Tout sourit à une Suisse qui assume désormais toutes ses ambitions

FootballA Andorre, il faut bien sûr gagner ce soir (20 h 45), en soignant le goal-average. Parce qu’il pourrait bien y avoir des retrouvailles avec les Portugais.

Pour faire le plein de buts, la Suisse attend beaucoup de ses joueurs offensifs, ici Seferovic, Shaqiri et Mehmedi.

Pour faire le plein de buts, la Suisse attend beaucoup de ses joueurs offensifs, ici Seferovic, Shaqiri et Mehmedi. Image: Keystone

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Dans un an, jour pour jour, soit le 10 octobre 2017, la Suisse jouera au Portugal son dernier match des qualifications au Mondial 2018. On le sait maintenant, après les deux premières rencontres victorieuses, contre les Lusitaniens à Bâle et face aux Hongrois à Budapest, une voie royale s’est ouverte devant la sélection de Petkovic. On se gardera bien de tirer des plans sur la comète, mais on ne fera pas non plus comme si de rien n’était: à devoir jouer dans ce groupe B contre Andorre (ce soir déjà), les Iles Féroé (fussent-elles nouvellement «redoutables»…), la Lettonie (battue à domicile par les Féringiens) et une fois encore, juste avant l’ultime déplacement de Lisbonne, à domicile, contre une Hongrie si mal partie, tous les voyants sont au vert. Et cela se ressent furieusement dans les discours des internationaux.

Longtemps, les phrases sans relief faisaient loi, surtout pour cette Suisse qui s’émancipait de ses complexes sans encore l’assumer. Il était question de prendre «un match après l’autre», du fait qu’il n’y a plus de «petites équipes», ou de cette volonté de finir «au moins barragiste». Elles ne sont pas dénuées de bon sens, ces sentences-là. Mais elles trahissaient à mots couverts une ambition encore étranglée.

De cela, plus rien ne semble subsister, si ce n’est le respect de l’adversaire. Tous les Suisses ont préparé avec le plus grand professionnalisme leur match de ce soir contre Andorre, le plus faible adversaire de la confédération européenne après Gibraltar. Mais, forts de leur Euro et de leur philosophie, ils se démarquent désormais d’une fausse modestie qui sonnerait faux. Ils sont en tête du classement, après avoir battu le favori et un outsider. Ils sont donc devenus de facto les favoris pour la première place directement qualificative. Et ils l’assument.

La déclaration de Ricardo Rodriguez ne dit rien d’autre. «Il est réaliste de se dire que nous pouvons gagner tous nos matches jusqu’à celui qui nous attend à la fin, au Portugal», a lancé samedi matin celui qui venait tout juste de marquer son premier but sous le maillot suisse. Cela ne dit pas que la Suisse perdra cet ultime rencontre. Mais simplement qu’à part le Portugal, champion d’Europe en titre rappelons-le, Rodriguez et les siens mesurent sans le voiler le potentiel supérieur de l’équipe nationale en regard des autres formations du groupe. Sacré métamorphose, qui s’est opérée naturellement.

D’autres parlent ou pensent comme lui. Ce n’est pas tant les langues qui se délient que les consciences qui s’ouvrent. La Suisse est sans doute arrivée à maturité. Elle se veut joueuse, décidée à dicter son destin en voulant la possession du ballon. Elle sait aussi, selon les circonstances, attendre l’adversaire et saisir sa chance en rupture, le Portugal et la Hongrie sont bien placés pour le savoir. Ici une philosophie, là un pragmatisme enfin baigné d’efficacité qui se révèle cet automne. Dans les deux cas, un bond en avant.

La méthode «Petko»

Shaqiri ne s’est pas privé de le souligner, évoquant sans sourciller les progrès accomplis avec Petkovic dans le jeu, dans l’envie, autant de messages en creux pour les systèmes spéculatifs et liberticides d’Ottmar Hitzfeld que manifestement il subissait, comme les autres, à son corps défendant. La méthode «Petko» porte ses fruits et s’il en est un qui la goûte tout particulièrement, c’est bien Admir Mehmedi.

