Deux juniors vaudois ont mis le cap sur l’Australie

TriathlonCathia Schär (16 ans) et Ludovic Séchaud (17 ans) disputeront samedi les Championnats du monde juniors à Gold Coast.

Dans le Queensland, Cathia Schär et Ludovic Séchaud plongeront pour la première fois dans le grand bain des Mondiaux.

Dans le Queensland, Cathia Schär et Ludovic Séchaud plongeront pour la première fois dans le grand bain des Mondiaux. Image: VANESSA CARDOSO

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L’année scolaire est à peine amorcée que Cathia Schär et Ludovic Séchaud ont déjà pris la clé des champs. Pas pour faire l’école buissonnière, mais pour disputer les championnats du monde de triathlon. Les deux gymnasiens ont quitté leurs camarades de classe il y a une semaine pour se rendre à Gold Coast, en Australie. «En septembre, je ne passerai que cinq jours en cours, calcule Ludovic Séchaud, qui fêtera ses 18 ans en décembre. Il va falloir planifier les rattrapages avec le doyen. Heureusement, en Australie, nous aurons du temps pour travailler.»

Sa camarade du Triviera compte elle aussi ses jours de présence sur les doigts d’une seule main. «J’ai demandé à mes amis de m’envoyer leurs notes, raconte Cathia Schär, qui n’a pas encore 17 ans. Autant dire que je vais devoir rattraper les tests et me bourrer le crâne d’ici là!»

Interminables journées

Les deux triathlètes vaudois ont l’habitude de solliciter leurs biscoteaux et leur cerveau. Ils passent une quinzaine d’heures chaque semaine à l’entraînement et suivent un programme scolaire identique à celui des autres gymnasiens. À la différence près qu’ils sont libérés tous les après-midi pour pratiquer leur activité sportive. «Cela demande une bonne organisation, admet Cathia Schär. Parfois, on a l’impression que la journée ne se termine jamais.»

Mais cet effort quotidien paie. Pour la première fois, les deux membres de l’équipe de Suisse ont gagné leur ticket pour les Mondiaux. Dans le Queensland, ils accompagneront les élites parmi lesquels figurent les Vaudois Adrien Briffod et Sylvain Fridelance. «C’est une expérience inouïe, se réjouit l’athlète de Mézières. Jamais je n’ai couru à ce niveau. Je vais m’arranger pour sortir rapidement de l’eau et m’accrocher à mon groupe de vélo, en évitant de prendre une pénalité.»

Briffod comme exemple

La délégation à la croix blanche aura un fort accent vaudois. Celui-ci aurait pu être plus marqué encore si Maxime Fluri, l’un des grands espoirs du triathlon suisse, n’avait pas dû renoncer à la dernière minute au voyage australien, pour des raisons de santé. Rageant pour celui qui visait un top 10 lors de son ultime année en juniors. D’autant plus qu’il avait décroché une 5e place aux championnats d’Europe en juillet, après avoir été stoppé par une blessure.

Qu’importe, ses camarades ont les crocs et voudront acquérir de l’expérience. Et tenter de suivre le chemin de Briffod (24 ans) et de Fridelance (23 ans), qui ont notamment remporté une épreuve de Coupe du monde, pour le premier, et une médaille d’argent par équipe aux Européens, pour le second. «Côtoyer Adrien à l’entraînement nous permet de voir l’écart qui nous sépare de l’élite. C’est très motivant. On se rend compte que nous ne sommes pas si loin et qu’en s’entraînant encore dur nous pourrons atteindre ce niveau», estime Ludovic Séchaud.

Samedi, Cathia et Ludovic auront une occasion en or de montrer au monde entier ce dont ils sont capables. (24 heures)

Créé: 10.09.2018, 19h27

Spirig est-elle l’arbre qui cache la forêt?

«La Suisse n’a pas de relève.» La phrase lâchée par Mike Aigroz sur la RTS, lors des Européens de Glasgow, a fait jaser dans le microcosme du triathlon helvétique. L’ancien spécialiste d’Ironman n’en démord pas. Mais nuance son propos. «J’ai dit cela après le succès de Nicola Spirig, précise le Vaudois. Je suis consultant RTS pour le sport professionnel et je me dois d’être objectif. Voir une athlète de 36 ans et mère de deux enfants être la seule à prendre le départ d’une telle épreuve ne montre pas un réel potentiel de relève. En revanche, je ne dirais pas que la situation est identique chez les hommes. Derrière Briffod, Fridelance et Salvisberg, Maxime Fluri (19 ans) est déjà monté sur le podium en Coupe d’Europe. Max Studer (22 ans) a terminé 11e de la Coupe du monde à Lausanne. On a une volée prometteuse. Mais pas chez les filles.»

Entraîneur de Triviera, Marc Rod ne partage pas l’avis de Mike Aigroz. «Plusieurs jeunes femmes réussissent de belles choses, estime-t-il. Julie Derron a par exemple terminé 5e aux derniers championnats du monde M23.» De plus, la Zurichoise de 22 ans est arrivée première d’une Coupe d’Europe à Quarteira (Portugal) et 5e en Coupe du monde à Karlsbad. «Il y a aussi Jasmin Weber (20 ans), souligne Marc Rod. Lors de l’avant-dernière manche de la Coupe de Suisse, à Uri, elle est sortie de l’eau avant Nicola Spirig. Elle a ensuite roulé durant toute l’épreuve cycliste avec la championne olympique de Londres, prenant 1’30 à la meilleure Tchèque actuelle. Dans chaque catégorie nous pouvons compter sur une ou deux filles capables de réussir un top 10 européen. La relève est là, mais il n’y a pas de densité.» Comment trouver cette densité avec si peu de licenciés (4700 contre 50 000 en France)? «La quantité n’est pas une excuse, coupe Mike Aigroz. La Norvège compte moins d’habitants que la Suisse. Mais elle investit beaucoup dans le sport. Résultat: ses athlètes collectionnent les podiums. En Suisse, nous dépendons du bénévolat et de la passion de certains. Quant aux parents, ils privilégient les études. D’où mon respect pour Sylvain Fridelance, qui a fait le choix du professionnalisme. J’ai moi-même pris ce risque pendant 20 ans. J’ai connu des galères. Des potes m’ont dépanné en me logeant. D’autres m’ont donné de l’argent. J’ai aussi vendu des T-shirts au marché pour financer mes déplacements.»

Des structures, comme ATLET sur la Riviera, encouragent les talents. Il y a aussi diverses aides privées et publiques. «Mais ce sont avant tout les parents qui sont le premier soutien des sportifs, constate Marc Rod. Lorsque les athlètes partent à l’autre bout du monde, ce sont eux qui financent une bonne partie du voyage.»

Carte d'identité

Cathia Schär

Née le 10 octobre 2001.

Domicile Mézières.

Études 2e année au Gymnase Auguste-Piccard.

Gabarit 1,72 m pour 62 kg.

Palmarès Vice-championne de Suisse M18, 3e du circuit suisse en 2017 et en 2018.

Carte d'identité

Ludovic Séchaud

le 2 décembre 2000.

Domicile Bussigny.

Études 3e année au Gymnase Auguste-Piccard.

Gabarit 1,78 m pour 66 kg.

Palmarès Champion de Suisse M20 en 2018; titre national de duathlon M18 en 2017; 3e aux championnats de Suisse de triathlon en 2017 et 2015.

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