être à l’école quand on jouait au foot. Tout petit, j’étais déjà plus fort que les grands avec qui je jouais. Et je veux toujours être plus fort que les autres quand je joue, aujourd’hui encore.

Quel est votre premier souvenir lié au football?

Ouh… Il faut remonter à 1998. J’avais sept ans et j’avais reçu pour mon anniversaire un maillot du Brésil floqué du nom de Ronaldo, mon idole. J’avais bien sûr enfilé ce maillot le jour de la finale contre la France. Et j’ai pleuré, pleuré…

Quel est le match référence de l’équipe de Suisse depuis que vous êtes en sélection (2010)?

On en parle parfois entre nous, c’est le Suisse-Argentine du Mondial 2014. C’est bizarre de parler de meilleur match pour une rencontre où l’on finit éliminé. Mais il y a eu ce jour-là une grosse performance collective et on en reparle. Malgré la frustration, ou la déception de n’avoir pas pu offrir cette qualification à Ottmar Hitzfeld, qui venait de perdre son frère.

Ce genre de performances, c’est ce qu’il faut reproduire plusieurs fois dans un tournoi et dès mercredi contre la Roumanie?

Oui. Parce que si la Suisse ne figure pas naturellement parmi les favoris pour le titre, elle fait partie des équipes qui se doivent de faire des résultats. De se donner une chance de réaliser un exploit. Et de créer peut-être la surprise.

Plus personnellement, qu’avez-vous appris lors de votre année en Premier League, à Stoke City?

Qu’il faut toujours se battre, à chaque entraînement, lors de chaque opposition, dans tous les duels. Il y a une très grande intensité, en permanence. Je crois que j’ai progressé dans ce contexte.

Bâle, Bayern, l’Inter et maintenant Stoke City: quel regard portez-vous sur votre parcours?

J’en suis fier. Il y a en aura toujours pour dire que j’aurais dû faire d’autres choix. Moi, ça me va très bien, beaucoup de joueurs n’auront jamais cette chance. Je sais d’où je viens et où j’en suis.

Comment réagissez-vous aux critiques?

Je n’y fais pas plus attention que ça. En fait, je ne les lis pas. Mais mes proches le font pour moi et ils me font un rapport de ce qui se dit. Je sais tout ce que vous racontez sur moi! ( ndlr: éclats de rire ).


Suisse ou Kosovo: il n’a pas choisi!

C’est la question subsidiaire, celle qui tombe à la fin, le dernier point d’interrogation de l’entretien, donc. Parce qu’elle ouvre sur l’avenir. Parce qu’avec un Kosovo reconnu par la FIFA et l’UEFA, les joueurs suisses kosovars d’origine peuvent choisir: soit ils continuent de porter le maillot suisse, soit ils peuvent décider d’aller défendre les couleurs du Kosovo, choix qu’ils n’avaient encore jamais eu. Valon Behrami a déjà dit qu’il ne jouerait pas pour un autre pays que la Suisse, il voudra simplement aider le Kosovo autrement qu’en jouant et il s’interroge même sur le fait de poursuivre sa carrière internationale après cet Euro. Granit Xhaka a déclaré fermement ce printemps que son choix était définitif: il continuera de jouer pour la Suisse. Et Xherdan Shaqiri? La question lancée: Xherdan allez-vous continuer de jouer pour la Suisse après cet Euro?

«Regardez, répond-il presque pour faire diversion: je porte le maillot suisse là, non? Je l’ai toujours porté et je me suis battu pour ces couleurs. Répondre à cette question clairement maintenant, ce n’est pas forcément le moment. Je peux comprendre que les gens attendent une prise de position. Mais ce n’est pas si simple, il y a plusieurs choses qui entrent en ligne de compte. Par exemple, si le sélectionneur du Kosovo me téléphone et me dit: «Viens Xherdan, je veux que tu sois le capitaine de l’équipe nationale du Kosovo!» Qu’est-ce que je réponds? Pas évident, donc on verra. Mais je précise que je n’ai pas eu d’appel jusque-là…»

Ce coup de fil aura lieu, c’est certain. Xherdan Shaqiri sera alors confronté à un choix très personnel. Et même s’il devait opter pour le Kosovo, il faudrait respecter son choix. Ne serait-ce que pour tout ce qu’il a déjà apporté à la Suisse.

Créé: 13.06.2016, 21h43

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