L’esprit des Etats-Unis n’a pas encore gagné le canton de Vaud

Football américain Etat des lieux de ce sport spectaculaire, alors que la ligue régionale NSFL bat son plein.

Les Lausanne Owls (en rouge et noir) ont l’ambition de retrouver au plus vite la LNA.

Les Lausanne Owls (en rouge et noir) ont l’ambition de retrouver au plus vite la LNA. Image: DR

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Ils se nomment les Owls, les Bandits, les Centurions, les Ducs ou encore les Saints. Ils sont larges d’épaules, marquent des touchdowns et ajoutent un accent vaudois au Championnat de football américain NSFL (Non Professional Swiss American Football League).

Cette ligue régionale a été créée avant tout pour promouvoir ce sport et permettre à des clubs de se former et de progresser, avant de rejoindre la Ligue C, premier échelon de la Ligue nationale SAFV. «Il faut savoir que la ligue nationale est onéreuse, observe Bernard Schopfer, membre du comité de la NSFL. Un exemple: pour 3000 à 4000 francs, une équipe peut s’inscrire à notre championnat régional. Or, rien que les frais d’arbitrage (il faut 7 arbitres par match), s’élèvent de 7000 à 8000 francs en SAFV. Nos journées de compétition se déroulant sous forme de tournois, les équipes qui sont en pause, arbitrent les autres. En plus, comme nous sommes essentiellement romands, notre championnat permet aussi de limiter les frais de déplacement.»

Une bonne solution sur le plan économique qui ne convient toutefois pas toujours aux équipes inscrites en SAFV. La raison? Comme le football américain est un sport de collisions, les blessures sont fréquentes et se multiplient avec le nombre de matches. Or, les effectifs sont parfois limités, sachant qu’il est nécessaire d’aligner au minimum 11 attaquants et autant de défenseurs. Les remplacements étant illimités, une équipe devrait, dans l’idéal, compter environ 50 membres. A titre d’exemple, les champions de Suisse font tourner entre 80 à 100 footballeurs par match.

Remonter dans l’élite

Meilleure équipe vaudoise, les Lausanne Owls (anciennement Sharks) ne peuvent s’offrir le luxe de perdre trop de membres sur blessure. Eux qui évoluent d’ordinaire avec un effectif de 40 éléments. C’est pourquoi, ils ont renoncé à participer à la ligue régionale, cette année pour se consacrer exclusivement à la SAFV. Et ce, alors qu’ils ont remporté haut la main le titre il y a un an, en disposant des Bandits de Morges 40-0.

«Comme nous avons été relégués en LNB à l’issue de la dernière saison, notre ambition est de remonter au plus vite dans l’élite», explique Alec Cikes, ancien joueur universitaire aux Etats-Unis et président du LUCAF, l’autre nom des Owls.

Pas simple en effet de régater avec des équipes comme Bâle ou Berne. «Le budget d’une formation moyenne de LNA oscille entre 150 000 et 200 000 francs, estime Alec Cikes. Le nôtre se monte à 70 000 francs, soit celui d’un bon club de LNB.»

Et que dire des champions en titre, les Calanda Broncos? Les Grisons peuvent compter sur l’appui d’un mécène et d’une marque de bière de la région comme sponsor. «Il n’y a pas de miracle, les Broncos ont remporté deux Coupes d’Europe et six titres nationaux, ces dernières années, poursuit Alec Cikes. Il s’agit d’une formidable équipe, animée d’un vrai esprit américain. Quand on se rend à Landquart, on se croirait au Texas! Le stade est fait pour ce sport, il y a une fanfare à chaque rencontre, du public et une ambiance de fête. Impossible de régater avec notre terrain à Chavannes. Lorsque des spectateurs viennent nous regarder, ils ne peuvent pas voir la tactique en étant debout et à la hauteur des joueurs. Autant dire qu’ils ne restent jamais durant les 4 heures de match.»

L’exemple allemand

Avec près de 2000 licenciés, ce sport progresse lentement, mais sûrement dans notre pays. «Cependant, il faut admettre que le football américain reste confidentiel en Suisse, poursuit Alec Cikes. Rien à voir avec les Etats-Unis, où il s’agit davantage d’une culture que d’un sport. Grâce à Internet, on peut heureusement regarder en streaming, les matches de NFL, le championnat pro américain. C’est déjà ça. L’idéal serait de se rapprocher de ce qui se fait en Allemagne. Le championnat GFL (German Football League) est semi-professionnel. Certains joueurs ont même intégré la NFL!»

Sur les terrains du canton, on est encore loin d’envoyer qui que ce soit en NFL. Pour progresser, le football américain vaudois devra dans un premier temps créer une hiérarchie et se serrer les coudes. «Il faudrait concentrer nos forces dans une équipe qui disputerait le championnat de LNA, puis une autre en LNB et ainsi de suite, argumente le président du club lausannois créé en 1987. A nous tous, de faire cet effort.»

Une mesure qui aidera peut-être les footballeurs du LUCAF à se faire connaître du grand public autrement qu’en donnant le départ des 20 km de Lausanne.

(24 heures)

Créé: 11.09.2017, 17h23

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