Après un printemps si compliqué à Leverkusen, il y a eu cet Euro, un mariage, une bonne discussion avec Roger Schmidt, son entraîneur en club. Et depuis tout va bien. «C’est vrai, tout va très vite, sourit-il. Là, nous sortons d’une belle victoire à Budapest, c’est toujours plus facile. L’ambiance est forcément très bonne dans le groupe. Mais c’est normal, il n’y a que des bons types dans le groupe…»

Granit Xhaka, dépositaire du jeu, a immédiatement incarné cette parole déliée. Ce soir, après avoir purgé son match de suspension dans les tribunes de Budapest, il sera sur le terrain à Andorre. Il a mesuré bien sûr les progrès accomplis depuis plusieurs mois. Mais qu’attend-il encore d’ici ce dernier match du groupe B, dans un an, au Portugal?

Le meilleur à venir

«Ce que j’espère encore? C’est simple: avoir en poche le billet pour le Mondial 2018, lance-t-il. Comme on le souligne volontiers, cette Suisse progresse. Cela avait déjà commencé avec Hitzfeld. Mais je suis persuadé que nous allons vers plus de choses positives encore. Alors je souhaite pour cette année à venir que tous les internationaux s’affirment dans leurs clubs et que la Suisse poursuive sur sa lancée actuelle.» Cela commence évidemment par un succès, le plus large possible bien sûr, ce soir dans les Pyrénées.


A Andorre, il faudra dompter la pelouse!

On va le dire d’emblée pour être débarrassé de tout faux-semblant: la Suisse doit bien sûr s’offrir une large victoire face à Andorre. L’équipe nationale de la principauté est classée 203e et est la plus mauvaise formation européenne au classement FIFA après le nouvel arrivé Gibraltar. Andorre est ainsi encore plus limitée que Saint-Marin (201e rang). Oui, ce Saint-Marin que les Suisses avaient étrillé 7-0 il y a justement un an à Saint-Gall.

Corollaire: après le 6-0 que le Portugal vient d’infliger aux Andorrans, la Suisse doit elle aussi cartonner et pas «seulement» gagner. Pour le reste, tout autre résultat qu’un succès serait apparenté à une faute professionnelle grave. Surtout: comme c’est la différence de but qui est appelée à départager deux équipes à égalité de points dans ces éliminatoires, les Suisses ont tout intérêt à soutenir la comparaison avec les Portugais sur ce plan. Histoire de se donner, éventuellement, une chance de plus dans un an.

Pour y parvenir, les hommes de Petkovic devront d’abord apprivoiser les lieux: une seule vraie tribune principale, rien en face si ce n’est des locatifs qui ont une vue imprenable sur la pelouse. La pelouse? Du gazon synthétique qui n’est pas de la dernière génération. La Suisse passe donc du chaudron de Budapest à l’anonymat d’une minuscule enceinte pyrénéenne, avec pour mission de l’emporter le plus largement possible. Tout cela poussera-t-il Vladimir Petkovic à procéder à faire plus que le changement prévu (Xhaka pour un Behrami opportunément suspendu…)?

«Nous sommes plus forts qu’Andorre, ce n’est pas la question, tranche-t-il. Mais nous respecterons l’adversaire et c’est ce respect qui peut apporter la performance. Après, je verrai avec qui, je me donne encore une nuit. Ceux qui seront susceptibles d’apporter le plus seront sur le terrain.» D.V.

Créé: 10.10.2016, 06h40

L’équipe de Suisse probable:

Sommer; Lichtsteiner, Schär, Elvedi, Rodriguez; Xhaka, Dzemaili; Shaqiri; Mehmedi, Seferovic, Embolo ou Stocker.

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